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Frédéric Stucin Photographe professionnel, flashe pour Sosyland !

Publié le 21 octobre 2008 par Stephanesagas

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Frédéric Stucin est photographe professionnel, qui a pour nouvel objectif : capturer les sosies, et donc de flasher Sosyland. Son choix est très chouette, n’est-ce pas ! ? !

C’est un nouveau sujet qu’il réalise par affection. L’affection on en redemande quand elle provient de gens passionné et authentique. Frédéric a contacté bon nombre de sosies.

J’ai eu le plaisir de l’avoir au téléphone et sa démarche m’a tellement plu que nous avons convenu, au fur et à mesure de sa rencontre avec les sosies, qu’un de ses clichés, pas plus, histoire quand même de ne pas dévoiler son expo, sera publiée, non pas sur une place chère à Gad El Maleh…Place des Clichés…mais sur Sosyland dans ‘Frédéric Stucin, flashe pour Sosyland’.

http://flashsursosyland.canalblog.com/

C’est avec un très grand plaisir que je vous présente donc sa démarche, au cœur de son expérience de professionnelle….


Frédéric Stucin, quel est ton parcours de photographe professionnel ?

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Je suis photographe indépendant depuis 2002 et travaille beaucoup en presse : Libération, Le Nouvel Observateur, Le Monde 2, Télérama... Je réalise essentiellement des portraits, même si je fais des reportages. Je fais partie d’une agence qui s’appelle ‘Myop’ qui est une association de 15 photographes.

Quels sont tes derniers sujets ?

J’ai fait un portrait de Roseline Bachelot – Ministre de la Santé et des Sports -, également les portraits de jeunes qui réussissent dans les cités, qui ont été invités au Sénat. J’ai aussi photographié des écrivains comme Renaud Camus qui vit dans un château dans le Gers, Jean-Yves Cendrey, Marie N’Diaye.

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C’est à la demande d’un journal ?

Oui c’est de la commande, comme par exemple le magazine ‘Lire’ qui m’a demandé de photographier Catherine Millet. « Nous faisons une interview de 3 pages et il nous faudrait 3 photos de Catherine Millet ».

Soit je prends le contact avec la personne, soit il a déjà été établi et le rendez-vous est calé. En général, cela se passe chez les gens, mais cela peut aussi se passer sur leur lieu de travail ou ailleurs. Catherine Millet c’était dans sa maison de vacances. Pour la commande j’ai réalisé un portrait un peu proche, un autre plus lointain, et avec plusieurs expressions.

En ce qui me concerne, je travaille presque exclusivement pour une commande. Disons que contrairement à certains photographes, je ne vais pas faire le portrait de quelqu’un et essayer de le vendre ensuite.

Si l’on m’appelle, c’est qu’au départ, je suis allé rencontrer des professionnels, et que je leur ai présenté mon travail. Il s’est instauré une confiance, qui fait qu’ensuite on m’appelle pour faire le portrait de telle personne et savoir qu’il n’y aura pas de problème pour cela.

Ah bon, il peut y avoir des problèmes ?

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Ce ne sont pas des problèmes mais plutôt la question d’être à l’aise ou pas. Comme par exemple de prendre en photos des SDF, où certains photographes ne se sentiront pas capable de le faire. Moi je l’ai déjà fait et on m’a redemandé de le faire. En revanche, me demander de prendre des photos, disons par exemple dans la mode, comme j’ai fait peu de mode dans ma vie, peut-être que je ne me sentirais pas à l’aise.

On peut voir sur internet ta série de ‘Moustaches’.

Au départ cette série de photos provient d’une commande, et je me suis pleinement approprié le sujet pour en faire une démarche personnelle. C’est une amie qui avant était agent commercial, qui a lancé un journal très professionnel sur la coiffure, que l’on trouve dans les salons de coiffure. Elle souhaitait une série sur les moustaches. Je lui ai répondu : « Ok, je fais les moustaches, je me débrouille pour avoir une quinzaine de personnes différentes et on va s’amuser avec ça ». Au départ c’est une commande mais avec une énorme carte blanche, où j’ai fait ce que je voulais. J’ai travaillé comme si l’idée venait de moi.

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Et donc ensuite elle t’a acheté tes photos ?

