Magazine Culture

Pieds nus dans le jardin, Cécile Beauvoir

Par Antigone

piedsnusdanslejardinDes textes courts, une ambiance...
parfois un extrait sait mieux parler d'un livre qu'un trop long discours... Donc, aujourd'hui, sur ce recueil-ci, juste un extrait...

"C'est comme ça

Colère, ma vieille amie. Te revoilà, ce matin. Dans le froid et le soleil. Je ne t'attendais pas. Il a suffi d'un coup de téléphone. Il a suffi d'une voix. Colère, ma vieille amie. Je te croyais partie, pour de bon. C'est comme ça, parfois, on croit que c'en est fini. Ça ne l'est pas. Ça revient, moins fort, mais ça revient. Ce matin il fait beau. Après toute cette pluie, tout ce froid enfin il fait soleil. Je ne m'y attendais pas. Un ciel sans nuage. C'est comme ça, parfois, on croit que c'est fini. Ça revient. Et c'est encore plus fort. Ce soleil sur ma peau, sous la véranda du café au jardin. Je ne m'y attendais pas. La vie, quoi. La colère, puis le soleil. Après l'hiver, le printemps. C'est un tableau, il est dans ma chambre. C'est un cadeau que l'on m'a fait. Je ne m'y attendais pas ; c'est comme ça, la vie, les cadeaux, quand on croit que tout est fini. Quand on croit qu'il n'y aura plus rien, jamais. C'est comme ça. C'est la vie, on dit. On dit beaucoup de choses quand on ne sait pas. On dit, c'est toi, te revoilà, toi derrière la porte, ton sourire, ta contrebasse. Je ne m'y attendais pas. Tu sais, ce matin, j'ai reçu un coup fil de qui tu sais et ça m'a mise en colère. Et pourtant je croyais que c'était fini. Que ça ne ferait plus mal, maintenant. Et maintenant, c'est toi qui sonnes à ma porte, ta barbe ta contrebasse, et ton sourire. Un jour sans un nuage au ciel. Un jour de froid. Je ne m'y attendais pas. Je croyais que c'était fini, nous deux. Pour de bon. Pourtant, j'en ai écrit des pages. Pour que tu t'éloignes. Pour que tout soit fini, pour de bon. Je suis partie dans le froid dans le silence pour écrire. Point final. Et te voilà qui sonne à ma porte ta barbe ta contrebasse, et ton sourire. Tu dis c'est comme ça, la vie. Hier demain aujourd'hui. Qu'importe. Tu n'es plus le toi d'avant et je ne suis plus le mois d'avant. Tu n'as jamais été autant toi et je n'ai jamais été autant moi. C'est comme ça. C'est la vie, tu dis. Toujours quand on ne s'y attend pas. Quand on n'attend plus. C'est comme ça, c'est la vie. Et c'est simple, tu dis. C'est simple. Vois, les gens dansent dans le parc et les crocus seront bientôt en fleurs. Bientôt toi et moi dans la cuisine d'une maison. Un jardin. Des fleurs. Vois comme c'est simple, la vie, au fond. C'est comme ça. Toujours quand on ne s'y attend pas."

bouton3
Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 86853 494 1 - 15€ - 09/07


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Antigone 5421 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines