Magazine Cinéma

Ride ranger ride

Par Tepepa

1936
Joseph Kane

Avec:
Gene Autry, Smiley Burnette
Gene Autry fut le premier des cowboys chantants. Il eut un succès considérable dans les années 30 et 40, non seulement en tant qu’acteur (93 films environ), mais aussi en tant que musicien (il a vendu environ 100 millions de disques au cours de sa carrière avec plus d’une douzaine de disques d’or et de platine). Dans ses westerns, il jouait sous son propre nom, il personnalisait la droiture, le courage, le patriotisme etc., et son succès fut tel qu’il dut écrire un code du cowboy pour montrer le droit chemin à tous ceux qui voulaient devenir comme lui. Il chevauchait toujours son fidèle cheval Champion, et était en général accompagné du sidekick comique Smiley Burnette, lui aussi musicien au succès considérable.
Les bases étant posées, on peut regarder ce Ride Ranger R
ide avec l’œil curieux d’un p’tit frenchie des années 2000 sans trop se poser de questions sur le bien fondé d’une telle entreprise : qu’y comprendre, qu’en dire d’intelligent ? Rien sans doute, mais allons-y quand même. Gene Autry arrive dans un fort avec ses hommes, tous d’anciens Texas Rangers. Le commandant du fort est un doux rêveur utopiste qui voudrait signer un traité de paix avec les indiens. Le fol enfant ! Ne sait-il donc pas que les indiens sont fourbes ? Gene Autry et son scout Rufe Jones (Max Terhune) font tout ce qu’ils peuvent pour éclairer la lanterne de ce pacifiste illuminé, en déjouant le coup du miroir des indiens comme signal d’attaque (« si un indien a un miroir, ce n’est pas pour s’admirer dedans ») et en mettant en garde les tuniques bleues à l’aide de phrases toutes faites de Rufe Jones (« faites votre signe de paix d’une main et gardez un fusil dans l’autre », « si vous voyez des indiens, méfiez vous, si vous n’en voyez pas, méfiez vous davantage ! », « Je ne tire que quand je vois des indiens colonel, c’est pour ça que je suis en bonne santé » et la plus surréaliste à notre époque « there ain’t no such thing [as a good indian] »), mais rien n’y fait, Autry est expulsé du fort avec ses hommes sans avoir pu dénicher le traître qui y officie. Mais il reviendra, en tant que Texas Ranger, après être passé par la case prison, pour prêter main forte aux tuniques bleues perdues dans leur délire idéaliste et rétablir enfin la paix dans la région (les indiens ayant tous été exterminés, ouf).
Je faisais remarquer quelque part que les westerns où les indiens sont traités comme de la racaille à karcheriser sont finalement plus rares qu’on ne le pense, et bien en voilà un où non seulement ils sont tout juste bons à créer des problèmes, mais en plus ils sont patauds, à peine menaçants et s’expriment en langage des signes primaire. On a beau se dir
e que c’était dans l’air du temps, qu’on ne peut pas juger ce film avec notre regard du XXIe siècle, la pilule a quand même du mal à passer.
A part ça, Gene Autry chante deux chansons avec les Tennessee Rumblers. La première (Ride, ranger ride) est un hymne glorieux pas terrible, mais comme il est répété trois fois, il vous rentre dans la tête. La deuxième (On the Sunset Trail) est une ritournelle assez plaisante pour séduire la femme. A la fin, Gene ne se gêne pas (ha ha) pour get the girl, mais c’est suggéré. Max Terhune lui, fait des bruitages, des tours de cartes et fait éternuer tout le monde à chaque fois qu’il se met un peu de poudre dans le nez (running gag). Quant à Smiley Burnette, il passe les 55 minutes du film à se faire courser par un indien qui veut le scalper. On ne dirait pas comme ça, mais c’est aussi u
n running gag assez incroyable. Le pauvre type risque son scalp, et tout le monde se marre, et on est censé se marrer aussi. Lors d’une course de chevaux au début du film, le soldat du fort qui commente la course du haut de sa tourelle commente même les deux courses en parallèle : la vraie avec Gene Autry qui participe à la course, et la fausse, « drôle », de l’indien qui veut prendre le scalp du pauvre Smiley. C’était le petit plus « délire non sensique » de ce film, par ailleurs servi par des moyens assez conséquents (la bataille finale avec les chariots) mais finalement sans grand intérêt.
Où le voir: en VO sans sous-titres: http://www.oldcinemovies.fr/ride_ranger_ride__1936__525.htm
Smiley Burnette et Max Terhune

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