Elle m’a fait travaillée en commande, c’est à dire que c’est un forfait. Je lui ai dit : « Je vais travailler tant de jours et ça sera tant ! ». Après, elle publie le nombre de photos qu’elle estime sympa. Pour ce magazine, ils en ont publié énormément. Il a été retenu 4 à 5 portraits de la même personne et moi j’ai décidé ensuite de les publier en dyptique, c’est à dire que j’ai essayé d’avoir une expression d’un personnage hyper photomaton avec une expression neutre voir un peu rêveuse et compagnie et une autre où l’on part un peu dans le délire et on rigole. Ce que je voulais faire dans un sujet comme ça c’est de le faire de la manière la plus sérieuse du monde, en sachant qu’on parlait de moustaches et dont le but est d’en rigoler, avec un côté récréation.

Et Sosyland, c’est une commande ?

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Non pas du tout. C’est complètement personnel, comme d’autres sujets que j’ai réalisé auparavant. J’ai beaucoup travaillé sur les SDF par exemple. Dans les premiers temps quand je suis devenu photographe, j’ai eu envie de rencontrer des SDF. Je me baladais dans la rue, je voyais des SDF, j’étais mal à l’aise. Qui étaient ces gens, qu’elle était leur histoire ? Donc dans un 1er temps j’étais tout seul. Je suis allé dans des centres, j’ai rencontré des gens, qui ont parfois refusé de faire des plans photos, qui ont parfois refusé de parler. Mais pour la plupart le dialogue s’est ouvert, et puis j’ai demandé à faire un portrait. C’est une série de portraits, qui sont en couleurs et en noir et blanc.

Je crois que l’on peut raconter une histoire avec un portrait, qui peut être l’histoire d’une personne, et qui peut avoir, allez j’emploie les grands mots, une portée universelle, comme par exemple Gérard qui a les traits burinés parce que cela fait 5 ans qu’il est dans la rue, ça porte…ça raconte quelque chose…

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Ensuite, j’ai fait un sujet sur la politique en travaillant avec les jeunes en politiques. Je suis allé traîné avant l’élection de 2002 dans les mouvements des jeunes socialistes et RPR, et j’ai fais des réunions avec eux et nous avons discuté ensemble. L’idée c’est de rencontrer des types de mon âge qui se lancent corps et âme dans le militantisme que ce soit de droite comme de gauche, et de savoir qui sont ces gens-là.

Et puis, j’ai commencé à travailler en presse, et là, la commande t’oblige à beaucoup travailler, et donc j’ai mis mes projets personnels un poil de coté. J’avais des idées et des envies, j’ai fais 2 ou 3 trucs comme de couvrir à la Courneuve un faux Paris-plage. Tout le monde connaît La Courneuve alors je suis allé voir à quoi ça ressemblait avec mon appareil photo.

J’ai fait aussi pas mal de photos voyages à titre de reportages, de photos de rues, dans le suivi des photographes américains type Robert Franck ou Joël Meyerowitz et compagnie…je ne sais pas si tu les connais ?

Non…

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Des gens qui sont dans la rue et qui photographies des scènes de rues. Là j’en ai fais beaucoup : Hong-Kong, Bangkok, le Cambodge. Là c’est complètement personnel, je profitais de différents voyages (que j’ai pu faire en vacances ou soit en commande, car il m’arrive de partir à l’étranger pour travailler) pour flâner, capturer des instants au gré de la découverte de la ville. Essayer d’avoir l’instant décisif, le même que Cartier-Bresson, une ambiance, une émotion. La photo américaine s’est beaucoup penchée sur la photographie de rue, et je m’en suis inspiré.

J’ai réalisé aussi un travail sur Senghor, à propos du centenaire de sa naissance. C’est une commande du centre culturel de Caen.

C’est vrai qu’il habitait en Normandie.

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Oui, dans un village à une quinzaine de kilomètre de Caen, où sa femme vit encore. Dans une grande maison magnifique, dont j’ai pu visiter le jardin. Et là pareille, j’avais carte blanche. Je l’ai pris comme un sujet personnel car j’ai décidé d’aller au Sénégal où il est né. J’ai photographié les endroits où il a vécu mais pas la maison où il est né ou son école. Mais les ambiances pour retrouver la poésie de Senghor sur place. Et recréer une ambiance du Sénégal qui évidemment n’existe plus, mais qui permet de se dire : « Voilà, Senghor c’est nourri de telle et telle chose pour sa poésie, pour ses discours et pour sa politique ».

