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À la recherche du bon chercheur

Publié le 20 septembre 2007 par Stenograf
Comment reconnaître la “mauvaise science” quand nous ne sommes pas scientifiques ni chercheurs nous-mêmes?

Sommes-nous obligés d’avaler toute la récente recherche hygiéniste qui nous interdit de boire, fumer, manger trop de viande, trop de gras, trop de sucre, bref, tout sauf travailler davantage? Ou sommes-nous obligés de jeter le bébé avec l’eau du bain (toute la science) à la poubelle puisqu’elle ne correspond pas à nos vécus et à nos expériences?

Le chercheur Michael Siegel, qui s’intéresse au tabac et à la santé publique, nous donne quelques pistes pour faire le tri entre la vraie science et la manipulation de chiffres à faire des scandales.

Siegel s’en prend à un communiqué de presse où l’on affirme qu’il y a eu en Écosse un décroît de 17% d’infarctus du myocarde en Écosse depuis l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics.

Tout d’abord, Siegel explique qu’entre 1998 et 2000 il y a eu une chute de 10% des infarctus sans qu’on puisse en faire une association avec l’application de mesures pour la santé publique.

De plus, il signale que la période concernée par l’étude inclut 3 mois préalables à l’interdiction où la chute de 17% se manifeste déjà. Peut-être que les gens ont commencé à fumer moins en anticipant l’interdiction, peut-être pas : nous ne savons pas. C’est justement le problème avec ce communiqué de presse: on ne sait pas si la réduction est attribuable à l’interdiction, au bon temps ou au récent succès des groupes rock écossais dans la scène internationale…

Surtout, l’article scientifique n’a pas encore été publié ni soumis à revue par d’autres chercheurs. Sans accès à la méthodologie utilisée, personne ne peut critiquer ou débattre la validité de cette recherche.

Ainsi, nous pouvons conclure que :

1) les communiqués de presse préalables à la publication et au débat de l’article scientifique sont à rejeter;

2) il faut s’interroger sur d’autres facteurs qui peuvent intervenir au delà du facteur proposé (dans ce cas: des modifications des habitudes alimentaires, une augmentation d’un autre type de maladie, un climat plus estival dû aux sursauts du réchauffement…)

3) il faut chercher des contre-exemples (comme dans le cas des japonais, qui ont une santé publique exemplaire en dépit de l’augmentation du nombre de fumeurs).

Je tiens à remercier Mme. D., correspondante française à Londres, pour m’avoir suggéré cette (rare) critique issue d’un chercheur issu lui-même de la recherche sur les effets du tabac.


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