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Brel est mort il y a trente ans

Publié le 09 octobre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

brel-ferre-brassens.JPGSur la photo figurent deux des chanteurs que j'aime le plus. Par contre, je vais peut-être me faire écharper mais je n'aime pas tellement Brel, excepté quelques chansons dans sa veine plus ironique, plus caustique, et bien sûr celle qui exalte le Nord, "les bourgeois", la chanson méchante -mais tellement vraie, elle pourrait s'appliquer en plus à de nombreuses villes et régions de provinces- sur les flamandes, "les bonbons" et "Mathilde est revenue" ou "Jeff", très belle chanson d'amitié, "la valse à mille temps" ou "Bruxelles", cela en fait quelques unes. Il paraît que l'on appelait Brel "le curé progressiste" quand il était à Bobino, du fait de sa grandiloquence dans des sermons laïques beaux à dire, mais tellement creux parfois. On pleurnichotte sur la pauvreté, la misère et le coeur reste sec. Dans l'expression des sentiments, je préfère largement Jean Ferrat, ou Barbara, voire Gainsbourg avant 1976, infiniment plus fin que Brel.

Je n'aime pas tellement la grandiloquence des sentiments dans "Quand on n'a que l'amour" ou "Ne me quitte pas". C'est un peu trop, et puis on senti bien que ce n'est pas lui. Il me rappelle ces personnages de Simenon qui affichent de bons sentiments pour la galerie et sont au fond des petits bourgeois légers et superficiels qui ne veulent prendre aucune responsabilité, ne veulent pas savoir si leurs actes ont des conséquences ou pas. Sa fille disait tout à l'heure sur une chaîne de radio qu'elle trouvait cela très beau que son père lui ait demandé de l'appeler Jacques et non Papa, cela me déplaît assez, certainement parce qu'en tant qu'"onaniste de sacristie" je suis un odieux réac, car c'est beau la paternité, et la demande du père sent l'égocentrisme et un certain complexe de Peter Pan.

Son surnom (voir plus haut) est bien vu, car effectivement il rappelle ce genre de curé dans le vent tellement sympa, tellement doué avec les jeûûnes quand ceux-ci l'adulent, souriant de toutes ses dents en chantant des ritournelles qui ne font pas de mal au cervelet égrenant plusieurs perles : la guerre c'est pas bien, la mort c'est laid et l'amour c'est beau. C'est le genre à bassinner des heures sur la simplicité des petits n'enfants, la simplicité supposée en général des "gensdupeuple", qu'il n'a jamais vu de près. Ses fans disent ensuite : "il est tellement sympa, X..". C'est un peu comme la béatification laïque de Coluche. Attention, je n'ai rien contre les "Restaus du coeur", ça permet à de nombreux, trop nombreux, pauvres, de manger, mais la statufication de leur créateur permet d'éviter de se poser les vraies questions sur une transformation nécessaire de cette société qui n'assure plus le bien-être des êtres humains qui la composent. Ce genre de saints laïcs est un bon alibi pour compenser la médiocrité de leurs congénères en humanité. Je pense aussi à ceux dont on ne parle que rarement comme le docteur Patrick Declerck, auteur du livre "les Naufragés", lucide, fort et passionnant sur la pauvreté, sans mièvrerie quant à lui.

Ci-dessous une chanson que j'aime bien : "la valse à mille temps"


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