Mes photos ont été exposées à Caen, et ensuite dans les bibliothèques du Nord de la France et qui a ensuite atterri en Allemagne.

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Quels sont les lieux que tu as pris en photos ?

J’ai passé 3 semaines au Sénégal. Je suis allé à Joal, village de sa naissance.

Ce que j’aime dans mon métier c’est que cela permet de rencontrer les gens : des pêcheurs, des garagistes…et qui ont une image de Senghor qui n’est pas du tout la mienne, occidental parisien ayant lu sa poésie. Alors que là-bas c’est un homme du cru, qui a vécu à tel endroit. J’ai vraiment passé 3 semaines là-bas en me disant : « L’intérêt c’est de montrer ça ! et aussi, à quoi ressemblait le Sénégal à son époque ». J’avais surtout carte blanche.

Et pourquoi flasher pour Sosyland ?

C’est de rencontrer des gens différents. Ce que j’aime dans mon métier c’est de passer la matinée avec un ministre, faire son portrait. Et l’après-midi passer du temps avec des syndicalistes. Et le lendemain faire le portrait d’un artiste en devenir, qui n’est pas très connu. Quel plaisir de passer d’un monde à l’autre.

Et les sosies, je me suis dit  ‘Génial !’ de savoir qu’il y a des gens qui ressemblent à d’autres personnes.

Une fois cela m’est arrivé dans la rue que l’on m’arrête pour me dire : « Attendez, on a passé la soirée ensemble c’était génial ! », alors que je ne connaissais pas la personne. Bon, moi, je n’ai pas de chance car apparemment je ne suis pas le sosie de quelqu’un de connu. Et je me suis dit, de pourquoi pas rencontrer les gens qui ont une réelle ressemblance avec des personnes célèbres et qui travaillent cette image. Peut-être en font quelque chose et voir alors ce qu’ils font.

Comme je suis portraitiste, j’ai envie d’aller voir ces gens, voir comment ils fonctionnent et faire une photo pour qu’ils jouent le personnage qu’ils sont. Je ne demande pas de décalquer l’artiste dont ils sont le sosie. Dans mes recherches sur les sites, il y a vraiment des gens qui font des spectacles et de la scène et qui chantent réellement. Ce sont de vrais artistes et je me dis c’est génial d’aller rencontrer ces gens-là.

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Mon cher Frédéric, tu as plus d’un cliché derrière toi, mais bien sûr au sens propre et non pas figuré, ce qui est une chance pour les artistes de Sosyland pour lesquels tu as flashé, comment c’est faite ta recherche ?

Sur Internet. Ce qui a dû aussi diriger mon choix, c’est qu’en 2004, j’avais vu une série de 5 portraits de sosies qui avaient été publiés dans ‘Libération’. C’était dans un cahier d’été. Je l’ai gardé en mémoire car j’ai trouvé cela intéressant.

Comment ces portraits étaient présenté ?

J’ai par exemple le souvenir de Johnny Rock, et la personne qui l’interview se retrouve dans les loges, alors qu’il est en train de se préparer. Donc il est à moitié nu en train de mettre ses bottes et de raconter son histoire, son travail, avec quelqu’un qui tambourine à la porte pour dire : « Le spectacle est là, faut y aller ! ». Les sosies sont autre chose que des personnes qui calquent une autre, il y a un travail de fou derrière. Il y en a qui se préparent sur scène comme les véritables artistes. Et c’est joyeux et festif, très populaire dans le bon sens du terme. C’est l’origine de ma démarche.

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Comment s’est faite ta recherche de sosies ?

Sur internet. Je suis tombé sur ton site, ou d’autres qui m’ont fait rebondir sur d’autres sites. J’ai ensuite envoyé une série de mails aux sosies, en expliquant tout ce que je voulais faire. Quelques uns m’ont répondu, j’en ai relancé d’autres en leur envoyant de la matière pour leur montrer ce que je fais.

