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264° Nadine Morano plaignante "à l'insu de son plein gré".

Publié le 06 juin 2009 par Jacques De Brethmas

Il était une fois, en 2007, un meeting de Ségolène Royal. Sous une capuche très capuchonnante, des journalistes « zèlés » reconnaissent Nadine Morano, secrétaire d'état à la famille.

Le 12 octobre 2007, interviewée sur Itélé, Nadine Morano se voit demander par le journaliste local, Aymeric Caron, ce qu'elle pouvait bien faire engoncée dans une capuche à un meeting de Ségolène Royal.

Là, tout devient effroyablement compliqué. Nadine Morano explique que c'est à son initiative qu'elle a été filmée ce jour là, et qu'elle n'a nullement été démasquée par un journaliste trop curieux. Le journaliste dit que non. La polémique enfle et les vidéos du meeting et de l'interview de Itélé finissent sur Dailymotion et Youtube.


Clash à i>Matin avec Nadine Morano
par jujutla
Les internautes commentent, et une brave dame écrit « Hou la menteuse ». Une plainte « contre X pour injures envers un membre du ministère » est déposée par Nadine Morano et voilà notre brave internaute commentatrice convoquée par la police judiciaire. Daily motion et Youtube, devant une réquisition judiciaire, sont obligés de communiquer les IP des commentateurs, et la police judiciaire identifie notre brave dame. (49 ans, mère de famille à Dax... une dangereuse terroriste!!)

Là encore, deux thèses s'opposent. Nadine Morano dit que sa plainte « visait des auteurs d'injures graves », mais pas cette brave dame, dont le « Hou la menteuse » n'est que le titre d'une chanson de Dorothée...

Mais pourquoi avoir porté plainte, alors? Où sont ces « injures graves »? Si cette brave dame est inquiétée, assure Nadine Morano, c'est peut-être parce que les policiers ont fait du zèle...

Sans doute en auraient-ils moins fait s'ils n'avaient pas eu sur leur bureau une plainte qui leur permettait d'instrumenter et de poursuivre...

L'affaire serait bénigne si Nadine Morano ne s'était pas déjà fait remarquer par son souhait de voir s'instituer une « Police d'internet »...

http://www.ecrans.fr/La-police-internationale-de-la,4995.html

Alors, de deux choses l'une.

Ou l'affaire « s'est emballée » et il ne tient qu'à Nadine Morano de retirer sa plainte pour la voir s'éteindre.

Ou Nadine Morano a décidé de « contrôler tout ce qui se dit sur le web », ce qui entrerait dans le droit fil des possibilités ouvertes par la loi LOPPSI que le régime s'apprête à faire voter cet été en catimini pendant que nous serons à la plage. Enfin, ceux qui pourront s'offrir des vacances.

A moins qu'il n'existe une troisième version que l'intéressée peut toujours me communiquer au titre du droit de réponse.

Parce que si on s'en tient à la deuxième version, la brave dame serait une « fusillée pour l'exemple » destinée à avertir les Français qu'internet n'est plus un espace de liberté, mais le pré carré de la propagande du régime.

On se souvient avec respect de la manière dont les Français ont réagi aux "fusillés pour l'exemple"...

Si aucune plainte n'avait été déposée, le "Hou la menteuse" serait passé inaperçu dans les kilomètres de commentaires dont sont affublées toutes les vidéos. Maintenant, l'affaire est sur la place publique, dans les journaux, sur internet. Au lieu de quelques dizaines de lecteurs qui se foutent comme de leur première chemise qu'une internaute ait écrit "Hou la menteuse" quelque part et qui l'auraient oublié en quinze secondes s'ils l'avaient lu, ce sont des millions d'internautes qui sont alertés par une plainte qui menace leur liberté de communiquer. La censure se retourne toujours contre les censeurs.

Quand on voit le nombre de fuites de l'internet chinois, quand on dialogue, comme moi avec des gays irakiens et syriens, quand on connaît quelques informaticiens émérites, on réalise à quel point l'idée d'un internet sous contrôle est un mythe.

Ce qu'un programme peut bloquer, un autre peut le débloquer. Un lien coupé est contournable. Le surf anonyme est aujourd'hui un lieu commun et la seule alternative pour empêcher internet d'être libre est d'interdire purement et simplement les ordinateurs. Et encore: on pourra toujours surfer avec des téléphones, des consoles de jeu, des montres et mêmes quelques téléviseurs nouvelle génération.

Bref, la liberté d'expression est une vague que rien n'arrêtera. Qu'on poursuive en justice les auteurs de propos racistes, antisémites, homophobes ou autres est déjà un luxe précaire puisqu'il suffit qu'ils hébergent leurs sites dans des pays pas trop regardants pour qu'on soit désarmés face à eux.

L'inquisition a vécu. Toute velléité de contrôle amènera des systèmes de contournement. Toute censure des voies ordinaires ouvrira un nouveau maquis, toute interdiction de cryptage suscitera de nouveau systèmes d'encapsulage indétectables. Avant sa promulgation, la loi Hadopi était dépassée, sans préjudice des systèmes encore à venir.

Même la coupure d'internet est un leurre, parce qu'internet est partout, chez nos voisins, au travail, dans les parcs et jardins, les cafés, les rues et les places. Sa coupure ne fait qu'attenter à un droit fondamental, avec tous les retours de manivelle que cette privation arbitraire comporte au niveau des libertés, mais elle n'isole pas un internaute de la toile!!! Elle le surmotive. Aujourd'hui, je n'ai qu'un blog: si on me coupait internet, j'en aurais trois!

En quinze ans, on n'a pas pu empêcher les virus informatiques, les vers, chevaux de Troie et autres programmes malveillants de prospérer malgré les fortunes qu'on y a consacré. C'est un leurre de croire qu'on va pouvoir contrôler tout le trafic de la toile.

Mais d'aucuns y croient encore. La langue de bois a encore des adeptes, le prêt à penser encore des gourous, l'Inquisition encore des nostalgiques.

Pourtant, dans un billet précédent que je ne retrouve pas, je racontais que l'Elysée avait ouvert une cellule spécialisée chargée de chercher tout ce qui se dit sur le web à propos du maître des lieux.

http://www.infos-du-net.com/actualite/13149-nicolas-princen-elysee.html

La seule voie, c'est le dialogue démocratique et le droit de réponse. N'oubliez pas d'aller voter!


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