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Sukiyaki Western Django

Par Bebealien

Tout le monde connaît les westerns spaghettis, ces westerns italiens reprenant les codes US en y rajoutant un second degré très européen. Certains connaissent Takeshi Miike, l’homme aux 1001 films, qui tourne plus vite que son ombre avec des budgets ridicules. Son œuvre la plus connue en France doit être Audition, film d’horreur au finish grand guignolesque. Mais Miike ne s’est pas cantonné à l’horreur. Il a tourné du polar, de l’expérimental, du film de super héros… bref un peu tout et n’importe quoi. Et Sukiyaki Western Django ne déroge pas à la règle…

Sukiyaki Western Django – Un wester avec des colts et des katanas.

Un mystérieux cow boy arrive dans une petite ville minière perdue. Celle-ci est contrôlée par deux clans, les blancs et les rouges, qui se livrent une guerre sans merci pour trouver et prendre le contrôle d’un trésor caché. Devant les talents de tireur du mystérieux cow boys, les deux camps vont maintenant s’affronter pour qu’il les rejoigne. Mais rien n’est aussi simple…

Une jolie affiche qui renvoie bien aux codes italiens du genre

A l’origine, Django est un film de Sergio Corbucci avec Franco « Blue Eyes » Nero. Un western de 1966 resté culte aujourd’hui à cause de son personnage principal trimballant un cercueil mystérieux derrière lui. Dans celui-ci une arme redoutable qu’il utilisera pour faire un carnage à la fin du film. Takeshi Miike en fait ici une relecture sans toutefois être un vrai remake.

De la trame de base, il conserve ces deux camps se faisant la guerre, avec un étranger qui débarque soudainement et brouille les cartes. Il garde aussi quelques gimmicks dont la fameuse arme secrète. Pour le reste, c’est comme d’hab avec Miike, à savoir du grand nawak. A commencer par un personnage de narrateur, confié à un Quentin Tarantino qui en fait des tonnes. Mais également avec des bastons entre un katana et un colt, des dialogues crétins déclamés n’importe comment, un scénario parfois dur à suivre…

Tarantino, alias Ringo le narrateur.

Mais par rapport à certains de ses autres films, comme au hasard Visitor Q, Miike reste très calme, très sage. A tel point que c’est étonnant. Il se rattrape heureusement en mettant de bonne grosses rasades de cet humour japonais si nonsensique et bien lourd. Mais reste la question essentielle : Sukiyaki Western Django est il un bon film ? Et au-delà de çà, est-ce que le concept de tourner un western avec des japonais apporte quelque chose de neuf à un genre moribond ?

Le chef des blancs et ses hommes

Dur à dire. Pour un film « classique », Sukiyaki Western Django est sans doute le meilleur Miike jusqu’ici. Le film est un peu long mais se laisse regarder sans déplaisir. Le seul problème est que… c’est un film de Miike justement. Et quand pépère est aux commandes, on s’attend à de gros débordements gore, à du transgressif à tous les étages, du barré de chez barré, bref à un film qui parte partout sauf là où on s’attend qu’il aille.

Le mystérieux cowboy vient d’arriver en ville…

Alors forcément, en prenant peu de risques, le film déçoit. Reste que les westerns sont rares aujourd’hui, et que les films originaux aussi. Le film de Miike reste donc rafraichissant, mais franchement, il aurait pu faire beaucoup mais alors beaucoup mieux… Sukiyaki Western Django vient de sortir en DVD.


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