Qu’as-tu pensé du site de Sosyland ?

J’ai trouvé cela génial car cela me permettais d’avoir des interviews. Dans toutes mes recherches internet, je ne tombais jamais sur les sites perso des artistes. mais on ne connaît pas grand-chose de leur histoire, même s’il y avait des photos et des biographies.

Toi tu fais parler les gens et ils racontent ce qu’ils font. Pour moi, c’est une petite mine. Je ne savais pas par exemple qu’il y avait un sosie de Cauet. Ca je l’ai vu sur ton site. Tu découvres leur démarche, tu vois le sosie de Dutronc avec ces photos, c’est pas possible ! et ensuite tu tapes sosie de Cauet, sosie de Dutronc, et tu te dis : « Maintenant, j’aimerais bien les rencontrer ».

Ton site a été très important dans mes recherches et je suis tombé très rapidement dessus.

De connaître les gens avant de les rencontrer qu’elle importance cela a pour toi ?

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De connaître qui ils sont. D’abord de voir si c’est par accident qu’ils sont sosies, et qu’ils font cela sans plus. Je prends pour exemple le sosie de Victoria Abril que je rencontre prochainement qui me disait que c’étais les autres qui lui disait sa ressemblance. Et en même temps quand tu vois Johnny Star, c’est un vrai personnage, qui est à fond dans le truc et qui est une bête de scène.

C’est intéressant aussi de savoir quand les gens sont sosies, est ce qu’ils font des galas, des concerts, du play-back…de cerner le personnage.

Après j’ai plus envie d’une rencontre visuelle, car je plus à l’aise au sein d’une rencontre que par mail ou téléphone. Et ça permet de voir si tu plais à la personne ou non, si ça passe ou ça casse.

Lorsque j’ai été au téléphone avec Johnny on s’est très bien compris, mais je savais que cette personne était à l’aise.

Ton site va m’aider à aborder des personnes qui ne me connaissent pas et qui peuvent être surprises par ma démarche. Je vais pouvoir leur dire, que j’ai lu ce qu’ils ont raconté sur Sosyland et j’apprécie votre démarche, est-ce qu’il est possible qu’on se rencontre.

Dans ce cas là, Sosyland te sers un peu comme une carte de visite ?

J’aimerais bien que cela me serve de carte de visite. Je veux rassurer en tout cas les gens, en leur disant aussi que moi je n’ai aucun problème pour mettre ma tronche. Quand je rencontre des personnes j’ai envie d’entrer dans leur environnement. Si je passe ma soirée avec des supporters de foot, après un match, qu’ils mangent des frites et boivent de la bière, je vais le faire aussi. Lors q’une soirée avec coupe de champagne et petit doigt en l’air, je ferais aussi la même chose. C’est amusant et tu rencontres des gens rigolos.

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Combien de sosies as-tu contactés ?

J’ai envoyé une quarantaine de mails. Soit en passant par des sites perso, ou par le mémo, ou soit par ton site. Je suis en contact téléphonique avec la moitié pour fixer un rendez-vous.

Combien de sosies aimerais-tu rencontrer ?

Je n’ai pas de limite ! j’ai envie de rencontrer le plus de personnes, car j’ai un peu un coté gamin, et je veux toujours en voir un peu plus…

Pour conclure, si tu avais quelque chose à dire aux sosies qui tomberont sur ton article, qu’as-tu à leur dire ?

Que j’ai très envie de les rencontrer pour faire une série de portraits. Que je contacte bon nombre de sosies, et donc qu’il ne s’agit pas que d’une personne. C’est sur fond blanc avec un petit coup de flash. C’est une démarche personnelle (en dehors de toute commande – note Sagas), basée sur un échange de bon procédé : vous m’offrez de votre temps et je vous offre mes clichés. Vous pourrez les utiliser comme bon vous semble….site…book…

Je suis bien-sûr susceptible de publier ce travail, dans un journal correcte où l’on met en valeur les images et les histoires que je raconte.

Et si on te proposait le Centre Beaubourg ?

Rires…C’est le rêve de tous photographes, évidemment je dirais oui.

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Frédéric, tous mes vœux d'une belle aventure à Sosyland pour que tu en reviennes ébloui !


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