
Jean Baptiste Akim Calistru
La Lande
Galerie Kamel Mennour
Jusqu’au 30 Décembre 2008
C’est dans le Tube (l’espace expérimental) de la galerie Kamel Mennour que Jean Baptiste Akim Calistru, sur l’invitation de Djamel Tatah (qui expose ses nouveaux tableaux au dessus), nous propose la Lande.
C’est en 2006 que le jeune artiste décide de partir vivre dans une maison situé dans un lieu dit au nord-ouest de la France, un lieu dit nommé la Lande. « Ce mot désigne toute espèce de terre inculte. » Désormais cette maison est son atelier, il s’installe, se l’accapare.

A la galerie Kamel Mennour, des objets bricolés sont présentés, des objets de toutes sortes bricolés par l’artiste. Par exemple, il ya ces bâtons dessinés, certains sont dans un coin, un autre dans une boîte - étui ouverte au regard du visiteur. « Tu bas la campagne. Dans ta poche, tu as un couteau et un stylo bille. Tu coupes un bout de bois, du bouleau. Tu le pèles pour en faire un bâton. Tu dessines dessus le paysage qui t’entoure. »
Le jeune artiste nous invite alors dans son territoire, celui qu’il s’est créé dans ce lieu dit. Une invitation dans un autre lieu. L’artiste arrive alors à re-territorialiser l’ensemble de ces bricoles dans ce petit espace mis à sa disposition, nous donnant à voir son monde qu’il s’est créé comme l’animal. C’est bien là la grande prouesse de Jean Baptiste Akim Calistru qui arrive à transporter dans un ailleurs, dans un modeste lieu dit. Il crée alors un lieu, son lieu, où tout est possible, où les pièces se transforment en étoiles, où les billets sont dessinés pour voyager, où les animaux retrouvés morts sont enterrés soigneusement.

« Un jour, je disparaîtrai. Je prendrai une autre identité. Je vivrai ailleurs, une vie neuve parmi les gens nouveaux. J’irai cueillir des fleurs pour les offrir à tous ceux qui ne disparaissent jamais. Je serais fleuriste de métier. »
Le temps de l’exposition on regarde le monde autrement, avec de nouveaux yeux, on devient de nouveaux gens. Et c’est bien cela aussi le propre de l’art, c’est de rendre visible la face invisible du monde. Rendre visible un nulle part (bien matériel chez Jean Baptiste Akim Calistru), donner à voir une utopie.
Les citations sont extraites d’écrits de Jean Baptiste Akim Calistru publié dans un joli petit livre du même nom que l’exposition édité par les Beaux arts de Paris





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