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Acharnement politique en Italie

Publié le 24 février 2009 par Thibault-Dumas

Le 17 février dernier, l'Assemblée nationale française votait à l’unanimité la création d'une allocation d'accompagnement de la fin de vie. Des rangs de la gauche communiste, écologiste et socialiste, en passant par ceux du centre, jusqu’à la majorité de droite UMP, la réforme est soutenue par toute la représentation nationale. C’est un progrès indéniable bien qu'insuffisant dans l’approche qu’a la société française de la fin de vie. A l’inverse, en Italie, la droite berlusconienne s'acharne et la société transalpine se déchire autour du cas d'Eluana Englara. Cette jeune femme de 38 ans, dans le coma depuis 1992, a obtenu (par le biais de sa famille) le droit à mourir auprès de la Cour de cassation italienne. Elle est décédé le 8 février dernier à la clinique de « la Quiete » à Udine.

Le pugilat politique honteux n'a pas cessé pour autant. La droite berlusconienne qualifie ce décès de « crime », argue que la mort devait avoir lieu dans un hospice et accélère l’adoption d’un décret-loi interdisant le droit à mourir par arrêt de l’alimentation et de l'hydratation. Les arguments du centre-droit au Sénat italien relèvent, quant à eux, d’une démagogie surréaliste. Le Vatican est tout aussi violent : « Interrompre l’alimentation et l’hydratation équivaut à un abominable assassinat » selon le cardinal Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé.

L’opposition de centre-gauche dénonce « la rage aveugle et irresponsable » de la droite par le biais de Anna Finocchiaro. Le Président de la république Giorgio Napolitano (ex-communiste aujourd'hui démocrate de gauche), refuse de signer le décret-loi berlusconien. Le Parti démocrate organise des manifestations contre « l'instrumentalisation cynique » de la mort de Englara par Silvio Berlusconni. Malheureusement la défaite cinglante en Sardaigne, la transition entre le centriste Weltroni et le centriste-chrétien Dario Franceschini à la tête du PD ont affaiblit cette dynamique d’opposition.

Au delà du « (...) sombre écho de ceux qui veulent transformer la mort en politique » (billet de Cafébabel), il reste des italiens profondément divisés. Ils étaient 47% à être pour l'arrêt de l'alimentation de Eluana Englara, 47% à être pour le maintien. Concernant l'acharnement thérapeutique (porté aux nues par Berlusconi), l'opinion italienne s'y oppose plus nettement à 62% (dépêche de France 24). S'ajoute à cela la spécificité italienne d'une église très influente. Benoit XVI est intervenu à trois reprises pour soutenir : « le caractère sacré de la vie doit être sauvegardé de la conception à la fin naturelle ».

Les convulsions de la société italienne attestent des hésitations coupables de l'Europe sur le droit à mourir. Dans de nombreux pays, l'euthanasie est illégale mais les patients ont le droit de refuser un traitement. Il y a un donc un vide juridique et un véritable cyniqme sur la fin de vie. Un cadre législatif strict pour un droit à mourir dans la dignité est une nécessite tant dans les pays européens (la loi Leonnetti de 2005 en France est nettement lacunaire) qu'au niveau de l'Union européenne. Il s'agit de conquérir « une ultime liberté » sur le modèle des lois belges ou hollandaises (site de l'ADMD).

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