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Paso Doble n°92 : Un Pont trop loin, un plan trop tard ?

Publié le 13 octobre 2008 par Toreador

A las cinco de la tarde…

Mobilisation générale huit mois après le début de la Drôle de Crise

La Drôle de Crise, c’est comme la Drôle de Guerre : après une vague d’inquiétude en début d’année, l’activité avait repris comme si de rien n’était, sans qu’on puisse relever de mouvements de troupes significatifs. Notre Ministre de la Guerre de Bercy avait même pris sur elle de dire du coup que « la Crise était derrière nous ». Et puis soudain, le blitzkrieg.

L’Europe a (enfin) décidé d’exister en appelant ce Dimanche à la mobilisation générale autour d’un plan dont l’axe principal est la garantie des prêts interbancaires. Le plus frustrant dans ce remède de choc administré au milieu financier, c’est qu’il va à l’encontre des principes les plus élémentaires de la justice. Les gouvernements sont aujourd’hui obligés de sauver tout le monde, y compris ceux qui ont creusé leur propre tombe en prenant des risques démesurés par rapport à leurs fonds propres. Je ne vais pas revenir sur l’analyse par ailleurs excellente (quoique longue) publiée par Koz il y a 2 jours.

C’est ce qu’on appelle le « Too big to fail« , qui suppose que le médicament que l’on administre au malade ait à la fois les caractéristiques d’un antibiotique (nettoyer le malade) et d’un placebo (lui donner confiance).

Un seau, 15 sots ?

On ne peut que se féliciter de cette décision (tardive) de l’Eurogroupe. Nous verrons s’il suffit à restaurer la confiance cependant, la rationalité des marchés pouvant se révéler parfois paradoxale : un bon plan peut être sanctionné si on juge qu’il arrive trop tard. Un mauvais plan avec un bon timing peut, lui, être salué. Niveau finances, l’effet placebo compte plus que l’effet antibiotique.

Néanmoins, il est déjà trop tard, m’est avis. Le virus a déjà infecté l’économie réelle : la récession, même technique, est au coin de la rue et Nicolas Sarkozy y a laissé son dentier. Il y a des signes qui ne trompent pas : la décision spontanée par exemple de l’UNEDIC de retarder de deux mois l’échéancier de paiement des cotisations sociales pour les PME; les atermoiements de Woerth et Lagarde sur le budget 2009; la hausse inédite du chômage en août. La différence est que les conséquences de cette crise « réelle » ne sont pas « réversibles » : lorsqu’on ferme une usine, on ne peut pas changer d’avis le lendemain ou le surlendemain.

Le plan de l’Eurogroupe aurait dû être adopté il y a 8 mois, juste après l’annonce des pertes liées aux subprimes : voilà qui aurait permis de rassurer par avance les marchés. Cela aurait été amoral, mais intelligent. Là, le mal est fait, et nous galopons après le pompier pyromane sans nous rendre compte qu’il y a 5 départs de feu dans l’Economie mondiale.

Et cette crise, bien réelle, nous ne l’éteindrons pas avec des garanties et des promesses…

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