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L’UMP concentre ses attaques sur Ségolène Royal

Publié le 20 avril 2009 par Lozsoc
La Belle et le Bête

La Belle et le Bête

On prend la même affaire et on recommence

Il y a un an, le 14 avril 2008 exactement, nous consacrions un long billet sur la manière dont l’UMP avait tenté d’exploiter un contentieux opposant Ségolène Royal à deux anciennes attachées parlementaires licenciées, dans le seul but de faire oublier la politique désastreuse du gouvernement et de nuire gravement à l’ancienne candidate socialiste.

A l’époque, le journaliste Pierre-Luc Séguillon de LCI (chaîne peu suspecte de sympathie à l’égard de l’ancienne candidate socialiste aux présidentielles) avait observé que « la ficelle était un peu grosse », ajoutant même malicieusement qu’il fallait plutôt parler de « corde » que de « ficelle ».

Un an plus tard, on constate que ce contentieux, dont nous ferons ici l’économie du rappel détaillé (voir le lien ci-dessus), est à nouveau exploité politiquement en raison du rejet du pourvoi formé par Ségolène Royal devant la chambre sociale de la Cour de cassation. En effet, ce rejet n’est pas à proprement parler une surprise d’un point de vue strictement procédural, dans la mesure où la plus haute juridiction judiciaire confirme ordinairement les arrêts rendus par les Cours d’appel devant lesquelles elle renvoie les pourvois initiaux qu’elle a examinés.

Sur le fond de l’affaire en revanche, le contentieux dépassait le cas individuel des deux plaignantes, dont l’une au moins travaille depuis des années pour l’UMP (ce qui en dit long sur la sincérité des convictions de l’intéressée), car il soulevait un problème de droit épineux et complexe relatif aux lacunes du statut des assistants parlementaires en période de campagne électorale.

Ségolène Royal a donc été condamnée à verser un complément de salaire, ce qui équivaut tout simplement à appliquer peu ou prou la solution transactionnelle qu’elle avait initialement proposée à ses anciennes collaboratrices et que ces dernières, encouragées par l’UMP, s’étaient obstinées à refuser. Par contre, toutes les plaintes qui avaient été portées contre elle devant les juridictions pénales ont été rejetées. De même, toutes les prétentions exorbitantes des plaignantes n’ont pas été retenues par les juges.

La presse complaisante cherche à relativiser l’opposition pugnace de Royal pendant que le PS dort

Mais de cela, la presse aux ordres n’en dit mot. Ce sont des choses beaucoup trop subtiles qui risqueraient, pense-t-elle, de lasser un lectorat avide de petites phrases et de polémiques. La stratégie est donc de minimiser l’opposition pugnace de Ségolène Royal, quand d’autres ronflent rue de Solferino ou font cause commune avec Sarkozy et sa bande.

C’est ainsi que le Nouvel Observateur ne manque pas de réduire Royal à une adepte du coup d’éclat. Faut-il donc en déduire que la bonne opposition à l’omniprésent Sarkozy passe par le silence ? Pour Françoise Fressoz, chef du service France au journal Le Monde, Ségolène Royal a la même stratégie de provocation que Sarkozy (sic). Une question en passant pour Françoise :  « Et la stratégie de Martine Aubry, c’est laquelle au juste ? Celle de la femme invisible ? »

Par conséquent, il n’en fallait pas davantage pour que le microcosme médiatique (en ce compris les poubelles) s’agite à nouveau après le rejet du pourvoi de Ségolène Royal. Pour les roquets de l’UMP, il y a évidemment un effet d’aubaine dans ce calendrier judiciaire.

Le sinistre Lefèbvre toujours en embuscade

C’est ainsi que le sinistre Frédéric Lefebvre, décidément jamais en retard sur une saloperie, s’est empressé d’exiger des excuses de la part de Ségolène Royal pour ne pas avoir respecté le code du travail et les lois de la République ! Venant de quelqu’un qui passe son temps à dénoncer les pesanteurs de ce même code, présentées comme des facteurs aggravants du chômage, c’est évidemment du plus haut comique et l’exercice relève d’un foutage de gueule en règle.

Puisque l’atmosphère est aux excuses, on pourrait alors en exiger de sa part pour tous les enfants abusés sexuellement suite à la modification envisagée du calendrier parlementaire afin de pouvoir procéder, dans l’urgence, à l’adoption au forceps de la loi Hadopi. Mais passons et soyons plutôt économe de notre mépris en raison du grand nombre de nécessiteux qui émargent en ce moment au ministère UMP de la Parole.

Un délicat problème de droit s’efface derrière les sarcasmes de l’UMP

En revanche, on aurait plutôt apprécié de savoir si les lacunes du statut des assistants parlementaires, qui constitue bien l’objet du contentieux aujourd’hui politiquement exploité dans le but de nuire à Ségolène Royal, ont été résolues par la droite au pouvoir depuis 2002.

Il semble bien hélas que ce ne soit pas le cas, car le seul commentaire sur le sujet que l’UMP est en mesure de présenter aux Français se décline en un flot ininterrompu de sarcasmes aux termes duquel l’ancienne candidate socialiste aux présidentielles est tournée en dérision et attaquée salement sur son intégrité psychique (c’est devenu d’ailleurs une curieuse tradition). Un délicat problème de droit s’efface donc derrière une mesquine et médiocre exploitation politicienne.


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