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Hépatites (A, B, C, toxique)

Publié le 26 novembre 2008 par Marieclaude

 Hépatite » est un terme générique qui recouvre toutes les inflammations du foie. L'expression familière « crise de foie » se rapporte plutôt aux digestions difficiles.

Les hépatites résultent de causes fort diversifiées, mais elles se regroupent en deux grandes catégories : les hépatites virales et les hépatites non virales. Ces dernières sont provoquées par des agents comme l'alcool, des médicaments, des produits toxiques, des troubles immunitaires (hépatite auto-immune), des bactéries, des champignons (l'amanite phalloïde) ou des parasites.

Dans les pays développés, les virus de l'hépatite A, B et C causent environ 90 % des cas aigus d'hépatite. Les autorités de santé publique ont peine à lutter contre les hépatites virales, qui passent souvent inaperçues pendant des années. Avant qu'un diagnostic soit établi, l'infection risque non seulement d'avoir causé des dégâts sérieux dans l'organisme, mais aussi de s'être transmise à d'autres personnes.

Cette fiche porte sur les hépatites virales AB et C, ainsi que sur l'hépatite toxique.

Le rôle du foie

Souvent comparé à une usine chimique, le foie assume plusieurs fonctions vitales pour l'organisme : responsable de la sécrétion de la bile, il participe au métabolisme des glucides, des protéines et des lipides, à l'épuration du sang et à l'élimination des toxines, à la synthèse de substances régissant la coagulation sanguine et au stockage des vitamines A, B, D et K. Le foie est un laboratoire prodigieux qui traite tout ce qu'une personne ingère. Parmi ses multiples fonctions, le foie exporte, fabrique et transforme.

Pratiquement tout ce qui est digéré et qui pénètre dans la circulation sanguine – les nutriments, les médicaments et les substances toxiques – passe par le foie, qui les transforme en éléments pouvant être éliminés de l'organisme par la bile ou l'urine. Toutefois, ce processus de transformation chimique peut résulter en la formation de produits instables qui peuvent causer une hépatite.

Principaux types d'hépatites

  • Hépatite A. La moins grave des hépatites virales, elle se transmet par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés par le virus de l'hépatite A. Le virus peut être émis dans les selles d'un malade et atteindre indirectement la nourriture, l'eau ou les mains d'une autre personne. Il peut également être transmis par des fruits de mer récoltés dans des zones où se déversent des eaux d'égout non traitées. Habituellement, le corps combat lui-même le virus en quelques semaines, et reste immunisé à vie. Ce type d'hépatite est étroitement relié aux conditions socio-économiques et à l'hygiène.
  • Hépatite B. Il s'agit du type d'hépatite le plus fréquent dans le monde. Le virus de l'hépatite B se transmet par le sang et les produits sanguins, et aussi par le sperme. La contamination s'opère surtout par les contacts sexuels et par l'échange de seringues contaminées. Le virus peut également se transmettre de la mère à l'enfant durant l'accouchement. L'organisme est apte à éliminer le virus de l'hépatite B. Une infection chronique survient dans seulement 5 % des cas.
  • Hépatite C. L'hépatite C constitue la forme d'hépatite virale la plus dangereuse, car le virus de l'hépatite C a la particularité d'être très résistant. Il se transmet par le contact avec du sang contaminé (surtout avec les aiguilles contaminées – tatouage, injection de drogues) et par des rapports sexuels non protégés avec des personnes infectées. Jusqu'à 80 % des hépatites C aiguës évoluent vers la chronicité.
  • Hépatite toxique. L'inflammation dans le foie est dans ce cas causée par des produits chimiques inhalés ou ingérés. L'exposition répétée à certains produits toxiques dans le cadre du travail ou encore l'usage fréquent de certains médicaments toxiques pour le foie peut entraîner une hépatite.

Complications

Une hépatite non diagnostiquée à temps ou mal soignée est susceptible de mener peu à peu à des complications très sérieuses.

