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Mais o?? sont les histoires

Publié le 14 janvier 2009 par Jérémy Dumont

J-F Lyotard  parlait souvent de notre si??cle comme de celui de la fin des grands r??cits, de leur ??clatement et de leur multiplicit??. Cette multiplicit?? a finit par cr??er un paysage fictionnel assourdissant.
Dans le bruit ambiant du flux des images les r??sonances entre une histoire et un public sont plus rares.

Rare mais pas disparu. Il suffit de voir l???int??r??t d???une tranche de spectateur pourtant rompu aux mod??les d???histoires hollywoodiennes pour une s??rie comme 24 heures chrono et pour son h??ros Jack Bauer.
Ce qui frappe au premier abord dans 24 heures c???est l???association du nom de la s??rie avec le nom de son personnage principale.
Essayez de vos rappeler le nom du h??ros des Die Hard???pas de l???acteur???le nom du personnage.
L???attention port??e ?? la construction du personnage, au m??me titre que le minutage et le r??glage de l???action sont tout ?? fait r??v??lateur des pr??occupations des sc??naristes.
Ici l???on a cr???? un ??tre v??ritable, un ??tre en relief.
Des ??l??ments de son pass??, de son caract??re, ses go??ts ponctuent l???histoire et paraissent faire rebondir l???action. Jack Bauer entra??ne l???action, la modifie, il n???est pas une figurine a qui des aventures arrivent.
Plus nous connaissons bien un personnage, plus il a de volume,  plus l???identification est possible et plus son histoire nous concerne.
L???autre aspect important dans la r??ussite de cette s??rie se trouve dans la qualit?? de son contexte.
Dans 24 heures les faits, l???intrigue et l???action collent parfaitement avec la r??alit?? de la soci??t?? am??ricaine actuelle : terrorisme international, menace d???attentat, patriotisme.
L?? encore le contexte est ??toff??, document??, tr??s inscrit dans une actualit??.
Jack Bauer n???est pas membre d???une agence fictive du type ?? agence tout risque?? mais un ancien membre du SWAT et de la CIA, toutes deux biens r??els.
Pour l???anecdote la tr??s s??rieuse Georgetown University Law School envisage d???utiliser des ??pisodes de 24 heures pour parfaire la formation de leur ??tudiant et illustrer des cas juridiques pr??cis comme l???int??r??t national, la l??gitime d??fense et toutes sortes de questions juridiques nationales et internationales en mati??re de contre-terrorisme.

Si l???on regarde maintenant du cot?? du cin??ma on observe ces derni??res ann??es un go??t prononc?? pour les biopics : La M??me, Coluche, Sagan, bient??t Coco Chanel, Gainsbourg.
Convoquer une figure populaire a toujours ??tait un moyen sur pour fabriquer une notori??t?? mais au-del?? de ce proc??d?? le go??t des spectateurs semble ??tre motiv?? par la valeur d???authenticit?? de ces personnages.
La recherche de quelque chose de plus vrai, comme si ces personnages apportaient avec eux, leur v??cu.
La v??racit?? voil?? ce qui donne forme, parce que ce personnage existe pleinement, enti??rement, vraiment.


Relief    V??racit??   contexte   Authenticit??

Ou sont pass?? les histoires ? Ou plut??t qu???est ce qui a disparut dans les histoires d???aujourd???hui pour que si peu d???entre elles ??mergent.

Passons cette analyse sur les personnages et revenons a une autre facette troublante
de cette s??rie.
Dans une soci??t?? de l???imm??diatet??, de la rapidit?? o?? gagner du temps est un des paradigmes de la modernit?? le temps pour suivre une histoire serait lui aussi soumis au r??gne de la rapidit??. Les Formats audiovisuel ont r??guli??rement r??duit leur dur??e de 52??? ?? 26??? de 26??? a des ?? pastilles ?? ou ?? des vignettes ?? de 3???
Hors il se trouve que lorsqu???on propose au public une ?? bonne histoire ?? il trouve tout le temps pour la regarder. Le public est priv??, a ses d??pends, et a tort de la dur??e. Pourtant combien de spectateurs se sont jet??s dans le visionnage fr??n??tique des ??pisodes de la s??rie, ?? la suite , en y consacrant 4 heures, 5 heures, une nuit.
Finalement avec une histoire de qualit?? le ?? regardeur ?? refait avec plaisir l???exp??rience de la dur??e, prend a nouveau du plaisir dans cette autre temporalit??, celle de l???histoire.


Slowtelling

Dans son excellent rapport de synth??se ?? le club des 13 ?? analyse m??thodiquement la situation du cin??ma fran??ais.
Il en ressort, entre autre chose que l?????criture du sc??nario a ??t?? consid??rablement minimis?? depuis 10 ans.
Que l???exigence d?????criture s???est trouv??e mise ?? mal par une s??rie de facteurs.
La puissance normative de cha??nes de t??l??vision a lentement ??rod?? l???audace imaginative de l?????criture.
Mais c???est surtout le facteur temps et ses cons??quences qui est mis en question.
Parce que le faible investissement par les producteurs dans cette partie du travail conduit les sc??naristes a concevoir des projets qui s?????crivent vite, trop vite.
Parce que le manque de temps des sc??naristes fragilise  l?????difice, la construction narrative, les fondations du r??cit l?? ou apparaissent les personnages, l???intrigue et plus important encore la production du sens.

Il faut du temps pour inventer un personnage, Il faut du temps pour ??tre inventif, pour d??passer les clich??s.
Il faut redonner du temps au spectateur, jouer avec la dur??e comme un ??l??ment positif et constitutif de l???histoire.
L???exp??rience de l???histoire est par essence une exp??rience du temps

Donnons du temps a l?????criture, donnons-nous le temps de l???imagination.


Ecrit par: Pierre Nicolas Combe
Post?? par: Morgane Craye
Publi?? sur: levidepoches/cr??ation
Pour plus d'information cliquez ci-apr??s pour lire le rapport d'innovation "le Storytelling" r??alis?? par les membres de courts circuits

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