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Californication - le pilote

Publié le 26 juillet 2007 par Heather

Diffusée sur : Showtime (Etats-Unis)
A partir du : 13 août 2007

Avec qui ?
David Duchovny (X-Files), Natascha McElhone (Révélations), Camille Langfield, Pamela Adlon (Lucky Louie), Madeline Zima (Une Nounou d'enfer), Evan Handler (Hot Properties, It's Like You Know), Michelle Nordin, Madeleine Martin.

Ca parle de quoi ?
Hank Moody est un écrivain à la vie pour le moins houleuse: il multiplie les conquêtes, il se drogue, il boit, etc... Sa vie de débauche s'est accentuée lorsqu'il s'est séparé de sa femme, Karen, qu'il aime toujours et avec qui il a eu une fille, Becca, âgée de 13 ans. Il essaie toujours d'élever cette dernière avec plus ou moins de réussite. (source : www.serieslive.com)

 

Et alors ? 

Si le synopsis n'interpelle que modérément le téléspectateur, c'est avant tout pour des raisons extra-scénaristiques que Californication attire l'attention. Il s'agit tout d'abord d'une nouveauté signée Showtime, chaîne câblée qui nous offre désormais régulièrement des séries méritant le détour (de Weeds à Dexter). Mais c'est surtout sur les noms figurant au casting que le regard s'arrête. Si la carrière de David Duchovny n'a pu dépasser l'ère X-Files, il faut bien avouer que l'acteur évoque toujours des souvenirs aux sériephiles. La simple curiosité de le revoir dans une nouvelle série suffit à être tentée de tester Californication. Ajoutons à cela la présence d'une Madeline Zima, restée dans nos mémoires la petite Grace d'une Nounou d'Enfer, qui a (OMG!) -vraiment- bien grandi depuis. Il s'agit donc d'une série à laquelle il faut obligatoirement donner sa chance.

Une fois le visionnage du pilote effectué, cela reste assez difficile d'émettre un jugement tranché sur ces trente minutes qui alternent de bonnes scènes, mais aussi des passages à vide que les poitrines dénudées des actrices aguichantes qui défilent dans le lit de Hank ne comblent pas (encore que, je reconnais volontiers ne pas être le public le plus réceptif à ce genre d'argument). La scène d'ouverture donne immédiatement le ton de la série, entre provocations osées et retombées du comportement d'un homme à la dérive : dans un rêve, Hank qui cherche l'inspiration dans une église se voit offrir une fellation par une religieuse qui passait par là... La série repose sur les dérapages plus ou moins contrôlés d'un héros totalement border-line. Son amertume accentue le cycle auto-destructeur dans lequel il s'enfonce inexorablement. Les scènes de sexe rythme l'épisode. Cependant, elles révèlent un intérêt, qu'on pressent dès le départ, à la fin de l'épisode. A force de ramasser les jeunes femmes dans les bars ou les librairies, il fallait bien qu'un jour, Hank ait un problème. Sans spoiler sur le twist final, ce dernier peut permettre à toute cette storyline de rebondir sur des terrains plus propices à des situations explosives avec une réelle histoire, autre qu'un enchaînement facile de scènes de sexe qui remplissent les minutes restantes de l'épisode, faisant office de transition entre deux scènes intéressantes.

A côté de l'aspect trash un peu vide par moment, l'épisode démontre parallèlement un potentiel certain. Les scènes entre Hank et son ex-femme ne manquent pas d'attrait, la série réussissant à trouver un ton un peu décalé, dépassant les classiques scènes d'ex-ménage. Les deux s'aiment encore, mais Hank n'est pas le compagnon avec lequel Karen imagine faire sa vie. Elle lui annonce d'ailleurs ses plans de mariage avec son nouveau petit ami. Hank ne se départit jamais de son attitude provocatrice totalement assumée lorsqu'il tente constamment de la reconquérir. A ce sujet, la scène de la demande en mariage, sortie de nulle part dans une de ces impulsions que Hank semble chérir, est particulièrement illustrative. Finalement, arrivée à la fin de l'épisode, je me suis surprise à apprécier cette étrange dynamique qui, si elle n'est pas encore parfaitement rodée, peut indiquer des épisodes suivants plus homogènes. Car il y a un potentiel incontestable dans ce pilote : l'excellente scène de la convocation et des réactions de Hank et Karen au collège pour discuter de la sexualité de leur adolescente de fille en est la preuve. Si les scénaristes parviennent à cerner ce juste équilibre dans la provocation sans tomber dans les excès, je crois que la série peut véritablement prendre son envol.

D'autant que la galerie des personnages, de l'agent-ami (Evan Handler, acteur toujours sympathique à croiser) à la fille qui entre dans l'adolescence, offre une source de storylines qui devraient permettre de suivre les déboires de Hank sur tous les plans -personnel comme professionnel. Le casting est solide dans l'ensemble, à la condition évidente d'apprécier David Duchovny sur les épaules duquel repose quand même la série. La réalisation est soignée, semblable à celle que l'on retrouve habituellement dans les séries de la chaîne.

Bilan : Si la série est au format 25 minutes comme Weeds et cataloguée a priori en tant que comédie, j'ai eu l'impression d'avoir à faire à un pur drama avec ce pilote, qui ne se positionne pas vraiment sur le terrain toujours plus flou de la dramédie.

Finalement, on retient de l'épisode : David Duchovny, Madeline Zima, du trash un peu vide pour certaines scènes, mais également et surtout quelques moments bien écrits qui démontrent l'existence d'un potentiel intéressant. A surveiller.

Pour un aperçu, voici la bande-annonce diffusée par Showtime :


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