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"Amy, Amy, Amy" de Nick Johnstone (biographie)

Publié le 03 septembre 2008 par Mysoulblog

La vie dissolue d'Amy Winehouse a été tellement rabattue dans la presse (qu'elle soit people ou généraliste) que l'on se demande bien la pertinence d'une biographie consacrée à la reine incontestée du mouvement rétro soul. Outre le fait que la maigre discographie de la chanteuse rende la démarche prématurée, le fait que ce document soit non autorisé (entendez par là que pour mener son enquête, l'auteur n'a pu rencontrer ni la principale intéressée, ni de membres de son entourage proche) avait de quoi me rendre sceptique. Fort heureusement, à la lecture de ce livre, on s'aperçoit rapidement que Nick Johnstone (collaborateur pour The Guardian, The Observer et le magazine Mojo) a privilégié l'aspect musical au sensationnalisme trash (même si son écriture à tendance à tomber un peu facilement dans le pathos).

Puisqu'il s'agit plus ici d'un travail de documentaliste que d'une enquête journalistique fouillée, on apprécie surtout les anecdotes que l'auteur a puisé dans les diverses interviews données par la diva choucroutée, que l'on découvre fortement influencée, à l'adolescence, par le trio R&B américain TLC et sa charismatique rappeuse Lisa "Left Eye" Lopes (elle-même tête brûlée à l'existence chaotique).
Les propos recueillis lors d'entretiens avec divers musiciens de studios qui ont participé à l'enregistrement de "Frank", tentent d'apporter un nouvel éclairage à la genèse du premier album de la star britannique (on note parmi celles-ci l'intervention de Jeni Fujita, choriste pour les productions de Salaam Remi, qui a participé à "Frank" et qui avait déjà posé sur "The Miseducation Of Lauryn Hill").
La deuxième partie du livre dresse un tableau précis de la conception du chef d'oeuvre "Back To Black" et de la manière dont Mark Ronson a travaillé pour recréer ce son vintage grâce au touché typiquement old school des Dap-Kings. Mais, peut être par manque de matière, l'auteur ne peut éviter certains écueils : redondance du discours, style emphatique dès qu'il aborde les déboires de la chanteuse et les dangers qu'elle encourt, omissions discographiques (quid du duo sur l'album de Mutya Buena ou de sa somptueuse reprise de "Will You Still Love Me Tomorrow" des Shirelles sur la B.O. de Bridget Jones, l'Age de Raison ?)...

Un livre à prendre pour ce qu'il est, une lecture légère, que les fans inconditionnels (mais les moins pointilleux) apprécieront peut être à sa juste valeur. Les autres en feront un bon compagnon de trajet dans les transports en commun.

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