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Publié le 16 septembre 2008 par Objectifliberte

>> Développement durable de la bêtise - Le dernier exemplaire de la lettre de la SCMSA (Pdf, n° 43, non archivée, le lien ne sera plus valide en décembre) vaut son pesant de cacahuètes (malgré un paragraphe très malheureux sur la Russie, mais on pardonne beaucoup à ceux qui donnent beaucoup). Rappelons que la SCMSA est une entreprise fondée par un scientifique, Bernard Beauzamy, dont la spécialité est la résolution des problèmes mathématiquement complexes pour les entreprises. Sa lettre trimestrielle informe ses prospects sur ses études en cours, mais comporte aussi des réflexions au vitriol sur la nullité des modes de décisions en vigueur dans les milieux dirigeants, notamment en matière environnementale. Deux morceaux de Bravoure dans la lettre n°43 : Un édito sur les errements du développement durable, dont voici un extrait:

(...)

Nous avons récemment assisté à une conférence de M. Augustin de Romanet, Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations. Il a évoqué les quatre axes de développement de la CDC, et parmi eux figure le "développement durable". Avant d'aborder ce sujet, il a évoqué le fait qu'il avait reçu des documents émanant de sceptiques : ceux-là mêmes que nous lui avions envoyés.
Pourtant, il a ajouté : "je continue à penser que le réchauffement climatique est un danger; on m'a expliqué que si tous les glaciers de l'Himalaya fondaient, le niveau des mers s'élèverait de six mètres". On voit ici toute l'absurdité du mode de décision de M. de Romanet : nous lui envoyons des études sérieuses, faites pour des organismes sérieux (en l'occurrence le SGDN) ; il n'y comprend rien et il ne les lit pas. Par contre, il donne foi à une conversation de salon qui débouche sur des absurdités que relèverait un élève de troisième : pour que le niveau des mers s'élève de 6 m, il fau-drait que les glaciers de l'Himalaya aient 65 km d'épaisseur !
M. de Romanet pourrait aussi regarder les faits : pendant les 200 dernières années, le niveau des mers s'est élevé d'un mm par an en moyenne ; on ne voit pas pourquoi tout d'un coup il monterait de six mètres. Mais peu importent les arguments scientifiques, les calculs ou les données : il faut un principe directeur à l'action de la CDC, principe fondé sur la vertu.

(...)

Naturellement, ce mode de pensée n'est pas propre à Romanet. Toute la classe politique réagit aussi stupidement. 

Le deuxième moment de pur bonheur est une charge ironique contre l'environnementalisme de la commission Européenne dont les bureaucrates tancent la France, qui n'aurait pas su préserver la population de ses grands hamsters d'Alsace.

(...)
On constate clairement sur ce graphique, qui est indiscutable, que la pente de la droite d'extinction est de l'ordre de -168 hamsters/an. La population deviendra nulle entre fin 2007 et début 2008, selon les scénarios. En 2010, elle sera négative : entre -307 et -376 hamsters.
L'apparition de l'anti-hamster, antiparticule opposée, comme l'antiproton l'est au proton, est tout à fait intéressante en soi. La combinaison d'un hamster et d'un anti-hamster donne, comme pour toutes les particules, naissance à un dégagement d'énergie qui peut être apprécié de la Communauté Européenne.
Laissons maintenant les spéculations sur l'utilisation énergétique des anti-hamsters, et cherchons les explications à la décroissance des effectifs. Nous allons considérer plusieurs explications possibles.
(...)(...)
[Autre hypothèse] Le hamster veut faire croire qu'il est en voie d'extinction :
Cette technique est déjà utilisée par de nombreux poissons. Le poisson connaît les quotas alloués, pour chaque zone, par la Commission Européenne. Un certain nombre de spécimens s'y tiennent, pour justifier les quotas, pendant que les autres s'ébattent ailleurs. La Commission en retire un agréable sentiment d'importance, et les poissons sont tranquilles. En ce cas, on est en présence d'une manipulation particulière-ment habile. Le hamster, plus intelligent que la Commission Européenne (ce n'est pas difficile !) a tranquillement décidé d'installer le gros de ses effectifs ailleurs, mais le petit nombre restant a pour mission, en quelque sorte, de "préparer le terrain" : obliger l'homme a modifier son propre habitat, pour laisser la place au hamster. C'est machiavélique.

Bonne lecture

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>> C'est à la Télé... Aux USA - Rush Limbaugh, une des rares figures conservatrice des médias américains, sorte de... Non, il n'y a pas d'équivalent chez nous, revient sur la crise des subprimes, et affirme, dans son style absolument inimitable, que non, ce n'est pas une crise de marché, mais une crise de l'intervention du gouvernement sur les marchés.

"The people that destroyed the mortgage industry and plummeted the value of homes now run it 100%.  Fannie Mae and Freddie Mac have been totally 100% taken over, for example."

Ceux qui lisent ce blog savent que ce point de vue n'a rien d'original (cf. ceci), mais l'intérêt est qu'outre Atlantique, il se trouve des leaders médiatiques qui permettent à cette opinion de quitter la sphère des think tanks et des gens initiés à la mécanique bancaire. Bon, ici, il y eu une tribune dans le fig' de qui vous savez...

