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Lorraine Fouchet : "Le chant de la dune"

Par Schlabaya

Le mot de l'éditeur : "Juste avant Noël, à une semaine de son mariage, Zoé, jeune médecin, voit tous ses rêves se briser. Son fiancé en aime une autre, le mariage est annulé et sa mère lui reproche d’être incapable de garder un homme. Pour cicatriser ses blessures, Zoé part passer le réveillon dans le désert de l’Aïr, chez les Touaregs. Là-bas, les dunes balayées par le vent, la beauté des paysages époustouflants et sa rencontre avec John lui redonneront le goût de vivre. Mais à peine les a-t-il réunis que le désert menace de les séparer : d’après le secret qu’il garde depuis tant d’années et que leur rencontre va révéler, Zoé et John n’ont pas le droit de s’aimer…
La découverte, en plein désert, d’une tombe blanche et de l’histoire de l’homme qui est enterré dessous – le père de John – va faire voler en éclats toutes les certitudes avec lesquelles ils ont l’un et l’autre grandi. À son retour en France, déchirée à l’idée de perdre John, Zoé part en quête de la vérité, quel que soit le prix à payer…"

Voilà un livre dont j'ai entamé la lecture avec quelques réticences, du fait de la critique de Marguerite qui, elle, avait vu venir l'intrigue de très loin... Soit que cette blogueuse soit une lectrice extra-lucide, soit que je sois d'une naïveté confondante, le fait est que l'effet de surprise a davantage joué pour moi. D'autre part, contrairement à Marguerite, les hasards providentiels dont use l'auteur ne m'ont pas gênée; des romanciers comme  Dickens, Hugo, Jane Austen ou Charlotte Brontë ont bien construit certains de leurs romans autour de coïncidences franchement capillotractées, et personne ne leur en fait grief. D'ailleurs, je ne crois pas qu'il s'agisse de hasards en l'occurrence, plutôt de manifestations du destin... L'histoire d'amour entre Zoé et John, qui entremêle leurs destinées avec celles de leurs parents respectifs, est bien construite, même si certaines réactions de John m'ont laissée un peu dubitative. Les personnages secondaires sont intéressants : les têtes à claques que sont Valérie, la mère de Zoé, et Pierre, l'un des membres de l'équipée saharienne, sont finalement plus attachants qu'il n'y paraît. Et j'ai surtout aimé ce voyage dans le désert, entre face-à-face avec soi-même, retour aux origines, et découverte de la culture touarègue. Zoé, John et leurs compagnons accomplissent un circuit de cinq jours dans le désert en compagnie de guides indigènes.  Il s'agit d'un séjour de tourisme équitable, comme en propose l'ONG Tidène qui a pour mission d' "aider les populations de la vallée de Tidène (nord du Niger) dans les domaines du développement rural, de la santé, de l’éducation et de l’artisanat".

Quant au titre du roman, assez énigmatique, il désigne un phénomène naturel décrit depuis le Moyen-Age, mais encore assez énigmatique, chant polyphonique émanant. des profondeurs sablonneuses que Zoé et son compagnon ont la chance d'écouter lors d'une nuit mémorable. Et comme Wikipédia est notre ami, voici un extrait de l'article consacré à ce sujet :

"Le chant des dunes est le nom donné au bruit émis par certaines dunes dans les déserts lorsque les grains de sable qui les composent entrent en résonance. Ces dunes sont nommées dunes mugissantes ou dunes musicantes. Marco Polo mentionne dans ses écrits le phénomène, inquiétant pour certains, merveilleux pour d'autres : "les sables qui chantent parfois remplissent l'air avec les sons de toutes sortes d'instruments de musique, et aussi le bruit des tambours et du choc des armes". Une trentaine de dunes chantantes ont été recensées dans le monde, principalement en Chine et en Amérique mais aussi dans le Sahara, toutes les dunes n'étant pas sujettes à pareil phénomène. Le chant des dunes a été récemment étudié et expliqué en partie. Le son est émis lorsqu'une avalanche (naturelle ou déclenchée artificiellement en marchant sur la dune) se déclenche dans la face la plus pentue de la dune (appelée de ce fait face d'avalanche)."

Et pour finir sur une note négative, il y a quand même deux choses qui m'ont fait tiquer. D'abord, le fait que Zoé, au début du bouquin, parle de sa rivale - celle pour qui l'homme qu'elle devait épouser l'a quittée - en insistant sur le fait qu'elle a une bouche en Canard WC, c'est petit, c'est mesquin, et ça ne donne pas une image très sympathique de l'héroïne, qui est pourtant charmante (à part ça). Ensuite, lorsqu'on apprend (de la bouche d'un personnage tertiaire, mais quand même) qu'un escargot fait un bruit sympa quand on l'écrase, franchement, c'est immonde. ça me rappelle une horrible publicité pour les peluches "animaux écrasés" (si ! ça existe ! hélas), ou un couple de sadiques fait des zig-zags sur la route pour le plaisir d'écrabouiller un lapin (je refuse d'héberger ce genre de vidéos!)

Et comme je suis tombée dessus en cherchant une photo de la couverture, voici une interview de l'auteur à l'occasion de la sortie de ce roman :



 



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