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Du bronze pour commencer !

Publié le 21 février 2009 par Pascal Boutreau

En préambule, je voudrais juste dire à mes footballeurs du Stade de Reims, que c'est vraiment pas cool de profiter de mon absence pour abandonner à nouveau la lanterne rouge de la Ligue 2 à Nîmes. Pas sport d'aller gagner 3-0 à Boulogne-sur-Mer et de ne plus être qu'à 5 points du premier non relégable avec en plus probablement un match à rejouer contre Brest et donc potentiellement trois points de plus.... En plus, on n'a même plus le mauvais goal-average... Si ça continue, on va se maintenir à ce rythme là...

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Quatrième jour à Liberec, et quatrième jour de neige... (pour les jolies photos, il faudra donc encore patienter un peu...) Comme d'habitude, après deux trois jours d'adaptation pour comprendre comment ça marche, on finit par trouver son petit rythme. La difficulté ici est la dispersion des sites. Le saut à un endroit, le fond à un autre et le centre de presse principal où se déroulent les conf de presse dans un troisième. Résultat, une course permanente pour choper la bonne navette et arriver à l'heure pour la compétition. Heureusement, le système de bus mis en place fonctionne à peu près. Comme aux Jeux de Pékin, on a notre petit carnet avec les horaires des différentes "shuttle". Les "stadiers" sont toujours aussi désagréables, débiles et antipathiques mais on finit même par ne plus y faire attention... D'un point de vue logistique, le Wifi fonctionne parfaitement, ce qui permet de skyper à merveille. Heureusement parce qu'à 120 euros pour les 12 jours de compète, le contraire serait dommage.

Au niveau sportif, on commence à monter en puissance. Le 10km classique féminin, remporté par la Finlandaise Saarinen, a hélas confirmé que les Françaises luttaient dans une autre catégorie. 50e pour Elodie Bourgeois Pin, 52e pour Caro Weibel, vraiment pas terrible. On n'attendait certes pas de miracle mais quand même. Alors on va dire que ça ira mieux par la suite. L'art de positiver... Toujours en ski de fond, Jean-Marc Gaillard et Vincent Vittoz sont entrés doucement dans la compétition lors du 15km classique. On les attend surtout ce dimanche sur la poursuite (15km en classique puis 15km en skating)

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Mais la grande bonne nouvelle est venue de Jason Lamy-Chappuis, un des "clients" habituels de ce blog. A 22 ans seulement, il a décroché la médaille de bronze du mass-start (10km de fond puis 2 sauts). Hier, il avait réussi à limiter les dégâts sur le fond. Mais aujourd'hui, après le premier saut, très franchement, plus grand-monde n'osait espérer une médaille. Un premier saut dans des conditions difficiles l'avait relégué relativement loin. Mais Jason n'est pas du genre à douter et envoyer la purée dans le deuxième saut. Seuls deux hommes, dont le vainqueur américain Todd Lodwick, vainqueur du jour, ont ensuite réussi à le reprendre. La médaille de bronze était donc dans la poche.

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Une belle émotion partagée par tout le clan tricolore. Franchement, c'était beau à voir tous ces survètements "France" courir partout pour féliciter leur leader. Et beaucoup avaient les yeux bien rouges. Et que dire des parents de Jason, Annette et Daniel, venus en voiture du Jura et qui n'ont évidemment pu retenir leurs larmes (sur la photo). J'adore ce métier pour ces instants. C'est tellement beau de voir des gens heureux. Le but est ensuite de réussir à retranscrire ces émotions dans les papiers afin de partager cette joie. On attend maintenant avec impatience la suite de ces Mondiaux du côté du combiné. Dimanche, Jason aura une nouvelle occasion de briller. Avec la pression du résultat en moins grâce à cette médaille que tout le monde espérait et lui prédisait, il est capable de grandes choses. On prend les paris ?

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Fififlles
Farouche défenseur du sport au féminin depuis de nombreuses années, je ne suis pas mécontent de mon "coup". Réussir à caser presque une demi-page sur du saut à skis féminin avec deux photos, par les temps qui courent, voilà un beau succès personnel. Les circonstances m'ont il est vrai un peu aidé puisque le report du concours de saut du combiné nordique a éliminé l'éventualité d'une médaille de Jason Lamy-Chappuis qui aurait fait disparaitre le papier sur mes deux sauteuses, Caroline Espiau et Coline Mattel. Mission réussie. Et vraiment bien content car ces deux demoiselles le méritent. Caroline s'est un peu trouée mais aura d'autres occasions de briller.  La petite Coline a continué à nous épater aujourd'hui. Au moment d'aller fêter Jason, elle nous voit avec mon confrère du Dauphiné, s'arrête et nous sort: "vous avez déjà fini l'article sur moi? Parce que ce serait bien aussi de parler de Caroline car elle fait aussi beaucoup d'efforts". Nous étions sur le cul qu'une gamine de 13 ans pense à ça.

Je vous mets ci-dessous le papier avec en plus quelques éléments qui n'ont pu passer dans le journal. Une sorte de "bonus" comme dans les DVD... Trop la classe.

ça planent pour elles

Deux jeunes Françaises de 13 et 16 ans participent aujourd’hui au premier concours de saut féminin dans un Championnat du monde.

LIBEREC – (RTC), de notre envoyé spécial

Au pied du tremplin de Liberec, Coline Mattel répond à ses premières interviews. Meilleur saut de l’entraînement de mercredi, encore placée hier, cette petite jeune fille de treize ans, avec son 1,57m pour 45kg attire forcément la curiosité. Ses skis de 2,25m collés le long de la combi, elle se livre même à l’exercice en anglais.

Ce matin, la Française, qui suit des cours de troisième par correspondance " avec un an d’avance ", s’élancera du tremplin de Liberec. Avec elle, Caroline Espiau, seize ans, sera l’autre tricolore à participer à ce premier concours féminin intégré dans un Championnat du monde. Et les deux filles, formidables de fraîcheur, n’en sont pas peu fières. " Nous ne sommes pas habituées à autant de caméras ou de sécurité, témoigne Caroline. On se rend compte que ce n’est pas n’importe quoi. "

Depuis le début de l’hiver les sauteuses tricolores multiplient les concours en Coupe Continentale. " La Fédération commence à nous donner un peu de moyen, confie l’entraîneur. En plus des déplacements, elle nous paie par exemple trois ou quatre jours de stage par mois. On ne peut pas encore trop aller aux Etats-Unis ou au Japon, mais nous sommes là. "

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Etudiante en 1re S au ski-études de Villard, Caroline Espiau, depuis un an au club d’Autrans après avoir débuté à Oz-Allemond, fut la première à s’illustrer. " J’ai toujours fait beaucoup de sport, explique cette jeune femme de 1,67m pour 55kg. Je pratiquais en compétition le ski alpin, la gym (elle aurait pu entrer dans un pôle France) et la natation. Il y a sept ans, j’ai essayé le saut et j’ai finalement plaqué tout le reste. Mes parents qui n’ont pas la culture de la montagne, n’ont pas tout de suite compris. Mais aujourd’hui, ils font 1h15’ de voiture aller et retour pour m’amener aux entraînements trois fois par semaine quand je ne suis pas à l’école. Même mon petit frère s’y est mis. "

Les parents de Coline, ont été moins surpris. Avec un grand-père, un oncle et un cousin dans le milieu du saut, ils s’attendaient forcément à voir leur fille (cousine de Magdalena Mattel, ancienne membre de l’équipe de France d’alpin), aller chercher les grands frissons. " D’autant plus que j’ai toujours été un peu casse-cou, insiste la sociétaire des Contamines-Montjoie avec une incroyable assurance pour une jeune ado déjà branchée reggae alors que sa coéquipière vibre davantage aux rythmes de U2 et Police. A mon premier saut, à l’été 2003, sur le tremplin de 30m des Houches, je suis tombée. J’ai pris ça comme un défi. Je suis assez mauvaise perdante et il fallait que j’y arrive. Et maintenant, j’espère en faire jusqu’à ce que je sois trop vieille. "

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Jacques Gaillard a beau avoir déjà vécu de grandes émotions notamment quand il était l’entraîneur des combinés Fabrice Guy et Sylvain Guillaume lors de leur doublé olympique à Albertville, il est épaté. Ces filles ont un cœur gros comme ça, témoigne-t-il. L’engagement qu’elles mettent dans leurs sauts est impressionnant. " Il y a dix jours, quand Coline est montée sur le podium des Mondiaux juniors pour aller chercher sa médaille de bronze, il avoue même avoir versé sa petite larme. " Voir ce petit bout de chou avec sa médaille, c’était très fort, confesse-t-il. Tout le monde était d’ailleurs heureux pour nous qui sommes encore minuscules comparés à d’autres nations comme l’Allemagne ou la Norvège. "

Alors que la lutte entamée il y a déjà bien longtemps (des femmes sautaient déjà au début du Xxe siècle en Norvège) pour une meilleure reconnaissance du saut à skis féminin se poursuit avec encore la volonté de voir se créer une vraie Coupe du monde, des compétitions officielles sur des grands tremplins (l’Autrichienne Daniela Iraschko a déjà dépassé les 200m sur le tremplin autrichien de vol à skis de Kulm) et bien sûr l’intégration au programme olympique, les deux demoiselles d’une incroyable maturité, insistent sur la valeur sportive de leurs prestations (les règlements sont les mêmes, seul la barre d’élan est un peu supérieure). " Voir des filles sauter n’a rien d’étonnant, s’offusque même Mattel. On peut faire la même chose que les mecs. " A peine treize ans et déjà de belles certitudes…

Bonus....

Un long combat

Selon l’histoire norvégienne, le premier saut au féminin remonte à 1863. Le premier " record " est attribué à une comtesse autrichienne Paula Lamberg, retombée en robe du tremplin de Kitzbühel à 22m. Entre les deux guerres, la Norvégienne Johanne Kolstad dû s’exiler aux Etats-Unis pour assouvir sa passion. La fédération de son pays considérait en effet que la présence d’une femme sur le tremplin d’Holmenkollen serait une atteinte au prestige de l’endroit. De pseudos études scientifiques affirmaient que la pratique du saut à skis pour les femmes de plus de douze ans engendrait le risque d’infertilité. C’est finalement une Finlandaise, Tjina Lehtoli qui, en 1981, fut la première à dépasser les 100m. Jusqu’au début des années 90, aucune compétition spécifiquement féminine n’était organisée. Les femmes étaient tout juste autorisées à participer aux compétitions masculines hors classement ou comme ouvreuses. L’Autrichienne Eva Gangster crédibilisa la discipline se posant notamment à 167m sur le tremplin de vol à skis de Kulm, en Allemagne. Le premier championnat du monde féminin officieux fut finalement disputé le 22 janvier 1998 à Saint-Moritz (Suisse) et fut remporté par la Finlandaise Heli Pormell. Aujourd’hui, l’Autrichienne Iraschenko a déjà dépassé les 200m sur le tremplin slovène de vol à skis de Planica. Mais la lutte n’est pas finie. Création d’une vraie Coupe du monde, compétitions officielles sur des grands tremplins et bien sûr intégration au programme olympique sont les combats toujours en cours.- P.G.-B.

Dates d'entrées de certaines disciplines féminines aux JO et aux Championnats du monde

  JO  CM

Ski de fond  1952  1954

Boxe  -  2001

Hockey sur glace 1998  1990

Judo  1992  1980

Football  1996  1991

Handball  1976  1957

Basket  1976  1953

Volley  1964  1952

Lutte  2004  2002

Cyclisme (route) 1984  1958

Cyclisme (piste) 1988  1958

Aviron  1976  1974

Pentathlon  2000  1978

Athlé

. Perche  2000  1999

. 3000msteeple 2008 2005

. Marathon  1984  1983

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On continue dans le sport au féminin avec un papier paru mercredi dans L'Equipe et qui concerne une de mes chouchoutes, Amélie Cazé, double championne du monde de pentathlon moderne et qui s'essaie à l'escrime. Après Barcelone la semaine dernière, elle sera ce week-end à Saint-Maur aux côtés des Flessel ou Nisima. Pas mécontent donc de ma semaine après avoir réussi à caser deux gros papiers sur les filles.

Cazé
Cazé s’escrime

La double championne du monde a participé dimanche dernier à sa première Coupe du monde d’épée. Avec envie et gourmandise.