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>> Mise à jour nocturne : L'état montré du doigt dans... Le Monde ! Ah non, j'ai tort sur ce coup, l'idée que l'état n'est pas tout blanc commence à percer en France aussi :  "Le Monde" reprend un argumentaire en gros identique à celui de ma tribune du fig' !  Pierre Antoine Delhommais y relate dans un style tout à fait remarquable la mortelle randonnée de Freddie Mac et Fannie Mae, en insistant sur le rôle délétère du concubinage entre GSEs et politiciens:

Beaucoup, en Europe, ont applaudi à ce retour en force de l'Etat, sauveur d'un système financier devenu fou, incapable de s'autoréguler, avec ses banquiers irresponsables, aveugles ou inconscients, en tous les cas avides. La mise sous tutelle de Freddie et Fannie a été perçue comme une sorte de grand soir financier, mettant fin à trois décennies de dérégulation et de libéralisation à tout-va.

Cette vision radicale et très rassurante n'a qu'un défaut, mais il est de taille. Elle oublie que l'orbite dans laquelle gravitaient Fannie Mae et Freddie Mac était précisément celle de l'Etat et que les deux établissements étaient plus régis par des intérêts politiciens que par la loi du profit.

(...)

Personne, à Washington, n'avait intérêt à remettre en cause cet assemblage de bric politique et de broc financier, qui faisait le bonheur de tous. Jusqu'à ce que la bulle de l'immobilier finisse par éclater. Jusqu'à ce que le marché finisse par prendre sa revanche sur l'Etat, obligé de payer au prix fort (peut-être plusieurs centaines de milliards de dollars) son incompétence.

Le discours du bon sens commencerait-il à percoler la société francçaise aussi ? Si seulement cet épisode pouvait provoquer une prise de conscience des dangers graves de l'interventionnisme étatique dans l'économie en général et dans la sphère financière en particulier !

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>> Fannie et Freddie, toujours - A noter : le candidat malheureux aux primaires républicaines Fred Thompson en remet lui aussi une couche sur la responsabilité de l'état Fédéral et trouve  la formule qui fait mouche:

Lost in this immense, complex mess is the root problem most people are missing: the government is gradually becoming the guarantor of seemingly every important aspect of American secular life, creating incentives and bureaucracies that cause failure and invite fraud.

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>> La route de la servitude passe par Bruxelles - Le parlement européen a adopté à une écrasante majorité un rapport pour l'instant "non contraignant" mais qui pourrait devenir une législation à part entière, visant à forcer les entreprises à bannir toute imagerie "sexiste" ou "sexuellement stéréotypée" de la publicité. ce qui fait réagir un éditorialiste des décidément fort rebelles Irlandais avec lequel je suis totalement en phase:

Just how stupid are you? Come on, don't be defensive, you must be fairly stupid. Because we're all a bit thick. And we need people, clever people, astute people, to look out for us. Because, frankly, they know better than we do and someone has to protect us from our own stupidity. Which is why we have organisations like the EU.

What was initially meant as a post-war, placatory common market working under the clever concept that countries are less likely to invade each other when they are trading partners, has somehow morphed into a giant Nanny, with cane in hand, who wants to tell the rest of us what to think, what to believe and, as we have seen in the wake of the Lisbon Treaty, how to vote. But the latest example of the EU -- or 'the EUSSR', as one Euro-sceptic memorably described it -- legislating how we should think comes from a Swedish politician who wants to ban all commercial advertisements which could be construed as "sexist, demeaning, stereotypical or offensive". Eva-Britt Svennson, the joyless MEP -- surely a job that is nearly as pointless as being a member of our Seanad -- is outraged that some commercial advertisements use, can you believe it, sexualised imagery. And she's having none of it. This woman, who none of us voted for, yet she has the power to impact on how Irish society governs itself, says that she wants "a zero tolerance policy against sexist insults or degrading images of women in the media." ...Not only is she against the portrayal of women as sexual beings, she is even against the portrayal in commercials of women being housewives and cleaning the kitchen because: "When women are portrayed in a stereotypical way, the consequence may be that it becomes difficult in other contexts to see women's resources and abilities in areas other than those of the traditional gender roles." So...she also wants to ban the notion of woman as housewife.

(...)

But she is not unique, merely the most recent case of someone who thinks we must be protected from ourselves.

Only last week, new laws were brought in here restricting the rights of junk-food commercials to advertise on television. Why? Because the self-appointed powers that be assumed that you were too stupid and gullible to decide what you or your kids eat and, therefore, they had to step in to protect you.

It's this pathetic infantilisation of our country which allows quango after quango -- all paid for by us, let's not forget -- to issue edicts which impinge on our daily lives.

A rapprocher de la formule de Fred Thompson citée plus haut: De l'état garant universel à l'état führer universel, il n'y a pas grande marge. Nous sommes cernés par les états nounou, les aspirants directeurs de conscience, les emmerdeurs, les liberticides professionnels, ceux qui veulent notre bien malgré nous, qui veulent contrôler chaque aspect de nos vies, du ventre de nos mères à nos tombes, l'histoire officielle que nous étudions, ce que nous mangeons, les vêtements que nous portons, les pubs que nous avons le droit de voir, de filmer, les assurances que nous avons le droit de contracter, nos engagemens "citoyens", nos blogs, les maisons que nous construisons, la façon dont nous nous déplaçons... "Pour notre bien" et "dans l'intérêt général", cela va de soi.
Et voilà comment des milliers d'Européens convaincus deviennent petit à petit des eurosceptiques engagés, voire enragés. J'aurais l'occasion d'y revenir !

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That's all folks

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