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Littérature mauricienne.

Par Ananda
Gillian Geneviève et quelques femmes



Le recueil de nouvelles que publie Gillian Geneviève sous le titre
Elle n'était pas programmé. Le lauréat du prix Fanchette 2005 avait
décidé, en effet, que 2009 serait l'année de la publication de son
premier roman. Puis le sort a voulu que sa maison soit cambriolée et
que les auteurs du délit s'emparent des différents supports sur
lesquels le texte en question était enregistré. Il ne restait plus au
malheureux que quelques bribes éparses d'un texte qui était pourtant,
nous dit-il, achevé à 80 % !

Gillian Geneviève travaillait ce roman depuis 2006. Il s'est remis à
l'ouvrage et gageons que la future version sera encore meilleure que
celle qu'il nous aurait livrée cette année. En attendant, histoire de
ne pas céder à l'adversité, l'auteur a décidé de publier différentes
nouvelles qu'il avait écrites pour le prix Fanchette. Il avait partagé
cette distinction avec Eileen Lokha et Judex Acking. Les organisateurs
du prix avaient ensuite publié une sélection de nouvelles, une par
auteur, y ajoutant celles des participants non primés au concours.
Avec Elle, le lecteur découvre totues les nouvelles qu'il avait
soumises, légèrement retravaillées.

" Beaucoup de femmes savent les choses qui seront dites ici. Mais
elles ne savent pas qu'elles le savent. " On pourrait trouver que ça
commence mal avec cette fausse certitude qui tendrait à faire croire
qu'il soit possible de pénétrer l'ensemble de la psyché féminine, pour
pouvoir en tirer pareille conclusion. Suivent quelques clichés sur les
femmes soumises, dont on dit qu'elles dirigent le monde. On peut ne
pas s'attarder sur ces citations qui précèdent la première nouvelle,
ne retenir que la sincérité du petit texte servi "en guise de
préface", et surtout : lire les nouvelles qui suivent…

Elles sont Vidisha, Denise, Ameena, Christiane, Eve et puis Elle. Ces
textes courts tournent autour du mystère feminin, tentent de s'y
immiscer en le décrivant dans différentes tonalités. Style haletant et
désir contrarié pour Vidisha qui se réserve à autrui. Réalisme sordide
pour Denise, pour ainsi dire enfermée volontaire dans sa maison et sa
cour. Esprit merveilleusement libre derrière le regard de feu et les
vêtements non conformes d'Ameena. Christiane est, quant-à-elle, cet
être impressionnant, cette femme de pouvoir au rictus suggestif, telle
qu'elle est vécue dans le regard de son subalterne, pantois
d'admiration. Et puis il y a Eve, une petite fille loin de l'être
d'Eden, brisée d'avoir été aimée de trop près… Au final, Elle se
dédouble entre rêve et réalité, livrant les aspirations qui affleurent
à la pensée quand l'esprit vagabonde entre deux obligations. Virginia
Woolf hante ces écrits dont on sort chargé de divers parfums, au choix
capiteux, violents ou délicats…

Source : "Le Mauricien"

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