  • Hépatite fulminante. Cette forme de complication très rare entraîne une mortalité à brève échéance dans 25 % des cas en moyenne, et 70 % à 80 % des cas concernent l'hépatite B en particulier. On observe alors une nécrose massive du foie. Seule une transplantation du foie effectuée d'urgence permettra d'éviter le pire.
  • Hépatite chronique. Une hépatite est dite chronique si elle est encore présente plus de six mois après la phase aiguë. Cette complication est la plus fréquente. Dans 75 % des cas, elle survient en conséquence d'une hépatite B ou C. Dans la plupart des cas, une hépatite chronique traitée adéquatement se guérit en un à trois ans.
  • Cirrhose. Environ 20 % à 25 % de toutes les hépatites chroniques évoluent vers la cirrhose si le traitement n'agit pas pleinement ou s'il n'est pas respecté. L'état cirrhotique correspond à une multiplication excessive des cicatrices qui se sont formées à la suite des agressions répétées contre le foie (toxiques, virales, etc.). Ces « barrières fibreuses » finissent par entraver la libre circulation du sang dans l'organe.
  • Cancer du foie. La complication ultime d'une cirrhose. Précisons cependant qu'un cancer du foie peut aussi résulter d'une cause extra-hépatique ou tout simplement être secondaire à un cancer localisé dans un autre organe. Les hépatites B et C ainsi que l'hépatite toxique causée par l'alcool sont les plus susceptibles d'évoluer vers le cancer.

Symptômes

Les hépatites ne se manifestent pas forcément par les divers symptômes mentionnés plus bas. Dans bien des cas, la maladie demeure silencieuse pendant des années ou se manifeste simplement par un syndrome grippal. Elle risque alors d'avoir déjà causé des ravages parfois sérieux.

Symptômes typiques de l'hépatite aiguë

  • De la fièvre ou des sueurs en fin de journée.
  • La perte d'appétit et un amaigrissement.
  • La nausée.
  • Des douleurs abdominales (surtout à la partie droite de l'abdomen).
  • Une jaunisse, visible sur la peau et dans le blanc des yeux.
  • Une urine foncée (de la couleur du thé).

Symptômes de l'hépatite fulminante

  • Des hémorragies cutanées et un saignement de nez.
  • Une confusion mentale allant parfois jusqu'au coma.

N.B. En cas de cirrhose, on observe un gonflement du ventre.

Personnes à risque

Hépatite A

  • Les travailleurs à la manutention d'aliments ou de liquides susceptibles d'avoir été contaminés.
  • Les détenus des établissements correctionnels.
  • Le personnel des services d'urgence.
  • Les gardiens de zoo, les vétérinaires et les chercheurs qui travaillent avec des primates non humains.

N.B. La transmission par des contacts familiaux est plutôt rare.

Hépatite B

  • Les professionnels de la santé, appelés à manipuler fréquemment des seringues, des aiguilles, des objets coupants et des produits dérivés du sang ayant pu être contaminés.
  • Les nouveau-nés de mères infectées par le virus de l'hépatite B.
  • Les personnes qui reçoivent des traitements d'hémodialyse.

Hépatite C

  • Au Canada, les personnes qui ont reçu une transfusion de sang, de tissus ou d'organes avant 1990. Des tests de dépistage du virus de l'hépatite C dans les produits sanguins sont maintenant utilisés et réduisent les risques de contracter la maladie par transfusion sanguine à 1 sur 100 000.
  • Au Canada, les personnes ayant reçu des facteurs de coagulation sanguine (principalement des hémophiles) avant 1992.
  • Les personnes qui reçoivent des traitements d'hémodialyse.
  • Les professionnels de la santé qui manipulent fréquemment des seringues, des aiguilles, des objets coupants et des produits dérivés du sang ayant pu être contaminés.
  • Les nouveau-nés de mères infectées par le virus de l'hépatite C; le risque de transmission est d'environ 5 %.

Hépatite toxique

  • Les personnes exposées à des produits toxiques à leur travail.
  • Les personnes qui doivent prendre une médication toxique pour le foie pour soigner une autre maladie.

Facteurs de risque

L'importance des facteurs de risque varie d'une région à l'autre du globe. L'ordre d'importance présenté ici concerne les pays industrialisés.

Hépatite A

  • Voyager, travailler ou habiter dans certaines collectivités où les installations sanitaires sont inadéquates et où l'on ne dispose pas de source sûre pour l'approvisionnement en eau potable. Sont particulièrement à risque les régions suivantes : le Mexique, l'Amérique centrale, l'Amérique du Sud, plusieurs zones des Caraïbes, l'Asie (sauf le Japon), l'Europe de l'Est, le Moyen-Orient, l'Afrique et certaines zones rurales ou éloignées en Amérique du Nord.
  • Utiliser des drogues par injection. Même s'il est peu fréquent que l'hépatite A se transmette par le sang, on a observé des débuts d'épidémie chez ceux qui s'injectaient des drogues.
  • Avoir des pratiques sexuelles comportant des contacts anaux, un autre moyen de transmission du virus (en particulier entre les hommes).