Amélie Cazé. Un nom sur la liste des participantes de la Coupe du monde de Barcelone disputée le week-end dernier. Un nom inconnu dans l’univers de l’escrime. Mais la référence dans celui du pentathlon moderne. Double championne du monde en titre, Amélie Cazé, neuvième des Jeux olympiques de Pékin, a en effet effectué ses grands débuts en équipe de France sur le grand circuit international de l’épée. Comme autrefois Robert Leroux (champion du monde par équipes en 1994 et médaillé de bronze aux JO d’Atlanta, en 1996) ou Sophie Moressée-Pichot (championne olympique par équipes en 1996, championne du monde par équipes en 1998 et vice-championne du monde individuel en 1992), transfuges réussis du pentathlon à l’escrime. " Ça me tentait depuis un petit moment, raconte la sociétaire de Noyon. Après les Jeux, j’ai souhaité m’entraîner et servir de sparring aux filles qui évoluent désormais à l’INSEP. Mon objectif était de me qualifier pour les championnats de France de D1 et de participer à une Coupe du monde. Les objectifs sont donc déjà remplis. "

Même si elle s’est conclue par une élimination dès le premier tour du tableau final et une 51e place, l’expérience a séduit la Française qui saura ce mercredi, jour de ses vingt-quatre ans, si l’expérience se poursuit le week-end prochain à Saint-Maur. J’ai adoré, lâche-t-elle. Même si j’étais dégoûté de perdre si tôt. C’est dommage de faire une Coupe du monde et d’avoir un match franco-français dès le premier tour du tableau. Je suis arrivée avec des yeux neufs. J’arrive dans un sport où mon nom est inconnu. Je me suis mise à la place des filles qui arrivent en pentathlon et qui ne connaissent personne. D’un point de vue sensation, ce ne sont pas du tout les mêmes journées qu’en penta. ça fait moins mal même si ça attaque quand même et que j’ai fini bien rincée. "

Rincée mais pas suffisamment pour ne pas aller nager quelques longueurs à l’issue de sa journée… L’habitude sans doute du pentathlon où le 200m se déroule quelques minutes seulement après la conclusion de l’escrime. Professeur d’éducation physique détachée auprès de la direction Jeunesse et Sport de Créteil (Val-de-Marne), Cazé a pu constater le travail qui lui reste désormais à fournir. " Franchement, je ne sais pas trop où me situer, avance-t-elle. C’est un peu comme en pentathlon quand tu tires au sort ton cheval. Tu as plus ou moins de chance sur le cheval avec lequel tu vas devoir sauter. Là, ça dépend aussi de l’adversaire que tu prends. Disons que je tiens la route et que je suis dans un lot de filles du même niveau. Ce qui est sûr c’est qu’il me manque énormément de stratégie et de gestion des combats. C’est tout nouveau pour moi (en pentathlon, les assauts, limités à une minute, se font en une seule touche). Mais j’en ai pris plein les yeux. "

Au point de délaisser le pentathlon ? " Non, pour les deux années à venir, le pentathlon reste ma priorité ", éclaire Cazé actuellement en stage… pentathlon du côté de Barcelone. Les dirigeants de son sport d’origine seront donc rassurés. " Christian (Roudaut, l’entraîneur des pentathlètes) s’est montré très ouvert et m’a dit qu’il ne me mettrait pas de bâtons dans les roues pour ce projet, précise l’athlète. S’il y a un jour des choix à faire, certains verront peut-être cette orientation en grinçant des dents. Je ne sais pas trop où ça me mènera. J’aimerais bien pouvoir faire un match par équipes dans un Grand Prix. Pour le reste, c’est prématuré. Pour l’instant je pars un peu la fleur au fusil. "

" Elle va vite progresser "

Cyril Faucher, entraîneur adjoint de l’équipe de France d’épée, analyse les débuts de la pentathlète.

" Elle est arrivée en terrain inconnu sur une Coupe du monde niveau moyen plus. Le samedi, dans les poules, elle a remporté quatre matches sur six en faisant basculer un match indécis contre une Allemande avec pas mal de cran. Elle perd ensuite le dimanche contre une autre Française dans un match un peu précipité qui finit à 15-14 en 2’30’’… Mais ses débuts sont encourageants. C’est une fille qui par son palmarès sait forcément apprendre et elle va vite progresser. Elle est bien rentrée dans le groupe avec discrétion. Et elle a semble-t-il beaucoup observé. Elle a montré qu’elle était au niveau de prétendre à une place. Surtout en ce début de saison où excepté les trois leaders (Flessel, Nisima, Kiraly-Picot), les performances ne sont pas top. Sa présence peut être constructive pour tout le monde si les autres filles la perçoivent comme un challenge et non comme une menace. "- P.G.-B.


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