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Figaro et Vaclav Klaus

Publié le 20 janvier 2009 par Alexis Vintray @alexisvintray
Le pastiche du Figaro que Jalons avait fait s'appelait fort à propos Figagaro. La situation ne s'est pas améliorée entre temps et le journaliste Maurin Picard de nous le prouver plutôt deux fois qu'une avec un article (ou plutôt une tribune à charge) sur le président tchèque Václav Klaus.
Dès le titre, le ton est donné, le nom est écorché, preuve s'il en est de la connaissance du sujet par le "journaliste". Le á signifie en l'occurrence que la voyelle est accentuée et correspond en phonétique à /aː/. Mais gageons que Maurin Picard ne se formaliserait pas si on l'appellait Morin Picart...
Le reste de l'article est à l'avenant mais lister les approximations, erreurs et présentations mensongères serait trop long. Passons directement au plus intéressant et révélateur des méthodes dudit journaliste. Pour discréditer Klaus, il ne trouve rien de mieux que citer... la police secrète communiste dans les années 1980. Autant citer la Gestapo pour discréditer les opposants au nazisme.
Pour ne citer qu'une des erreurs suivantes de l'auteur, mentionnons simplement le chapeau de l'article:
Vaclav Klaus, a juré de saboter les efforts du gouvernement de Mirek Topolanek
Oublierait-il que Topolánek (encore une autre erreur d'écriture monsieur Piquar), lorsqu'il a annoncé le slogan polémique de la présidence tchèque de l'Europe (Evropě to osladíme), a reconnu le caractère « volontairement provocateur » de ce slogan qui signifie "nous allons sucrer l'Europe". (Le jeu de mot est impossible à restituer ici mais on pourra lire l'article de Nathalie Frank sur la question ici.
Un seul point positif dans tous cela, Maurin Picard n'utilise pas le terme ultralibéral sauvage et dévoreur d'enfants. Probablement car là encore il ne connait pas les positions de Klaus... Précisions quelques points sur Klaus:
Economiste reconnu sous le régime totalitaire communiste, il réussit à étudier les auteurs non socialistes et s'oppose à l'idéologie du régime en se rapprochant de l'école autrichienne. Klaus de déclarer ainsi : « Hayek a eu sur moi une grande influence. Mais je pense que ce qui m’a le plus appris a été Human Action de Mises, et cela est resté vrai jusqu’à aujourd’hui ». Il est également membre de la Société du Mont-Pèlerin, une prestigieuse société de pensée libérale. Les mesures qu'il a mené cependant sont beaucoup moins libérales que ses écrits, là encore malgré les affirmations hâtives du "journaliste" du Figaro.
Enfin, s'il déclence tant de réactions enragées, c'est car il dit avec force que l'environnement ne doit pas servir de nouveau prétexte à la mise en danger des fondements des démocraties libérales actuelles. Point de vue qu'il a amplement développée et qu'il résume par « la menace communiste a été remplacée par celle d’un environnementalisme ambitieux ». Le réchauffement climatique, comme toute question scientifique ne doit pas être un dogme. En hurlant avec les loups qui voudraient faire taire toute voix dissidente, M. Picard rend un très mauvais service à l'environnement, que seul le progrès scientifique peut durablement aider, et à la liberté d'expression.
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