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La criiise !

Publié le 10 octobre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

Sur plusieurs blogs, les discussions font rage concernant la crise. J'ai repris là quelques commentaires laissés sur un salon de discussion.

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L’épargne des particuliers entretient la capitalisation de l’économie qui crée une dynamique capitaliste, au début Adam Smith ou Jean-Baptiste Say pensaient que la richesse retomberait ainsi, comme par magie ?, sur la tête des riches et des petites gens car c'est également une idéologie profondément matérialiste ; Il me semble que cela n’a pas eu lieu, 7.3 millions de personnes vivent actuellement en France en dessous du seuil (statistique) de pauvreté. Maintenant, depuis quelques années, des économistes comme les Friedmann père et fiston se satisfont qu’il y en ait quelques uns qui restent en rade (ce que l’on appelle les “Left behind”) saloperie justifiée par les pentecôtistes américains relayés chez nous par d'autres bons apôtres et Raminagrobis doucereux. La solution ahurissante trouvée par les dirigeants des sociétés consuméristes actuels est ahurissante : Injectons des liquidités encore et encore et encore dans l’économie, capitalisons de plus en plus jusqu’à l’explosion sociale (ça ils omettent de le préciser).
Le concept de “middle class”, je crois ne pas le tirer de mon
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chapeau. Il est employé par les sociologues depuis quelques temps déjà. Et il correspondait à une réalité symbolisée en France par le développement des lotissements en périphérie des villes et la rurbanisation. On en arrive maintenant à revenir vers la situation antérieure aux “30 glorieuses”, à savoir des très riches d’un côté et des très pauvres de l’autre. C’est cela je pense que les libéraux persistants appellent l’avenir.
Prenons l’exemple de l’agriculture. L’agriculture hyper-capitalisée mène au lessivage des sols, à la ruine des campagnes désertifiées ou servant de refuges à quelques bourgeois bohèmes ou libéraux-libertaires en quête d'authenticité frelatée de bons sentiments, à l’endettement surréalistement immense des paysans, à la hausse des prix et la spéculation sur des denrées indispensables. Un tissu de petites exploitations, basées sur une utilisation rationnelle et mesurée des ressources assurent la continuité du marché, la survie des exploitants et en plus permet de donner à manger à tout le monde. Cela a été très timidement développé par l’agriculture dite bio.

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Au “take off” économique de la France en 1842, le capitalisme a d’abord entraîné la perte de leurs terres pour les petits agriculteurs puis leur exode massif vers la ville où ils sont devenus ouvriers ainsi que tous leurs compagnons de misère moins fortunés encore comme les manouvriers ruraux, sans aucun droit de rassemblement ou de revendication bien sûr. On pourrait parler des gamins de 4 ans dans les mines pour dénicher les poches de grisou, des fillettes employées en ateliers, des femmes ouvrières sur lesquelles le contremaître avait tous les droits etc…C’était chouette. Et je ne parle pas des filles-mères, à qui l'on avait tout ôté y compris leur dignité et le respect d'elle-même, obligées de choisir entre le bordel et les aiguilles de l’avorteuse, c’était cool. Les gros porcs hypocrites pouvaient alors en basculer une ou deux de temps à autres dans les maisons dites de tolérance en payant ce qui leur donnait l’illusion de faire la charité.

Ce système économique a entraîné par sa dynamique un progrés technique et industriel sans précédent, de la machine à vapeur à Internet qui permet de faire voyager ses bêtises d'un bout à l'autre de la planète de manière instantanée. Mais il a coûté aussi cher en vies humaines, si ce n'est plus, que les totalitarismes, et a engendré cette société qui nous entraîne chaque jour un peu plus vers l'abîme.

Mes sources : "Histoire du capitalisme" de Paul Bairoch, universitaire américain ; les livres de Milton et David Friedmann, Naomi Klein, les cours d'histoire économique de Jacques Marseille à Nanterre, les chroniques de Bernard Maris.


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