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Les chiens aboient...................

Publié le 09 octobre 2008 par Zelast

Fillon fait le dos rond

A l’Assemblée, le Premier ministre a répété que le système libéral n’est pas en cause.

Ce ne fut pas l’Amérique. Alors même que les projecteurs étaient braqués sur elle, l’Assemblée nationale, lors du débat sur la débandade financière planétaire, est apparue hier telle que depuis cinquante ans : un théâtre sans grande consistance. La majorité, Premier ministre en tête, s’est abandonnée sans retenue à un exercice d’autosatisfaction, quand l’opposition, notamment par la voix du premier secrétaire du PS, François Hollande, se livrait à une critique sévère mais quasiment inaudible des dérives du système capitaliste et de l’incohérence de la politique économique du gouvernement depuis juillet 2007.

Parapluies. Premier à intervenir à la tribune, François Fillon a répété sans se lasser tous les mots qui ponctuent depuis une semaine la communication gouvernementale : la crise «d’une gravité historique» exige du «sang-froid», de la «réactivité» et de l’«unité», et ce «au-delà de nos différences partisanes». Transcendant son mal de dos, le Premier ministre a ouvert les parapluies préparés dans les bureaux de l’Elysée : la crise n’est pas celle du capitalisme, mais celle d’un «capitalisme dévoyé par des pratiques qui n’aurait jamais dû exister». En clair, le cataclysme actuel ne suppose aucune remise en cause de cette idéologie libérale qui inspire la politique gouvernementale depuis dix-huit mois. Un discours relayé en aparté par le secrétaire national de l’UMP, Patrick Devedjian : «Cette crise est née d’une infraction, d’un hold-up. Le vol ne condamne pas la propriété.»

Au risque de l’équilibrisme, le Premier ministre s’est officiellement converti à l’interventionnisme : au nom de la «responsabilité», l’Etat promet sa protection à tous les canards boiteux bancaires, et si besoin en entrant dans leur capital. L’occasion pour lui d’annoncer la mise en place d’une «structure juridique» où seront logées ces prises de participation, pour laquelle «le gouvernement sollicitera du Parlement, par voie d’amendement au projet de loi de finances, la garantie explicite de l’Etat». Pour faire avaler la couleuvre à sa majorité que la perspective de ces nationalisations rampantes n’enthousiasme pas, François Fillon a insisté sur les contreparties : sanction des dirigeants imprudents ou incompétents, et surtout caractère temporaire de l’intervention de l’Etat qui «n’a pas vocation à rester un actionnaire durable». Un moment du discours particulièrement apprécié sur les bancs de la droite. Pour faire bonne mesure, François Fillon a confirmé son cap budgétaire, entre gel des dépenses de l’Etat et maîtrise des déficits, une politique«adaptée à la crise».

Attentisme. De quoi faire s’étrangler la gauche. «Cette crise, c’est l’effondrement d’un système», s’est emporté François Hollande. «Ce qui s’effondre, c’est le libéralisme économique, une partie de ce que la droite qualifiait de bataille idéologique.» Et le député de Corrèze de dénoncer l’attentisme du gouvernement face à une crise «sous-estimée dès le départ». S’il a salué les décisions prises pour éviter la panique des déposants et restaurer la confiance sur le marché interbancaire, le premier secrétaire du PS s’est désolé de la pusillanimité des mesures prises pour soutenir l’activité et le crédit aux PME. Et ce d’autant plus que le budget 2009 lui apparaît «complètement décalé» face à la «gravité» de la crise financière.

Une passe d’armes que beaucoup hier jugeaient un peu vaine. «Aux Etats-Unis, les solutions ont été trouvées et discutées par le Congrès, explique le PS Philippe Martin. Ici, tout se joue sur le marché et dans les réunions du chef de l’Etat. Le Parlement se contente d’une posture.»


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