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Un doigt casssé

Publié le 23 février 2009 par Malesherbes

J’abandonne aujourd’hui le plan social de notre Président, non sans vous livrer auparavant le commentaire suivant : à ma connaissance, les différents médias n’ont guère relevé le caractère fallacieux des arguments avancés par Nicolas Sarkozy ni souligné que ces mesures ne concernaient guère « les plus fragiles d’entre nous ». Aveuglement, complaisance ? Notre société semble bien composée de ceux qui peinent à survivre, ceux que Jacques Séguéla, maître ès rencontre de notre Président, appellerait les ratés de la vie, et de ceux qui sont financièrement à l’aise et dont certains n’ont pas conscience du caractère privilégié de leur situation. J’appelle ces derniers des ratés de l’âme. Je ne sais s’ils en ont conservé une mais apparemment, ce qui leur manque, c’est une conscience.
Dans la foulée de l’histoire inventée de bras arraché que je vous contais l’autre jour, je vous rapporte ici une scène à laquelle j’ai personnellement assisté il y a une quinzaine d’années. Une fin de trimestre, le chef de notre unité réunit ses troupes. J’emploie à dessein un vocabulaire militaire car souvent l’entreprise ne se distingue guère des armées dont chacun sait que la discipline en est la force principale. De même, l’autorité s’y décerne plus souvent qu’elle ne s’y mérite et, en cela, le monde politique ne s’écarte guère des deux organisations que je viens d’évoquer. Mais revenons en à mon patron de l’époque.
Il arbore à cette occasion un doigt bandé et nous explique d’entrée qu’il se l’est fracturé au cours d’un match de foot. Car nous avons alors la chance d’avoir un chef jeune (la valeur n’attend pas …), dynamique, sportif, en un mot un adepte de la course à pied. Si, si, ça existe ! Il nous présente alors nos résultats qui, fort heureusement, sont en ligne avec les objectifs, et nous félicite.
Trois mois plus tard, nouvelle séance « aux résultats ». Notre chef nous déclare alors en substance : « au trimestre précédent, je me trouvais avec le doigt cassé. J’aurais préféré qu’il en soit de même aujourd’hui, car je pourrais vous présenter d’aussi bons résultats qu’alors, ce qui n’est malheureusement pas le cas maintenant ». Rideau.
Comme quoi, raconter que certains sont prêts à perdre leur bras pour une Rolex, n’est pas si exagéré qu’il y paraît. Mais, par contre, dans la vraie vie, on en rencontre beaucoup qui échangent volontiers contre une Rolex peut-être pas le bras des autres, mais leur emploi.

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