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Comme dans une chanson de Vincent Delerm

Publié le 13 novembre 2008 par Irene
Il exaspère un tas de gens. Moi, j'ai toujours aimĂŠ Delerm. Peut-ĂŞtre parce que j'ai eu la chance de tomber sous le charme de sa nonchalance et de son ĂŠcriture juste avant qu'il ne devienne cĂŠlèbre, en première partie d'un concert de Thomas Fersen, Ă  La Cigale. On lui avait mĂŞme parlĂŠ, avec mon amie, et il s'apprĂŞtait Ă  enregistrer son premier album. Quelques semaines plus tard, on reconnaissait sa voix caractĂŠristique sur FIP. Je l'ai revu au Vinci, il y a quelques mois, Ă  Tours, avec une autre amie, et j'en garde un très bon souvenir. J'ai bien ri. J'aime son romantisme ĂŠchevelĂŠ, son parisianisme assumĂŠ, son visage pas rasĂŠ, son air dĂŠsabusĂŠ et sa manie du name droping. Je conçois aussi qu'il puisse agacer. Rien de neuf sous le soleil de son nouvel album. Quelques beaux morceaux, des textes dĂŠlicats, bien Ă  lui, mĂŠlodies mĂŠlancoliques ou ballades lĂŠgères, sautillantes. En me concentrant sur le contenu, je constate une fois de plus que le vin ne fait pas partie de son univers. C'est, curieusement, le cas chez de nombreux chanteurs français (Miossec n'en parle pas non plus : il en boit !). Pourtant, il y aurait matière avec tout ce vocabulaire. En discutant la semaine dernière avec Vincent (Hudon, cette fois, pas Delerm), technicien en viticulture chez Ackerman, j'ai dĂŠcouvert sur le site du Vaudelnay, près de Montreuil-Bellay, que les vendanges ĂŠtaient versĂŠes dans des conquets ; que des "hĂŠrissons" (ou ĂŠrafleurs) sĂŠparaient ensuite les grains de raisin de leur rafle. Lesquels tombent alors dans une maie, puis un bellon, avant qu'une pompe Ă  vendange dotĂŠe d'une "queue de cochon" ne remplisse les quatre pressoirs de "jus" (ou moĂťt). Ah, j'allais oublier le "dĂŠbourbage", qui consiste Ă  ĂŠclaircir le jus en piĂŠgeant les petites particules qui y surnagent‌ Personnellement, j'ai dĂŠjĂ  appris cinq mots. Quand le moĂťt entre en fermentation, on parle de "bernache" (ou bourru). Bref, après toutes ces aventures, je me suis retrouvĂŠe devant une cuve de pineau d'Aunis, figurez-vous. ForcĂŠment, j'en ai bu. Un mois et demi après sa rĂŠcolte, il n'y avait pas encore d'alcool dans le joli breuvage rose que Vincent a versĂŠ dans mon verre. M'ĂŠtonnant de cette couleur un peu Barbie, j'ai alors appris un autre mot, plus barbare celui-ci. Si la couleur du vin ĂŠvolue en fonction de sa maturation, c'est la faute Ă  l'anthocyane, une molĂŠcule colorante de la famille des polyphĂŠnols. Dans la foulĂŠe, j'ai goĂťtĂŠ un pineau d'Aunis après la fermentation : j'ai eu l'impression de croquer un bonbon acidulĂŠ, qui s'est rĂŠvĂŠlĂŠ poivrĂŠ en fin de bouche. Au troisième essai (pas de doute, c'est un mĂŠtier !), la couleur ĂŠtait moins vive, le vin plus gourmand‌ et moi beaucoup plus gaie !!! Un peu de patience, ce pineau d'Aunis se rĂŠvĂŠlera bientĂ´t pour vous sous son nom de scène : X Noir. A ce propos, pour les fĂŞtes, qu'on se le dise, les bouteilles de pĂŠtillants endossent des habits de lumière‌
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