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L’Etat protecteur, le pouvoir d’achat et les syndicats

Publié le 18 février 2009 par Jlhuss

20071121thibaultelysee.1234900575.jpg C’est dans un climat morose que le Président de la République entreprend aujourd’hui d’essayer de convaincre du bien fondé de son plan et d’entraîner les partenaires sociaux dans des actions concertées.

L’exécutif n’a jamais été aussi bas dans les enquêtes d’opinion, et il faudrait pourtant rétablir la confiance.

Ce moral dans les chaussettes n’est pas spécifique à notre pays. La période est très délicate pour l’ensemble des exécutifs des grands pays occidentaux. Le sentiment que la crise n’a pas encore livré tous ses secrets, exprimée toute son ampleur, domine les opinions publiques. Les mesures mises en œuvre, dont le but essentiel est de redonner confiance, ne remplissent pas pour l’instant leur objectif, la suspicion est de règle.

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De tels sentiments ne peuvent qu’être qu’amplifiés par un spectacle sidérant : ceux qui, il y a encore quelques mois, chantaient les louanges du système libéral « auto-régulable », en font maintenant le grand procès, le porteur de tous les maux. Les mêmes qui hurlaient à la liberté en pourfendant les États destructeurs de progrès, réclament les soutiens, en appellent à la responsabilité collective, là ou il ne voyaient le salut que dans la suprématie de l’ambition individuelle. On peut prendre les gens pour des cons, mais avec des revirements si proches dans le temps … ça se voit.

Les difficultés américaines sont énormes, Obama se retrouve « dans le dur », le très dur même, mais sa campagne ayant commencée au début de la crise, les thèmes de sa propagande se trouvent en meilleur adéquation avec les réalités. Ils sont plus en phase que pour d’autres.

Au moment de la campagne présidentielle dans notre pays, la survenue d’une grave crise financière et économique n’était pas à l’ordre du jour. Certes certains criaient déjà au loup, mais n’étaient pas véritablement entendus : des Cassandre …  Sarkozy a donc bâti sa victoire sur le volontarisme, « le travailler plus pour gagner plus », la liberté d’entreprendre, le paradis aux conquérants etc.

Il est évident que l’enthousiasme d’un nouvel eldorado pour le gagnant  a du plomb dans l’aile. Mieux, ce sont finalement les vieilles structures de compensation sociale, les recettes sociales-démocrates, les protections jugées abusives et frénatrices,  qui sauvent un peu la mise des Français par rapport à d’autres pays moins socialisés. La doctrine de prise du pouvoir de Sarkozy, est ainsi en grande difficulté.

L’art de la politique ne devrait pas être celui d’avoir toujours raison. Il faudrait au contraire se féliciter d’un pragmatisme en prise sur le réel. Il faudrait ne pas se figer sur des slogans, savoir changer le cap. C’est la difficulté actuelle du Président.

On pourra toujours justifier le maintien des positions avec un message : nous devons tenir compte des menaces sur l’emploi, certes. Tout mettre en oeuvre pour limiter la casse est justifié. Mais ne revenons pas sur les réformes en cours, structurelles, afin d’être en position d’un bon redémarrage en fin de crise.

Si la priorité donnée à la sauvegarde des emplois ne semble pas contestable, la vision de l’avenir plus lointain ne se modifie pas en profondeur et pèche par manque d’imagination. Il n’est pas souhaitable de conserver une vision manichéenne du monde, de continuer à rêver d’une mondialisation débridée, d’une suprématie de l’échange sans frontières et de l’expansion sans fin des profits. Ce sont des utopies meurtrières.

Le problème du Président se situe à ce niveau : l’avenir ne sera pas celui qui était prévu dans les têtes d’avant crise. Que ce soit économiquement, socialement ou écologiquement l’avenir va se diriger pour longtemps, vers une plus grande autarcie des États, une autosuffisance recherchée, un reconquête des marchés intérieurs, avec les risques conflictuels inhérents. Préparer un avenir à l’image de celui de l’avant crise est illusoire et dangereux.

Il va falloir se ré-approprier des métiers, des productions, des moyens d’autonomie plus forts. L’heure n’est plus à la ruée vers un or illusoire qui n’existe plus, et ne peut indéfiniment être remplacé par le crédit. L’heure est à la reconstruction des fondamentaux non virtuels.

Le discours d’avant-crise est obsolète pour longtemps et ceux qui ont pu paraître moderne il y a encore quelques mois risquent bien, s’ils ne modifient pas profondément leur champs de vision, de rejoindre les archaïques tant méprisés.

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