Ingeborg Bachmann, Nebelland (Pays de brouillard)
Im Winter ist meine Geliebte
unter den Tieren des Waldes.
Daß ich vor Morgen zurückmuß,
weiß die Füchsin und lacht.
Wie die Wolken erzittern! Und mir
auf den Schneekragen fällt
eine Lage von brüchigem Eis.
Im Winter ist meine Geliebte
ein Baum unter Bäumen und lädt
die glückverlassenen Krähen
ein in ihr schönes Geäst. Sie weiß,
daß der Wind, wenn es dämmert,
ihr starres, mit Reif besetztes
Abendkleid hebt und mich heimjagt.
Im Winter ist meine Geliebte
unter den Fischen und stumm.
Hörig den Wassern, die der Strich
ihrer Flossen von innen bewegt,
steh ich am Ufer und seh,
bis mich Schollen vertreiben,
wie sie taucht und sich wendet.
Und wieder vom Jagdruf des Vogels
getroffen, der seine Schwingen
über mir steift, stürz ich
auf offenem Feld: sie entfiedert
die Hühner und wirft mir ein weißes
Schlüsselbein zu. Ich nehm’s um den Hals
und geh fort durch den bitteren Flaum.
Treulos ist meine Geliebte,
ich weiß, sie schwebt manchmal
auf hohen Schuh’n nach der Stadt,
sie küßt in den Bars mit der Strohhalm
die Gläser tief auf den Mund,
und es kommen ihr Worte für alle.
Doch diese Sprache verstehe ich nicht.
Nebelland hab ich gesehen,
Nebelherz hab ich gegessen.
Ingeborg Bachmann: Werke Bd.1: Gedichte
© Piper Verlag, München, 1978
Le principe de l’exposition annuelle Monumenta est de mettre à la disposition d’un artiste (et d’un seul) tout le volume de la partie du Grand Palais située sous la verrière.
Cette année, c’est l’artiste allemand Anselm Kiefer qui a été choisi. Son travail, réfléchi et pensé, est souvent inspiré par des textes, notamment ceux de poètes de langue allemande comme Paul Celan ou Ingeborg Bachmann (dont on peut entendre la lecture de son propre poème, Nebelland (Pays de brouillard).
Je parlerai peu des oeuvres d’Anselm Kiefer. Souvent grandes, elles sont souvent également impressionnantes, frappantes. Elles sont aussi relativement diverses et les quelques photos de l’exposition parues ça et là en rendent mal compte.
Il faut dire que certains choix ont été opérés qui sont bizarres : le volume laissé à l’artiste est celui du Grand Palais mais, à quelques exceptions près, les oeuvres sont présentées dans des espaces beaucoup plus restreints, baptisés “maisons” mais qui ressemblent plutôt à des fortifications, et la grossièreté de ces constructions est sans rapport avec la qualité des oeuvres qu’elles renferment.
Autre contradiction, justement relevée par Apartés, celui existant entre une déclaration liminaire d’Anselm Kiefer expliquant que ses oeuvres n’ont d’autre sens que celui que chacun y mettra et un dispositif de prise en charge didactique extrêmement complet, avec audioguide fourni et ballet continuel de “médiateurs” mis là pour répondre à toutes les éventuelles questions : à chacun de donner sens mais tellement de moyens sont mis à disposition de qui ne veut pas chercher que la paresse, certainement, l’emportera.
On pourra lire aussi, à propos de cette exposition, les commentaires élogieux de Mag ou Aodai.
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