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Ecrivain cherche place concierge, Nicolas Ancion

Publié le 31 mars 2009 par Lilyetseslivres


 

Victor est écrivain, enfin disons plutôt qu’il écrit « juste ce qu’il faut pour ne pas être complètement chômeur. »
Mais les temps sont durs, et devant ce qu’on ose imaginer l’absolu désespoir de sa propriétaire, il décide de passer une petite annonce, aussi courte et simple que celle-ci :
« ECRIV. CH. PL. CONCIERGE. »
Au moins pense-t–il avoir tout le temps pour écrire et s’adonner librement à sa recherche favorite, celle de ses « paradoxaux », des excentriques de tous crins et de tous poils dont il compte narrer dans le détail et très scientifiquement les aventures ou les petites manies.
La réponse ne se fait guère attendre, une place lui est offerte quasiment sur un plateau par un mystérieux Régis qui lui propose de s’occuper de sa propriété pendant qu’il sera lui-même par monts et par vaux… Le rêve, peut-être, si ce n’est qu’à l’arrivée du jeune homme au château, ce n’est pas un vulgaire majordome qui lui ouvre la porte, mais bel et bien un lapin en peluche aussi vivant et bavard que vous et moi réunis…
Les surprises ne font que commencer, et les rebondissements de rebondir…
Ajoutez ici un ours bien léché qui arbore de magnifiques bottes jaunes en caoutchouc et un chapeau de pluie, tiens un peu comme Paddington, sauf que celui-ci n’est pas en peluche du tout et s’appelle Robert.
Inutile de vous préciser que la retraite escomptée, le havre de paix vivement souhaité à bon compte, se transforme vite en enfer, enfin un enfer plutôt drôle et bigrement enlevé.

Le style et l’humour de Nicolas Ancion soutiennent magnifiquement le burlesque de l’histoire, jamais lapin en peluche ne m’a semblé aussi légitime et crédible dans son rôle de meilleur ami… C’est dire, si on le suit, médusé et hilare !

Extrait :
« Une voiture rouge portée par quatre pneus noirs passe devant Victor en vrombissant, puis la rue redevient calme sous le vent froid. Une vieille dame traverse au passage pour piétons en un mouvement éternisé comme le footballeur qui s’avance vers le filets adverse dans la séquence rediffusée au ralenti. Victor accélère le pas, se rue dans la boulangerie, en ressort avec un petit pain gris coupé et repart vers son chez lui. Il avale les six volées de marches, enfonce la clef dans la serrure et se précipite dans le salon. Merde. Pas de message. C’est toujours comme ça, le téléphone. Les messages ne viennent jamais quand on les attend. Pire, quand ils arrivent enfin, ils sont tellement désespérants qu’on aurait voulu ne jamais les entendre. »

J’ai beaucoup aimé, à suivre quelques playmobiles bien sûr, bientôt en magasin ;)

Ecrivain cherche place concierge @ Nicolas Ancion

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