N.B. La transmission par le sang est très rare.

Hépatite B

  • Avoir des rapports sexuels non protégés avec une personne infectée par le virus de l'hépatite B, et avoir plusieurs partenaires sexuels. Le risque de transmission augmente chez les porteurs du VIH et chez les personnes souffrant d'une autre infection transmise sexuellement.
  • Échanger des seringues ou d'autres objets associés à l'injection de drogues. Il existe aussi un risque lié au partage des pailles durant les inhalations de cocaïne, du fait d'éventuelles altérations des muqueuses du nez.

Hépatite C

  • Échanger des seringues ou d'autres objets associés à l'injection de drogues. Il existe aussi un risque lié au partage des pailles durant les inhalations de cocaïne, du fait d'éventuelles altérations des muqueuses du nez.
  • Se faire tatouer ou percer la peau avec des outils non stérilisés.
  • Avoir des rapports sexuels non protégés avec une personne infectée par le virus de l'hépatite C. Le risque de transmission augmente chez les porteurs du VIH et chez les personnes souffrant d'une autre infection transmise sexuellement.
  • Recevoir un traitement d'acupuncture avec des aiguilles réutilisables non stérilisées ou mal stérilisées. Assurez-vous que votre acupuncteur utilise des aiguilles jetables ou qu'il stérilise ses aiguilles avec une méthode approuvée.

Pourquoi prévenir?

Le foie est un organe d’une grande importance. Les personnes à risque d’hépatite virale ou toxique devraient veiller particulièrement à se prémunir contre la maladie. Pour ce faire, il existe plusieurs moyens, décrits ci-dessous.

En prévenant votre risque de contracter une hépatite virale ou toxique, vous réduisez de beaucoup vos chances d’en subir les conséquences fort néfastes - et parfois irréversibles - sur votre santé, et potentiellement sur celle de vos proches (en cas d’hépatite virale transmissible).

Mesures de dépistage des hépatites virales

Hépatite A

  • Aucun test de dépistage n’est suggéré.

Hépatite B

  • Un test de dépistage du virus de l’hépatite B est proposé à toutes les femmes enceintes dès leur première consultation prénatale. Au plus tard, ce test sera fait durant l’accouchement. L’infection peut être mortelle chez les femmes enceintes et chez les bébés dont la mère est infectée.
  • Les personnes à haut risque sont invitées à passer un test de dépistage puisque la maladie peut demeurer silencieuse pendant quelques années.

Hépatite C

  • Les personnes à haut risque sont invitées à passer un test de dépistage puisque la maladie peut demeurer silencieuse pendant quelques années.
  • Le test de dépistage est recommandé à toutes les personnes infectées par le VIH. La co-infection accroît significativement le risque de décès.

Mesures préventives de base pour éviter de contracter ou de transmettre un virus de l’hépatite

Hépatite A

En tout temps

  • Achetez vos fruits de mer chez un marchand fiable et nettoyez-les bien si vous désirez les manger crus.
  • Mangez les fruits de mer crus seulement dans les restaurants dont vous ne doutez pas de l’hygiène. Méfiez-vous également de la consommation de moules et d’autres produits marins trouvés sur les bords de mer.

Mesures d’hygiène en voyage dans les régions où l’infection au virus de l’hépatite A est répandue

  • Ne buvez jamais l'eau du robinet (et ne l’utilisez pas non plus pour vous brosser les dents). Choisissez plutôt de l’eau en bouteille qui sera décapsulée devant vous. À défaut, stérilisez l'eau du robinet en la faisant bouillir pendant trois à cinq minutes. N’ajoutez jamais de glaçons à vos boissons, à moins qu'ils n'aient été préparés avec une eau minérale provenant d'une bouteille encapsulée. Évitez également les boissons gazeuses et les bières produites localement en zone d'endémie.
  • Éliminez de votre alimentation tous les aliments crus, même lavés, étant donné que l'eau de lavage risque d'être elle-même contaminée : les fruits et les légumes non cuits (sauf ceux ayant une pelure), les salades vertes, les viandes et les poissons crus, les fruits de mer et les autres crustacés crus. Et ce, d'autant plus que, dans les régions à risque, ces aliments peuvent être aussi infectés par d'autres germes pathogènes.
  • En cas de blessure accidentelle, ne nettoyez jamais votre plaie avec l'eau du robinet. Employez uniquement un désinfectant.
  • Utilisez systématiquement les préservatifs au cours de vos rapports sexuels. Il vaut mieux apporter avec soi des préservatifs en raison de la piètre qualité de ceux qu'on retrouve habituellement dans les régions à risque.

