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Nationaliser : encore une impasse keynésienne !

Publié le 21 février 2009 par Loïc Abadie
Nos chers étatistes qui ont contribué à grande échelle à la formation de la bulle de crédit responsable de la crise actuelle prétendent à présent avoir trouvé un nouveau remède miracle : la nationalisation.
Il suffirait donc selon eux de nationaliser les banques, les constructeurs automobiles, et pourquoi pas demain les compagnies aériennes, les promoteurs, les compagnies de BTP et tout ce qui leur passera par la tête pour que la crise s'arrête, et que les consommateurs se remettent à consommer et à vivre au dessus de leurs moyens.
Comme si le fait de renommer "Citigroup" en "US State Group", "General Motors" en "USState motors", "Bank of America" en "Bank of US state" allait effacer miraculeusement toute les dettes en excès du système.
Qu'en est-il vraiment ?
Le premier point est qu'il faut comprendre que dans le contexte actuel (nous nous dirigeons vers une situation de dépression économique dans la plupart des économies développées), l'ensemble des crédits risquent d'être concernés par une hausse exponentielle des taux de défaillance. 
Pas seulement les « subprimes », les créances titrisées à risques aux USA et en Grande-Bretagne, et les prêts à l'Europe de l'Est pour les pays de la zone euro : Les prêts « classiques » à taux fixes sur les marchés domestiques finiront eux aussi par être touchés.
Dans un contexte de dépression, les ménages « sans risque », les entreprises « solides » ayant des crédits « tranquilles » peuvent se retrouver en cessation de paiement.
Avec les niveaux actuels de leverage ratio de la plupart des banques européennes, et avec les niveaux d'exposition au risque des banques américaines, il y a des risques importants pour que cela ne passe pas, c'est à dire qu'en l'absence totale d'intervention de l'état, une majorité de grandes banques pourrait se retrouver en situation d'insolvabilité, ce qui aboutirait à un « bank run » général et à un effondrement total du système financier.
Je ne dirai donc pas que l'état devra rester totalement sans réagir face à ce risque.
Mais l'option « nationalisation » des keynésiens partisans de l'inflation est tout aussi dangereuse pour trois raisons : 
- Elle est injuste, parce qu'elle revient à prendre de l'argent aux contribuables et aux générations futures pour récompenser les acteurs les plus irresponsables et incompétents , c'est à dire que par exemple les créanciers détenteurs d'obligations à risque, qui ont touché des taux d'intérêt très élevés pendant des années pour leur « prise de risque » vont se voir d'un coup « couverts » miraculeusement par les états. La gestion étatiste / socialiste consiste d'ailleurs presque toujours à prendre de l'argent aux acteurs raisonnables pour le donner à ceux qui ont fait les plus mauvais choix.

- Elle aura un effet « boule de neige » catastrophique : A partir du moment où l'état nationalisera une ou plusieurs grandes banques, dans un contexte de peur général, les déposants choisiront sans doute de confier leurs fonds aux banques nationalisées, et retireront leurs fonds de celles qui ne le seront pas.
Résultat : les banques « survivantes » seront à leur tour mises en difficulté et devront être nationalisées.
- Conséquence finale : l'état se retrouvera à la tête de tout le système bancaire (et accessoirement, en fonction de la folie des grandeurs des adeptes du keynésianisme, de toute la production automobile, des transports, des entreprises immobilières et autres).
 Vu que la dette totale présente actuellement dans le système dépasse largement les capacités d'intervention des états (la dette totale, plus de 50 000 milliards de $ aux USA représente environ 20 fois les recettes annuelles de l'état US), l'état se retrouvera à son tour en faillite et le résultat sera identique au final à l'absence totale d'intervention : une catastrophe.
La seule option raisonnable dans le contexte actuel est une action limitée et temporaire de l'état visant à obtenir une liquidation ordonnée de la bulle de crédit.
Il faut renverser le dogme keynésien (on investit 1$ pour créér 5 ou 10 $ de nouveaux crédits censés « soutenir la consommation »), pour aboutir à ce que chaque $ ou chaque € investi par l'état permette de négocier avec les créanciers du système une réduction de la dette totale de 5, 10$ ou plus  : Au lieu de chercher à relancer le crédit, il faut rechercher le désendettement du système.
En pratique, cela consiste à faire payer au maximum les acteurs qui ont pris des risques : détenteurs de créances titrisées, d'obligations bancaires...etc.
Cela peut se faire de deux façons (qui peuvent être combinées) : 
- L'état apporte une garantie limitée en montant aux dépôts bancaires (100 000€ par déposant et par établissement par exemple) et accepte que les faillites jouent leur rôle au delà de cette limite.

- L'état force les créanciers des banques (hors déposants) à accepter une grosse révision à la baisse de leurs prétentions : Leurs créances seront garanties à hauteur de 60 ou 70%, le solde étant transformé en capitaux propres permettant de renflouer les fonds propres des banques. L'état devrait être assez vite en position de force pour négocier des actions de ce type (même si ce n'est pas encore le cas), vu que dès que les créanciers auront réalisé que le système devient globalement insolvable, ils ont le choix entre risquer de tout perdre ou accepter une perte limitée.

Enfin, il faut que les dirigeants soient conscients qu'ils ont une marge de manoeuvre, mais qu'elle est limitée. Les états ont actuellement la chance de disposer d'un grand capital confiance des investisseurs, les taux longs étant sous la barre des 5% dans presque toutes les économies développées. Si cette marge de manoeuvre est gaspillée en actions inutiles, coûteuses, et inefficaces (plans de relance du crédit, gonflement du bilan des banques centrales par "quantitative easing"...etc), elle ne sera plus disponible quand les gros problèmes se déclencheront au niveau du système bancaire.




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