Magazine Journal intime

Implosions Familiales

Par Docrica

Certains éléments (des ages, des sexes, et certains enchainements d'évènements) ont étés volontairement changé (donc toute ressemblance avec votre propre vécu ne prouve juste que l'ubiquité de ce genre de situation).

Le mieux, c'est de lire ces récits en musique , merci Deezer (et Mae pour le coup) :

Ce n'est plus une jeune adulte, ces enfants viennent de s'envoler du domicile familial, elle se retrouve avec son mari.... "seule". Ca fonctionnait "comme ci comme ça" tant qu'ils étaient là. Elle est maintenant confronté à leur absence.

Je la sens "mal" , elle pleure, rien ne va:

- le travail ? Le patron est un petit dictateur qui "fait pleurer toutes les employées".

- son mari ? Elle me dit ne pas savoir par quel hazard elle a pu tomber enceinte, c'est un ejaculateur précoce, elle n'a pas le temps de dire ouf... que c'est deja trop tard. Elle est en cruel manque de sexe et est même allé voir ailleurs... mais il est marié, et ca ne lui convient pas.

- sa famille ? Sa mère , agée, est démente et agressive. Elle nage dans les démarches administratives, la violence et le cout financier pour subvenir aux besoins de cette mère qui l'a "emmerdé toute sa vie"

- Elle ? Elle ne peut plus "se voir physiquement", a pris quelques kilos (bof.. c'est quand même pas la cata à mon avis..), et commence à se détendre dans les fonds de bouteilles.

Je l'ai mise en arret de travail, elle ne dort plus, est instable sur le plan de l'humeur alternant grosse fatigue , pleurs et enervements.

Elle: " Rien ne va. A quoi sert de vivre ? Heureusement que mes enfants existent sinon..."

Elle: " Non .. j'ai pas envie de mourir ! Mais ca me sert à quoi de vivre ? Dites moi ?"

Bonne question, j'ai pas la réponse.. désolé. Mais où sont les curés ? Si encore elle croyait en Dieu, en Allah ou en CeQuelleVeutTantQueCaLuiDonneUnObjectif (le fameux.. CQVTQCLDUO)

Bien évidemment, elle ne veut pas voir de psychiatre ni psychothérapeute, accepte pour me faire plaisir, de prendre une benzodiazépine pour essayer de calmer le jeu... et je lui redonne un rendez-vous ... puisque je n'ai que cette option ou la laisser seule...

Lui, il vient toujours à l'extrème limite de la fin des consultations... j'avais deja fermé, et il tambourinait à la porte que je venais de fermer quelques minutes auparavant: " Je vous ai vu !! J'ai mal à la tête".. Pitin de Pitin... 50 minutes la consultation ! S'il savait comme , moi aussi, j'ai mal à la tête.. et comme j'étais si content de n'avoir fini "que" 2 heures après l'heure habituelle de fermeture... jusqu'a ce qu'il tambourine à la porte.

D'abord 10 minutes pour l'examiner et écouter ses doléances organiques. Résultat: Rien. Il n'a rien d'organique. Rien à se mettre sous la dent. Puis 40 minutes de catastrophe familiale. Je la connaissais déja son histoire...

Il travaille, dur. Gère une équipe avec humanité . Il est apprécié dans son travail. Il sait tout ça.

Lui: " Par contre, à la maison, je n'y arrive pas, je sais pas si c'est moi ou si c'est elle, je suis désemparé"

Sa concubine, avec laquelle il a un enfant en bas age.. est.. en "souffrance psychologique" (ca c'est le terme correct pour dire qu'il lui manque carrément un plomb dans la tête, qu'elle fait chier tout son entourage, et qu'elle a fini a plusieurs reprises en psychiatrie...). Souffrance psychologique certes, mais très intelligente, et extrèmement manipulatrice. Lors d'une de ces dernières hospitalisations, ils l'avaient tellement "shooté" qu'elle n'était plus capable de s'occuper de ses enfants. Un(e) vrai zombie à domicile.

Il est à bout. Au bout du bout du bout. Je sens qu'il va se passer quelque chose. Il somatise avec ses maux de tetes, ses douleurs du dos, ses étouffements.

Lui: " Elle me menace de ne plus jamais voir mon enfant si on se quitte. Vous savez, elle est très violente, je me fais insulter comme c'est pas possible. C'est incroyable. C'est incroyable. Vous savez quoi ?"

Il est entre les pleurs et le pétage de plomb, je crains même un instant qu'il passe à l'acte dans le cabinet, et qu'il se 'défoule' physiquement sur moi. Mais non, ca restera verbal.

Lui: " En 10 minutes, elle passe du pire au meilleur. La, elle m'a laissé un message, elle avait la voix douce... tu parles ! "

Lui: " Elle glande rien ! Et quand, par pur hazard, elle va bosser 1 heure le samedi, elle me met plus bas que terrer parceque la maison n'est pas impécable quand elle rentre ! Elle m'emmerde, je bosse tout les jours, elle me harcelle, elle me harcelle !".

