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Parc

Par Rob Gordon

Qu'attendre d'un film avec une telle affiche et deux personnages principaux nommés Marteau et Clou, le premier ne rêvant que de crucifier le second ? Un tour de force à la Beckett ou une oeuvre ployant sous un symbolisme de pacotille. Parc offre pourtant une troisième alternative en s'affranchissant rapidement d'un dispositif tout droit voué à l'échec. Et Arnaud des Pallières (Drancy avenir, Adieu) de livrer un curieux thriller psychologique sans thriller, où tout est sujet à interprétation et dont il est difficile de tirer la moindre conclusion.
Pourtant, tout commence (presque) normalement. Présence de Sergi Lopez oblige, le début de Parc ressemble à du Dominik Moll, quelque part entre Harry... et Lemming. Petites bizarreries et malaise inexplicable sont de mise, bien relayées par une interprétation sans faille. Rapidement, l'ensemble semble piétiner, comme si le metteur en scène prenait plaisir à étirer encore et encore l'exposition de ses personnages afin de créer la frustration. Il faut un certain courage pour franchir le cap de la première heure ; courage qui sera en quelque sorte récompensé par la suite, qui n'offre aucune clé mais crée une tension palpable à partir de rien.
Des Pallières refuse de plonger dans le thriller, mais on retient quand même son souffle : ce cinéma fait de symboles et de métaphores plus ou moins explicites a ceci de fascinant qu'il est totalement imprévisible, comme un Lynch version réaliste. Une impression à double tranchant, puisque cela peut également faire naître un total désintérêt face à ce qui se passe à l'écran. D'autant que le message semble quant à lui plus confus qu'énigmatique. Mais si le fond a de quoi laisser perplexe, la forme fait baver d'admiration. On est en présence d'un véritable cinéaste, qui sait faire des plans et créer des ambiances toujours plus singulières. Chez des Pallières, même le sexe est différent, excitant et trouble à la fois. Avec des intentions mieux définies et moins visibles, il devrait à l'avenir proposer des oeuvres plus abouties que ce film intéressant mais n'allant nulle part.

5/10
(également publié sur Écran Large)

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