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UBS: le syndrome de la demi-mesure bourgeoise

Publié le 18 février 2009 par Kalvin Whiteoak

On a vu en décembre dernier les Chambres fédérales faire la preuve d’une absence notoire de courage et de curiosité politiques : le plan de sauvetage du mois d’octobre concocté en urgence et à coup de milliards par le Conseil fédéral à l’intention exclusive de l’UBS n’a subi aucune retouche.

On est parti du dogme très discutable selon lequel une faillite de UBS serait ravageuse pour le pays (ce qui reste manifestement à démontrer, personne à ce jour n’ayant de façon valable explicité cet évangile, mais tout le monde répétant à l’envi cette affirmation gratuite) pour confirmer la distribution sans aucun sens de la mesure de milliards d’argent public sans contrôle.

demi-mesures

Juste pour les besoins de l’exercice, on rappellera qu’un milliard de francs représente approximativement un paquet compact de billets de mille francs d’environ 200 mètres de haut

Dans cet exercice de style, la gauche a certes fait entendre quelque peu de la voix, mais sans que ceci ne se matérialise par des mesures ou des propositons concrètes, applicables et crédibles.

Puis l’an neuf (2009) est arrivé, on a commencé à se rendre compte ça et là que ce sauvetage serait effectué en pures pertes, on a vu l’UDC commencer à agiter quelques fanions en désordre et au début février, le peuple a violemment rejeté toute idée de séparatisme anti-bilatérales.

Au grand dam de l’UDC justement qui malgré son slalom politique à ce sujet pensait tenir un os populiste valable.

Et c’est donc maintenant une nouvelle fois à une alliance contre nature UDC-gauche que l’on assiste plus ou moins en sous-marin.

Et c’est aussi maintenant que le syndrome très helvétique de la demi-mesure  bourgeoise refait surface.  Dans une décision datant de hier, la commission des finances du Conseil des États a commencé à prendre le taureau par les cornes, très mollement il est vrai.

D’abord dans une déclaration très radicale dans le ton comme dans le fond du … radical Didier Burkhalter, qui a osé cette phrase sibylline : “On ne veut pas perdre de l’énergie dans un combat stérile; il n’y a pas eu de faute majeure“. Pas eu de faute majeure … donc eu des fautes mineures ? ou des fautes tout simplement dans le traitement de ce dossier ? combat stérile … à 60 milliards  ?

Qu’elle soit mineure ou majeure, la faute principale des partis bourgeois c’est de n’avoir pas su prendre la mesure de l’iniquité d’un tel plan de sauvetage à sens unique et de ses conditions particulièrement choquantes sur le plan de l’utilisation de l’argent public et sur la distorsion manifeste de concurrence ainsi créée.

Et la demi-mesure de s’avancer fièrement sur le devant de la scène : la FINMA est priée de trouver un système acceptable de rémunération pour la partie variable des fameux bonus d’ici au mois de mai.

Fameux bonus dont même les parlementaires sont incapables de dire à qui, pour quelle performance (?) et de quelle façon ils seront distribués. Ce que l’on sait en revanche, c’est que le tiers de l’investissement fédéral au moins, sic e n’est pas la moitié, partira en fumée dans les bonus 2007 et 2008 …

Demander à la FINMA de prévoir une directive à ce sujet n’est rien d’autre que de l’autisme politique. Quant aux grandes déclarations selon lesquelles la communication de UBS et de FINMA a été mauvaise tout au long du processus, elles sont sans doute justifiées en elles-mêmes, mais ne justifient précisément  en aucune façon de traiter le sujet en considérant que tout ceci n’est qu’un “combat stérile et sans faute majeure“.

Billet du blog ouVertures.info, une autre lecture de l'info. Reproduction selon conditions.

UBS: le syndrome de la demi-mesure bourgeoise


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