Le 17 février dernier, l'Assemblée
nationale française votait à l’unanimité la création d'une allocation
d'accompagnement de la fin de vie. Des rangs de la gauche communiste,
écologiste et socialiste, en passant par ceux du centre, jusqu’à la majorité de
droite UMP, la réforme est soutenue par toute la représentation nationale.
C’est un progrès indéniable bien qu'insuffisant dans l’approche qu’a la société
française de la fin de vie. A l’inverse, en Italie, la droite berlusconienne
s'acharne et la société transalpine se déchire autour du cas d'Eluana Englara.
Cette jeune femme de 38 ans, dans le coma depuis 1992, a obtenu (par le biais
de sa famille) le droit à mourir auprès de la Cour de cassation italienne. Elle
est décédé le 8 février dernier à la clinique de « la Quiete » à
Udine.
Le pugilat politique honteux n'a pas cessé pour autant. La droite
berlusconienne qualifie ce décès de « crime », argue que la mort
devait avoir lieu dans un hospice et accélère l’adoption d’un décret-loi
interdisant le droit à mourir par arrêt de l’alimentation et de l'hydratation.
Les arguments du centre-droit au Sénat italien relèvent, quant à eux, d’une
démagogie surréaliste. Le Vatican est tout aussi violent : « Interrompre
l’alimentation et l’hydratation équivaut à un abominable assassinat » selon le
cardinal Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé.
L’opposition de centre-gauche dénonce « la rage aveugle et
irresponsable » de la droite par le biais de Anna Finocchiaro. Le
Président de la république Giorgio Napolitano (ex-communiste aujourd'hui
démocrate de gauche), refuse de signer le décret-loi berlusconien. Le Parti
démocrate organise des manifestations contre « l'instrumentalisation
cynique » de la mort de Englara par Silvio Berlusconni. Malheureusement la
défaite cinglante en Sardaigne, la transition entre le centriste Weltroni et le
centriste-chrétien Dario Franceschini à la tête du PD ont affaiblit cette
dynamique d’opposition.
Au delà du « (...) sombre écho de ceux qui veulent transformer la mort en
politique » (billet
de Cafébabel), il reste des italiens profondément divisés. Ils étaient 47%
à être pour l'arrêt de l'alimentation de Eluana Englara, 47% à être pour le
maintien. Concernant l'acharnement thérapeutique (porté aux nues par
Berlusconi), l'opinion italienne s'y oppose plus nettement à 62% (dépêche
de France 24). S'ajoute à cela la spécificité italienne d'une église très
influente. Benoit XVI est intervenu à trois reprises pour soutenir : « le
caractère sacré de la vie doit être sauvegardé de la conception à la fin
naturelle ».
Les convulsions de la société italienne attestent des hésitations coupables de
l'Europe sur le droit à mourir. Dans de nombreux pays, l'euthanasie est
illégale mais les patients ont le droit de refuser un traitement. Il y a un
donc un vide juridique et un véritable cyniqme sur la fin de vie. Un cadre
législatif strict pour un droit à mourir dans la dignité est une nécessite tant
dans les pays européens (la loi Leonnetti de 2005 en France est nettement
lacunaire) qu'au niveau de l'Union européenne. Il s'agit de conquérir « une
ultime liberté » sur le modèle des lois belges ou hollandaises
(site de
l'ADMD).







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