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Vive la Rance!

Publié le 05 juin 2009 par Innommables

La France, ce grand pays.

On ne présente plus le mythique Hexagone, ses riantes campagnes, ses clochers paisibles et sa capitale mondialement reconnue comme centre névralgique du raffinement, du bon goût et de la Culture (avec un grand "C" comme dans "Camus", "Claudel", "Céline" ou "Le Corbusier", sans oublier "Cézanne" et "Chateaubriand").

La France et ses millénaires d’Histoire (avec un grand "H" comme dans "Henri IV", "Humanisme" ou "Hérétiques"), Charlemagne, Roland à Roncevaux (et le coup de l’épée qui ne se casse pas, on nous prenait vraiment pour des débiles légers, en classe de CM2), la Guerre de Cent ans, la Révolution, l’Affaire Dreyfus et J’accuse, Vichy et Jean Moulin, la Coupe du monde de 1998

La France, m’âme Tripoux.

Ce grand et beau pays, symbole du Siècle des Lumières et du progressisme universel.

La France de Maréchal nous voilà et aussi celle du Chant des Partisans.
La France des colonies, et celle de la décolonisation tant attendue.
La France de Rousseau, des guerres de religion, de Louis XIV et de De Gaulle.

(J’arrête ici les références pseudo historiques, tu vas penser que tu t’es trompé de blog et que tu as atterri par erreur sur le site de Max Gallo ou pire, sur un obscur espace identitaire frontiste et nostalgique de Mussolini appelant à voter pour Dieudonné aux élections européennes).

La France, donc.
M’âme Tripoux.

La France, qui depuis des décennies a vu son rayonnement décroître irrémédiablement.
Son influence péricliter.
Son prestige se ternir.
Son image se dégrader.

Et pourquoi, m’âme Tripoux, à votre humble avis?

Qu’est-ce qui a poussé notre merveilleux Hexagone, qui jadis semblait avoir les dimensions de l’Univers tout entier aux yeux des bons et benêts sauvages que nous étions fort généreusement allés civiliser et christianiser dans leurs obscures contrées peuplées de mangeurs d’hommes et d’ultra-gauchistes sanguinaires, qu’est-ce donc qui a poussé ce phare de lumière planétaire à passer du statut de sémaphore moral et politique à celui de vague destination touristique essentiellement connue et appréciée pour la qualité de son pinard, le caractère peu farouche de ses habitantes et la réconfortante platitude de ses bérets basques?

Laissez-moi éclairer votre lanterne, m’âme Tripoux.

Cherchez la femme.
Voilà l’explication.

Yvonne de Gaulle n’était pas, à proprement parler, un sex symbol particulièrement attirant et apte à donner au monde l’image d’une présidence française virile, velue du torse et du pubis, sûre d’elle et dominatrice (comme dirait l’autre).
Claude Pompidou fit sans doute un peu mieux, mais soyons honnête: elle n’atteignait point ces sommets de grâce et de sex appeal qui devraient être les caractéristiques d’une épouse de Président de la République.
Anne Aymone Giscard d’Estaing? Pouvait mieux faire.
Danielle Mitterrand? Elle respirait autant la joie de vivre que son époux, ce qui, m’âme Tripoux, ne contribuait certes pas à donner aux nations du globe l’image d’une France qui gagne et conquiert avec le sourire.
Bernadette Chirac? Horreur suprême, elle associait un visage parcheminé tout droit sorti d’un film d’horreur des années cinquante à une choucroute capillaire du plus mauvais effet.

Fort heureusement, m’âme Tripoux.

Ces temps sont révolus.

La France va pouvoir retrouver la place qui lui est due depuis les temps anciens où l’australopithecus afarensis chassait l’écureuil dans la Vallée de l’Omo en écoutant les Beatles.

Car notre glorieux pays a, enfin, trouvé une Première Dame digne de le représenter aux yeux des membres de l’ONU, de l’OMC et de l’OCDE. Une Première Dame qui sait redonner aux concepts de grâce, de finesse, de bon goût et d’humilité toutes leurs lettres de noblesse. Une Première Dame qui redonne aux Français la fierté légitime d’être les citoyens privilégiés d’une nation certes en crise, certes au caisses vides, certes gouvernée à vue par un mégalomane inculte et amateur de chansons de Didier Barbelivien, mais au moins une nation dont les collectionneurs de magazines de charme et les obsédés sexuels du monde entier envient désormais le glamour, la poitrine et la paire de fesses, au point de s’arracher à prix d’or les (nombreuses) photos érotiques sur lesquelles figure la (noble) épouse du Président de la République.

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Vous me direz, m’âme Tripoux, que ce n’est pas exactement ce que vous attendiez, et que vous eussiez préféré voir notre glorieux pays jouer un rôle, même mineur, dans la résolution de la crise au Proche-Orient, dans l’aide au développement économique des pays africains ou dans la promotion active des valeurs qui furent celles de Jaurès, de Blum ou de Mendes France.

Je vous répondrai alors, m’âme Tripoux, que sans doute, oui, vous avez raison.
Mais que dans ces conditions, n’est-ce pas?
Vous eussiez dû réfléchir plus de cinq secondes avant de glisser votre petit bulletin dans l’urne, en ce joli moi de mai 2007.

 

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