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Three Times : Meilleurs Moments

Publié le 14 décembre 2008 par Diana
Hou Hsiao-hsien revisite avec Three Times (2005) des univers qu’il a connus et déjà transposés sur grand écran. Il compose son film de trois parties distinctes. Des époques différentes pour une même toile de fond : l’Amour. Un même couple d’acteurs – Shu Qi et Chang Chen – superbes. HHH signe un chef-d’œuvre captivant emprunt de sensualité et de sentiments fusionnels. Il impose son style qu’on lui connaît (des plans-séquences qui nous plongent dans un merveilleux rêve éveillé), un style qu’il varie selon les Temps qu’il conte.
1966 : Le Temps des Amours
Chen tombe amoureux de May lors de leur première rencontre dans une salle de billard. Elle y travaille, lui doit partir faire son service militaire. Un temps passe. Lorsque Chen cherche à la revoir lors d’une permission, il apprend que May a quitté son travail. De la ville de Kaohsiung à la ville de Huwei en passant par Jiayi, Chen part à la recherche de May.
1911 : Le Temps de la Liberté
Sous l’occupation japonaise, à Dadaocheng, une jeune courtisane éprise d’un jeune journaliste espère se libérer de sa condition en l’épousant. Mais l’engagement dans la lutte pour l’indépendance de ce dernier l’éloigne d’elle.
2005 : Le Temps de la Jeunesse
Taipei, une jeune chanteuse épileptique et solitaire, Jing est tourmentée entre les sentiments qu’elle éprouve pour sa petite amie et ceux qu’elle ressent pour un jeune photographe qu’elle vient de rencontrer.
Le premier Moment, est le plus autobiographique de HHH c’est celui de l’âge de l’innocence à celui des désillusions. Les relations tendues entre la Chine et Taiwan sur l’enjeu géopolitique de la Guerre Froide. Les souvenirs de son auteur dans l’ambiance des salles de billards qui voient une histoire d’amour naître entre deux jeunes gens aux premiers regards. Une histoire touchante et passionnante tant on parvient à ressentir les sentiments de ces deux personnages qu’ils communiquent par la gestuelle. La caméra reste fixe ou presque. On parle peu. La magie opère.
Le deuxième Moment est un surprenant film muet. Ici, HHH accompagne les images par une musique off, les répliques s’inscrivent en intertitres. Le titre fait référence à la liberté qui n’est pas celle de la courtisane mais celle de la Chine vis-à-vis du Japon et des conflits qui les abîment. La politique toujours et l’amour presque impossible d’une courtisane prisonnière d’une maison close. Un huit clos où l’histoire d’amour tragique se meurt pour celle de l’engagement politique.
Le troisième Moment s’inscrit en ce début un vingt et unième siècle et le chaos d’une capitale, d’un urbanisme à outrance. Une ville bruyante, grise et impersonnelle où une jeunesse pessimiste se perd dans l’ivresse d’une sexualité débridée. Tout va trop vite comme les moyens de communication (sms, mails), les vies sont éphémères comme les relations amoureuses. Une jeunesse qui vit comme s’il n’y avait de lendemain. Ici, l’amour file, se consomme, se consume dans une ambiance désenchantée.
Les trois Temps qui composent donc Three Times flirtent les uns aux autres en racontant les moments clés de l’histoire d’un pays, Taiwan et ceux d’histoires d’amours. Admirablement mis en scène, Three Times est un chef-d’oeuvre cinématographique à consommer sans modération.
I.D.

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