Chronique culturelle du 13 mars 2009 (2)
Bien que contemporain des premiers grands romantiques et ami avec la plupart d’entre eux, et lui-même considéré le plus souvent comme un romantique, Frédéric Chopin a toujours plus tenu de Bach et Mozart que de Mendelssohn et Schubert. Son esprit est romantique, certes ; mais il ne le laisse guère transparaître dans sa musique : ici, pas de dissonance gratuite comme chez Beethoven, ni de passion déchaînée dans de longs cris musicaux comme chez Schumann. Chopin compose en effet dans la pudeur et la pureté de Mozart ; seule son harmonie est romantique, et non les sentiments qu’il y cache.
Ainsi est composé son premier concerto : la simplicité et la réserve règnent tout au long de l’œuvre. Bien sûr, étant lui même pianiste virtuose et écrivant largement majoritairement pour cet instrument, le compositeur laisse au soliste une place presque plus importante que ce qui se fait à l’époque. Ce qui n’altère en rien l’équilibre de l’ensemble : car bien qu’ayant peu d’expérience dans ce domaine son orchestration, sans être exceptionnelle, est loin d’être maladroite. On retrouve par contre dans la partie de piano toute la subtilité, tant pianistique que artistique, dont on déjà fait preuve le compositeur dans ses célèbres Études.
Il en ressort une pièce de maître, aérée, pure mais conservant l’indépendance stylistique de Chopin, ce romantique inspiré des classiques, du folklore polonais et surtout de lui-même.
Vincent
Concertos pour piano N°1 et N°2 de Frédéric Chopin. Chef d’ochestre : Jerzy Maksymiuk. Editions Emi.







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