Mesures d'hygiène avec une personne infectée ou si vous êtes vous-même infecté

  • Lavez-vous toujours les mains après la défécation, avant de manipuler des aliments et avant de manger pour éviter toute contagion possible.

Immunisation

  • Le Conseil consultatif national de l’immunisation recommande la vaccination pour toutes les personnes à haut risque. Au Canada, il existe quatre vaccins contre le virus de l’hépatite A (Havrix® Vaqta®, Avaxim® et Epaxal Berna®) et deux vaccins combinés contre l’hépatite A et B. L’immunité est acquise environ quatre semaines après la vaccination, et persiste environ un an après la première dose (l’efficacité du vaccin s’allonge si vous recevez les doses de rappel).
  • Lorsqu’une immunisation rapide (en moins de quatre semaines) et de courte durée est requise, des immunoglobulines peuvent être administrées. Elles peuvent être données dans les deux semaines suivant l’exposition au virus, et leur taux d’efficacité est de 80 % à 90 %. Les immunoglobulines sont surtout utilisées chez les nourrissons et chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

Hépatite B

En tout temps

  • Utilisez des préservatifs au cours de relations sexuelles avec de nouveaux partenaires.
  • Évitez les drogues injectables.
  • Restez vigilant face à tout risque de contact avec du sang contaminé. Mieux vaut porter des gants quand vous entrez en contact avec du sang, qu'il s'agisse ou non d'une personne infectée. Cette précaution vaut tout particulièrement pour le personnel soignant. Méfiez-vous aussi du simple échange de rasoir ou de brosse à dents.
  • Si vous êtes infectés par le virus de l’hépatite B, ne faites pas de don de sang, d’organe, de tissu ou de sperme.

Immunisation

  • La vaccination systématique des enfants (9-10 ans) est désormais recommandée, de même pour les personnes à risque qui ne seraient pas vaccinées. Deux vaccins sont homologués au Canada : Recombivax HB® et Engerix-B®. Ces vaccins peuvent être administrés sans danger aux femmes enceintes et à celles qui allaitent.
  • L’injection d'immunoglobuline anti-hépatite B est recommandée à quiconque est récemment entré en contact (sept jours ou moins) avec du sang ou des liquides organiques infectés. Dans le cas des nouveau-nés dont la mère est porteuse du virus, l’administration d’immunoglobulines est recommandée tout de suite après la naissance.

Hépatite C

En tout temps

  • Utilisez systématiquement un préservatif au cours de relations sexuelles avec un nouveau partenaire, et tant que la relation n’est pas de longue durée.
  • Restez vigilant face à tout risque de contact avec du sang contaminé. Mieux vaut porter des gants quand vous entrez en contact avec du sang, qu'il s'agisse ou non d'une personne infectée. Cette précaution vaut tout particulièrement pour le personnel soignant. Méfiez-vous aussi du simple échange de rasoir ou de brosse à dents avec des inconnus.
  • Si vous vous faites tatouer ou « percer », assurez-vous que le personnel utilise du matériel bien stérilisé ou jetable.
  • Si vous êtes infectés par le virus de l’hépatite C, ne faites pas de don de sang, d’organe, de tissu ou de sperme.

Mesures d'hygiène avec une personne infectée ou si vous êtes vous-même infecté

  • Tout objet souillé de sang (serviette hygiénique, aiguille, fil dentaire, pansements, etc.) doit être mis dans un contenant résistant qui sera jeté et mis hors de la portée de tous.
  • Tout matériel de toilette (rasoir, brosse à dents, etc.) doit être strictement réservé à son propriétaire.

N.B. Il n'y a aucun risque de contamination dans les cas suivants : un simple toucher (à condition qu'il n'y ait aucun contact avec une plaie), la toux et des éternuements, un baiser, la sueur, la manipulation d'objets courants (vaisselle, etc.).

Immunisation

  • Il n'existe pas encore de vaccin contre le virus de l'hépatite C.

Par www.passeportsante.net Bonne journée, Marie Claude

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