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Le copinage a fait son temps (ou comment la presse littéraire creuse sa propre tombe...)

Par Lise Marie Jaillant

Book_store Après des décennies de copinage et de retour d'ascenseur, ce qui devait arriver est arrivé: la presse littéraire ne fait plus vendre. Ou du moins, pas autant qu'on pourrait s'y attendre. Prenons Tristan Garcia, le chouchou de Télérama et autres feuilles de chou. Le sujet de son roman, "La meilleure part des hommes", a l'air intéressant et l'auteur semble abordable et non prétentieux (ce qui est rare pour un normalien). Bref, je comprends que beaucoup aient été tentés par ce livre.

Mais le problème, c'est que Tristan Garcia est un pur produit du milieu littéraire. Un bon produit, d'ailleurs, dans le genre "1er roman écrit par un pseudo inconnu". Son éditeur chez Gallimard, Jean-Marie Laclavetine, crie à qui veut l'entendre que son protégé a envoyé son roman par la Poste. Bah voyons! Si vous êtes à Ulm et que vous faites une thèse sous la direction d'Alain Badiou, confiez votre roman au postier et Gallimard se fera une joie d'examiner votre travail ! (Les autres wannabes sont bien sûr invité à acheter le bouquin de Garcia, histoire de connaître la ligne éditoriale de la maison...)

Bref, inutile de dire que tout cela sent l'arnaque à plein nez. Même les lecteurs de bonne volonté, ceux qui, année après année, achètent deux ou trois nouveautés à la rentrée, même ceux-là se sont lassés. Personne ne saute au plafond après avoir lu Garcia, personne n'a de coup de coeur. Certains parlent carrément d'arnaque, d'un roman où tout est de "guingois".

Après l'emballement médiatique, tout retombe comme un soufflé. Alors commence à apparaître des auteurs "hors milieu", comme Cyril Massarotto. Ce directeur d'école maternelle vit dans la banlieue de Perpignan et a soit-disant envoyé son roman "Dieu est un pote à moi" par la Poste à XO éditions. Ce qui, pour une fois, ne me semble pas impossible. XO est une maison beaucoup plus "business", qui ne peut et ne veut pas compter uniquement sur un carnet d'adresses "100% Saint Germain". D'où un processus de sélection des auteurs qui semble plus démocratique.

Le résultat est là: "Dieu est un pote à moi" a devancé "La meilleure part des hommes" dans la liste des ventes de premiers romans, malgré une couverture médiatique faible (voir ICI). Le bouche-à-oreilles est excellent, et Cyril Massarotto semble promis à un bel avenir.

Ce qui montre bien que la presse littéraire a fait son temps. Mieux vaut taper dans l'oeil des responsables de rayons à la Fnac, plutôt que d'être glorifié d'une pleine page dans les Inrocks. Reste à attendre que les journalistes littéraires s'en aperçoivent: le copinage ne fait plus recette. Le centre du pouvoir médiatique va continuer à se déplacer vers internet (avec des blogueurs plus ou moins manipulés par les grands groupes d'édition). Et viendra un jour où plus personne ne lira les critiques frelatées de Télérama...

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