Je le sens mal sur le coup. Il est "paralysé", "menotté".. effrayé par la peur de la séparation de son enfant... je ne sais pas ou ca va finir, mais je sais que ca peut finir de manière sanglante ce genre de truc. Je lui propose de le faire hospitaliser pour l'éloigner de son foyer le temps de calmer les choses.

Lui: " Mais Bordel !!! C'est pas moi qui suit malade là, c'est elle !".

Il a raison... je suis d'accord, elle est bargeotte, et c'est pas demain que ca va s'améliorer. Toujours pas de solution. Mais où sont les curés ???

J'ai recu un coup de fil la semaine dernière, d'un gars de l'autre coté de la France qui demande un rendez-vous pour "enquète sociale sur demande du juge" concernant une mère et ses deux enfants, que je ne suis que depuis quelques mois.

Elle est bizarre cette maman. Elle me parle peu, m'a amener ses enfants pour des rhinos banales, 2 ou 3 fois. J'avais pu constater qu'un de ses enfants était , pour son age, particulièrement peu bavard. J'avais mis ca sur le compte du traitement par Dépakine (un traitement pour l'épilepsie) , et sur son jeune age. J'avais quand même demander un controle à l'Hopital des Enfants qui m'avait envoyé en retour un courrier disant qu'il allait bien, mais qu'il lui fallait un suivi psychologique.

Elle était revenu me voir, seule, en détresse: On la menaçait de lui prendre ses enfants car son ex-mari, jaloux, avait fait des "fausses attestations" comme quoi son concubin taperait ses enfants.

Je ne fus donc pas etonné lorsque ce gars prit rendez-vous.

Je commençais par mes propres questions.

Moi: " Mais dites donc, concernant le secret médical , c'est légal que je réponde à vos questions ?"

Lui :" Je ne vous demande pas de diagnostic, et c'est sur ordonnance du juge. En plus c'est la maman qui m'a donné votre adresse".

Il me montre l'ordonnance du juge, la lettre de la maman dans laquelle mon adresse apparait ainsi que ses papiers d'identités. Tout est en rêgle.

Lui: " Et d'autre part, il s'agit de protection de mineur, il y a suspicion de maltraitance".

Il me demande à combien de reprises j'avais vu les enfants, depuis quand, me demande si la maman m'a expliqué l'histoire.

Le tout prend 20 bonnes minutes... je lui donne les informations demandés en essayant de rester le plus neutre possible. Certes la maman est bizarre, l'enfant parle peu, mais... je n'ai jamais vu de coup ou autres signes alarmants.. hélas.. hélas.

Lui: "Maintenant, et pour que vous soyez au courant, et pour échanges de bon procédé, je vais vous donner les informations que j'ai. Cette famille je la connais bien, j'avais deja fait l'enquète sociale il y a dix ans lors de son premier divorce.".

J'en suis encore secoué. Passé complètement à coté de l'histoire de cette famille, passé à coté de la détresse du gamin (comme l'hopital des enfants d'ailleurs).

Le concubin, que je n'ai jamais vu, est un "psy" (chopathe), rempli de toc, (troubles obsessionnels compulsifs), laissant les "gamins dehors parce qu'ils salissent dedans", reservant des pièces de la maison pour les garder propre, tout en "entassant" les gamins dans une chambre ridiculement petite , a fini plusieurs fois à la gendarmerie pour avoir lever la main sur les enfants de sa concubine.

La mère ? Abusé et reabusé pendant près de 10 ans par son propre père, et n'ayant entrepris de relations qu'avec des hommes "dominant". Son ex, apparemment aussi bargeot que son concubin actuel. Elle ne connait que ces rapports conjugaux "pathologiques".

Yep clair.. on va les lui prendre ses enfants.. et le futur n'est rose pour personne.

Lui : " L'enfant est pour moi dans un état grâve. Il est urgent qu'on lui sorte la tête de là. Bon courage.. car maintenant vous allez l'avoir toute les semaines la maman".

J'ai sacrément merdé pour le coup... rien vu du tout. Même si j'ai la fausse excuse de ne l'avoir vu que "3 fois" pour des rhinos à la con.

Bon sang... je veux des infarctus, des angines, des interventions pompiers ou il y a du sang partout mais ou je peux faire quelque chose que je sais faire, des diabètes a équilibrer, des prostates à palper, des otites à soigner...

(Et pour les fautes d'orthographes... elles sont spécialement pour les grincheux , pour voir s'ils suivent... Ah et aussi.. depuis peu.. je me la joue facile avec les grisés... un commentaire est une pure merde ? Je l'efface. La critique constructive , meme acerbe, est bienvenue, pas les agressions gratuites insultantes anonymes qui n'amènent à rien. Pour les enregistrés.. je laisse tout les commentaires )


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