Magazine Beaux Arts

Découvertes Marseillaises

Publié le 20 septembre 2007 par Marc Lenot

Art-O-Rama jusqu’au 25 Septembre; Enlarge your Practice, à la Belle de Mai, terminé; Peter Friedl et Toni Grand, au MAC, terminé.

D’abord les deux expositions rétrospectives au MAC, vues le dernier jour, avec la pureté dépouillée des sculptures de Toni Grand, depuis le dessin dans l’espace de lignes en bois jusqu’aux poissons enrobés dans la résine, présentées dans des salles lumineuses, alors que Peter Friedl s’accommodait de la pénombre : ses vidéos et ses installations s’organisaient autour d’une série de petits dessins encadrés retraçant son parcours, le premier datant de ses 4 ans.

Ensuite, également vue le dernier jour, Enlarge your Practice, exposition au titre provocateur, présentait surtout des oeuvres à tonalité adolescente, autour du skate, des jeux vidéos ou de Second Life, que l’auteur de ce blog, pas particulièrement jackass, avait un peu de mal à cerner. J’ai noté une spirale de vêtements d’Andrea Crews, la belle vidéo Deniansky Raion de Cyprien Gaillard (son autre vidéo, Real Remnants of Fictive War, est moins convaincante et le nuage de vapeur qui envahit l’écran rappelle un peu trop Laurent Grasso) et surtout les deux films de Julien Prévieux, qui poursuit sa quête de l’échec en bousculant toute personne croisant son chemin (Crash Test) ou en roulant sans fin dans les rues de la ville. Le dernier jour de l’expo, il n’y avait ni plan des salles, ni cartels, ni dossier de presse : pas de photos, désolé.

Art-O-Rama est une petite foire, avec une demi-douzaine de galeries bien choisies et avec quelques trouvailles intéressantes. Pia Lindman, découverte à Loop, présente un travail fait avec des enfants d’un collège près de Marseille sur le rapport du corps à l’espace sous la guise d’improvisations théâtrales. La B.A.NK. montre l’oeuvre douce-amère d’un Palestinien, Taysir Batniji. Mais ce sont surtout les installations de Timo Nasseri que j’ai trouvées captivantes. Sur un mur noir, on distingue à peine la forme d’un bombardier furtif, invisible aux radars et comme fondu dans le mur. Une étrange structure est creusée dans un mur, comme un dôme en nid d’abeilles mis à l’horizontale et recouvert de miroirs (Muqarnas): le regard s’y perd, cherche vainement un reflet; c’est toute une mise en scène de l’invisible, qui intrigue et inquiète. Des formes verticales couvertes de miroirs forment un labyrinthe incompréhensible et fascinant : il faudrait le voir d’en haut pour y lire un mot arabe, l’aube, première prière du jour, mais aussi nom d’un missile iranien.  

Enfin, présentée sur le site, la base de données Documents d’artistes permet d’accéder à des dossiers très bien faits sur les plasticiens de la région. J’y ai découvert, entre autres, Emmanuelle Bentz et sa Poèteperformeur’s school : de manière drôle et poétique, elle invente des performances à réaliser soi-même, un peu burlesques, un peu décalées, mais très attachantes. Ci-contre, une de mes préférées, où il faut avoir l’air stoïque et fier en écrasant des mouches en ballerines à talons.

Photos Nasseri : courtoisie Galerie Schleicher + Lange. Photo Bentz provenant du site cité.


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