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Respect pour la Guadeloupe et les guadeloupéens

Publié le 18 février 2009 par Jfa

Je m’intéresse depuis le début à ce qui se passe en Guadeloupe et qui est en train de s’étendre aux DOM. Le sang commence à couler et le gouvernement a volontairement choisi de laisser pourrir la situation dans l’espoir que les débordements incontrôlés (?) sabotent un mouvement soutenu par l’immense majorité de la population…

J’ai eu l’occasion de séjourner (en y travaillant lors de missions courtes) dans quasiment tous (hors St Pierre et Miquelon), j’y ai conservé des amis et j’y ai appris beaucoup.

Au delà de la dimension culturelle de populations issues de l’esclavage, de la sensation d’être des français de seconde zone, le “système DOM” Français est pourri et les gouvernements successifs, par paresse ou par incompétence n’ont fait que le pourrir davantage en réprimant quelquefois dans le sang, et, en achetant la paix sociale par des sbubventions, ou en cédant aux notables chaque fois que le climat social s’y radicalisait.

On se retrouve avec des DOM jouissant d’une partie des avantages métropolitains qui, dès lors, ont un niveau de vie et de charges incomparablement supérieurs à leur entourage géographique (Maurice et Madagascar pour La Réunion, le reste des Antilles pour la Martinique et la Guadeloupe, le continent sud-américain pour la Guyane), constituant dès lors un appel aux immigrations plus ou moins bien contrôlées et rendant difficile les exportations. On pourrait donc se dire: “Mais de quoi se plaignent-ils ces autochtones qui coûtent si cher à la Métropole?”. Ce serait méconnaître la réalité de ces pays où les fonctionnaires représentent 30 à 40% de la population active (ils constituent une réponse commode aux tensions sociales) mais où les taux de chômage se situent tous entre 20 et 30%.

Et ne parlons pas des lamentables bricolages institutionnels destinés à satisfaire les notables de tous bords, qui font, par exemple, que Martinique, Guyane et Guadeloupe disposent chacune, à la fois d’un Conseil Général et d’un Conseil Régional qui passent l’essentiel  de leur temps à se disputer les compétences, à se tirer dans les pattes et à arroser leurs clientèles.

L’économie de ces pays est restée une pure économie de comptoir, aux mains de négociants représentant 2 à 3% de la population, qui font venir la plupart des marchandises de métropole, se sucrent très largement au passage et, la plupart du temps, empêchent, par tous les moyens, toute création d’une production locale qui pourrait amoindrir leurs juteuses importations.

La conjonction de l’éloignement et du coût excessif du transport, des taxes de mer et des ententes entre monopoles aboutit à un niveau de prix inimaginable en France métropolitaine, de l’ordre de 30 à 40%, alors que les “primes de vie chère” sont réservées à certains fonctionnaires.

Je fais partie de ceux qui soutiennent ce formidable mouvement parti d’un mot d’ordre limpide, lucide et unificateur: “Non à la profitation” qui a soudé l’immense majorité de la population. Ce néologisme met en évidence que ce n’est pas le profit qui est en cause, mais les profiteurs du système de “profitation”, de cette économie de comptoir, où une toute petite minorité se gave depuis toujours dans une situation difficile pour le plus grand nombre. Ils ne peuvent se gaver que parce qu’ils bénéficient de rentes de situation, ou de liens directs avec les pouvoirs d’état.

Je ne sais comment ce mouvement évoluera et je crains le chaos et les excès de jeunes sans avenir. Je regretterais que ces évènements ne soient pas l’occasion d’une remise à plat de cette organisation socio-économique héritée de l’esclavage et de ses conséquences quotidiennes. Mais peut-on attendre du Président des nantis qu’il essaie de mettre plus d’égalité dans des régions où elles seraient pourtant élémentaires ? Non! Après avoir laisser pourrir les évènements, plutôt que tenir les engagements négociés, il envoie la garde mobile. Cet homme prospère sur les charognes.

Sur le même thème, la lettre ouverte de journalistes martiniquais. AgoraVox et la tribune des intellectuels antillais. Le Monde .

- Autonomie des Universités. La tribune de T. Piketty dans Libération.

- FaceBook et la propriété intellectuelle. ARVH.

- Kriegspiel, ou comment se bâtir une préfectorale à la botte. Le Monde. Démocratie, République, neutralité de la fonction publique… Le nouveau monarque bafoue tout.

- Vivre et braquer au pays. Paris est sa banlieue.

- L’ami du Président. AfricaMix.

- La “lettre à Darcos” et un dessin qui me semble tout à fait pertinent. Le Mammouth énervé.

- N. Sarkozy et ses copains. La Mouette. Et ne parlons pas des 176% d’augmentation des indemnités présidentielles, premier geste du nouveau président.

- Une recherche “bling-bling” ? Le Monde.Voir aussi “Le management du savoir”.

- Selon le Canard Enchaîné, l’Institut Universitaire Pie X, sous la coupe des intégristes de Mgr Lefebvre, peuvent maintenant recevoir, grâce à Mme Pécresse, des étudiants boursiers et délivrent, depuis 2001 et C. Allègre, des diplômes d’état (licence et maîtrise) dont ils décident seuls des programmes et épreuves d’examens. Dans le même numéro d’hier, un dossier pas piqué des vers sur la catastrophique réforme hospitalière de Mme Bachelot.

- Toujours Mme Bachelot et ses outrances démagogiques. Le Monde.

- Concertation Canada-dry. La rencontre de N. Sarkozy avec les syndicats hier après-midi: la rencontre n’a servi à rien sinon à donner l’impression de la concertation, puisque dès avant la réunion, les propositions d’aumônes présidentielles étaient distribuées à la presse. Les proportions sont parlantes: 100 aux banques, 10 au patronat, 1 aux pauvres… Voir l’article de Marianne. Lors de son intervention d’hier soir, pas un mot sur la Guadeloupe. Cela lui permettra de revenir squatter les écrans d’ici un jour ou deux.


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