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USA : Un moment historique

Publié le 19 janvier 2009 par Gangoueus @lareus

Je ne suis pas américain. J’n'ai jamais mis les pieds dans ce pays. Mais, j’ai comme tout le monde énormément voyagé dans ce pays. Que ce soit à la guerre d’Indépendance avec Blek le Roc, j’ai suivi de près les péripéties de cette époque contre la puissance anglaise. Les premiers états, les premières exterminations des amérindiens, j’ai tout vu au cinoche ou à la télévision et j’étais de tout cœur avec John Wayne, John Fonda ou Yul Brinner dans leur western contre les affreux apaches, les sauvages sioux scalpeurs de femmes. D’ailleurs, quand il m’arrive de me restaurer dans un Buffalo Grill, je ne comprends pas toujours pourquoi il y a des indiens partout dans la décoration vu que Buffalo Bill leur fît la misère à une époque… Enfin Bill, Grill… Ca a du bon de tenir un blog, ça permet d’élucider des questions non résolues. J’ai donc vu la conquête de l’ouest, chez moi, légèrement en différé dans le petit écran, la loi de la jungle à la force du colt des cow-boys, le fameux Far West qui faisait suite à la guerre de Sécession, première grande guerre moderne. Je lus et je vis Thomas Sawyer, Huckleberry Finn et l’esclave Jim. J’ai également suivi la vie paisible dans la prairie de ces pionniers travailleurs, croyants de l'Amérique profonde si bien incarnés par les Ingalls. J’ai entendu parler du Ku Klux Klan, de la prohibition avec Al Capone, les Affranchis et les Incorruptibles, les luttes de clans entre irlandais et italiens. Rien ne m’a échappé de la grande crise de 1929 lors mon cours d’histoire au collège Nganga Edouard de Brazzaville. Je suis tombé adolescent sur des livres sur les Blacks Panthers, sans trop comprendre les enjeux de leur combat… J’ai écouté les morceaux de Jazz et de blues de mes parents, la folie funk de James Brown et dérivés qui allait conduire à la naissance de Zulu Nation et du Hip Hop, le rock and roll d’Elvis Presley qui avaient enflammé les soirées dansantes mon daron et de ma daronne… Et puis, il y a eu la guerre du VietNam, et sa série de longs métrages avec l'indestructible John Rambo, les Delta Force, Good Morning Viet Nam, Apocalypse now ou Platoon. Les viets jouaient les rôles d’horribles persécuteurs et les américains « acteurs » incarnant les forces du bien et procédaient au ménage à coup de Napalm…
Et puis, j’ai dù bosser mes mathématiques, ma thermodynamique, ma physique… Blackout total pendant mes années facs… jusqu’à ce qu’au hasard d’une séance ciné, un film d'un réalisateur référencé comme le fut à cette époque Jonathan Demme, je vis Beloved adapté de la romancière Toni Morrison. Un film bouleversant, hanté par ses personnages, ses fantômes, par – je le sus plus tard – l’univers de l'écrivaine nobelisée. En sortant, de cette salle, je me souvins que j’adorais la littérature. J’ai alors de nouveau replongé en Amérique à l’époque douloureuse de l’esclavage puis de la ségrégation raciale. Une page que j’avais partiellement entrevue avec Racines de Alex Haley et qui par le biais de la littérature me révélait une autre Amérique. Que ce soit Styron, Wright, Baldwin, Poe, Faulkner, Morrison, Himes et bien d’autres, je découvrais avec la folie de l’écriture, un pays où il ne faisait pas bon d’être noir ou indien. J’ai entrepris une nouvelle pérégrination par le documentaire par les films sur les ghettos de Spike Lee, de John Singleton ou des Van Peebles et des biens d’autres réalisateurs évoluant loin de la bienpensante machine à rêve d'Hollywood… oh, je succombe encore à ses sirènes.

L’Amérique, on a toujours eu envie de l’avoir avant qu’elle ne soit frappée en plein cœur le 11/09/2001. Les délires paranoïaques peut-être sensés découlant de cet acte militaire nous ont fait digérer l'unilatéralisme de l’administration Bush. Mais, même dans les rêves les plus fous, il était difficile d’imaginer, de concevoir quarante ans à peine à après l’assassinat Martin Luther King qui suivait celui de Malcolm X, 50 ans à peine après les textes de Richard Wright où le noir vivait comme une bête traquée dans un pays qu’il avait construit mais dont il ne faisait par partie prenante, 40 ans après les poings serrés des Carlos et Smith aux J.O. de Mexico, 45 ans après le magnifique et prophétique essai de James Baldwin… Il était difficile de concevoir disai-je, que la candidature à la présidence américaine de Barack Obama puisse avoir l’issue qu’elle a connue. Obama, fils d’un africain et d’une américaine, époux d’une descendante d’esclave. La portée symbolique et historique de la cérémonie d'investiture qui va avoir lieu dans quelques heures est à juger en fonction de ces données et de bien d’autres.

Le rêve américain est donc accessible à tous les américains. Quel message pour l’humanité ! Ce qui attend le 44ème président des Etats Unis est énorme, mais bon, c’est un autre sujet…
Bonne journée !

Photos Cris Stoddart


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LES COMMENTAIRES (1)

Par CLAS
posté le 24 mars à 15:48
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ces ecrits sont magnifiques, en lisant votre texte j'ai eu l'impression que nous avions grandit cote a cote tellement vos references, films,livres,documentaires, ont egalement jallonnes ma jeunesse. de ce reve americain qu holliwood nous sert enfant en passant par cette vision plus realiste de la souffrance d'etre noir sur cette terre de reve que des generations entieres ont vecu a cette magnifique lueur d'espoir qu'est de voir un metisse Africain/Americain diriger ce pays. merci

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