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Littérature performante

Publié le 11 octobre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

autour-du-livre-2-dg-012007.JPGEncore il y a peu, parlant de livres avec des convives pendant une des nombreuses soirées mondaines où l'on m'invite pour mon esprit et mon sens incroyable de la répartie (note pour les cons et les non-comprenant ceci n'est pas vraiment sérieux, c'est de l'h-u-m-o-u-r), l'un d'eux, qui ne lit jamais, n'ouvre jamais un bouquin, n'a pu s'empêcher de sortir : "Moi je ne lis pas, comme j'ai plein de choses à faire, je n'ai pas le temps". Sous-entendu, la littérature est un divertissement, un amusement pour rigolos, pour des types et des bonnes femmes pas vraiment sérieux. C'est aussi une manière de justifier son inculture. Un autre a dit qu'il ne lisait que des livres "sérieux", là on sous-entend que les romans, la poèsie, les livres dits de genre, ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas seulement le commun des quidams qui sort pareilles absurdité,s on trouve aussi les mêmes sur Causeur.fr sous la plume de Renaud Camus interrogé par Elisabeth Lévy qui considère la SF comme un sous-genre ainsi que la BD, article remarqué en causant sur Causeur (ah, ah, ah, suis-je spirituel) où je me fais passer pour la nourrice de Zeus (on est bien peu de choses, on me pardonnera cette facétie). Cela n'exclut pas que la littérature peut être seulement une détente mais elle est loin de s'y réduire exclusivement. Lire beaucoup n'est pas convenable dans l'esprit étriqué des petits bourgeois qui préfèrent une petite vie paisible mais bornée entre les planches d'une clôture morale confortable qui leur évite de sortir du troupeau bêlant des bonnes gens comme les autres bien vus par leur crémière.

Certes, il a raison au début de son propos, il y a actuellement une confusion des genres et un mélange des goûts, du fait de la marchandisation, qui fait que l'on place sur le même plan Chaplin et "les Bidasses au pensionnat", mais ce n'est pas ce qui permet de condamner la Science-Fiction ou

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la Bande Dessinée dont certaines oeuvres deviennent des classiques de la littérature tout court : ainsi "Little Nemo" rivalise avec "Alice in Wonderland" et K.Dick ou Ballard valent bien le "nouveau roman" ou l'auto-fiction. Autre exemple, je me souviens de cet homme d'Église, extatique, proche de la transe mystique, à qui l'on demande son livre préféré qui répond "la Bible" croyant bon d'ajouter que tout le reste de la littérature est inutile, approuvé en cela par le cercle de ses fans qui se ressemblaient tous. C'est plutôt dommage car la littérature permet d'aller vers les autres, d'ouvrir à la beauté et l'imagination au lieu de se contenter du réel ou de ce que l'on appelle ainsi. Les jours derniers, on vient d'ailleurs de constater que les "traders" et les banquiers, que l'on croit proche du réel plus que les autres, étaient beaucoup plus irresponsables qu'un poète de sous-préfecture ou un écrivain de romans noirs éthylique. "La gravité est le bonheur des imbéciles", dit Nitche à moins que ce ne soit Miss France, c''est l'esprit de sérieux qui mène à la catastrophe actuelle, pas l'imagination ou la liberté que donne la littérature qui ouvre à la vie tout simplement.


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