Magazine Cinéma

Le très controversé ANTICHRIST

Publié le 10 juin 2009 par Audenectar

J'étais consciente d'aller voir un film glauque, violent, bizarre, limite malsain, mais j'étais curieuse de juger par moi-même.
Et j'aime bien Charlotte Gainsbourg.
Qui a reçu le prix d'interprétation féminine à Cannes. Faut dire qu'elle s'est donnée corps et âme.
C'était un peu le challenge de sa vie ce film, elle a pris sur elle pour presque tout accepter, même l'inconcevable, et je voulais voir quelles limites elle avait repoussées.

Elle a expliqué que Lars Von Trier lui a plu car il lui a rappelé son père, timide et exubérant, introverti, artiste, créatif et provocateur à la fois.
Et puis pas pédant le Lars, il a juste affirmé à Cannes être le plus grand cinéaste du monde. Rien que ça.
Bon faut l'excuser, il est pas dans son assiette. C'est suite à une rupture pas digérée, qu'il a développé une dépression et des sentiments légèrement haineux envers les femmes et a écrit ce scénario.

Une femme dont le fils passe par la fenêtre pendant un moment d'inattention (elle est en train de faire l'amour avec son mari) culpabilise et déprime fortement, ce qu'on ne peut que comprendre. Ca semble pas trop space au début encore. Lui est thérapeute et l'aide à parler de ses angoisses, à faire son deuil. Il l'emmène pour cela dans un lugubre chalet au fin fond d'une forêt isolée, et il la découvre plus tarée qu'il ne le pensait. Huis clos de plus en plus angoissant, pétage de plomb de la belle, agression de son mari, castration à coup de buche, éclatage de gueule à coups de pelle, elle sombre très légèrement dans la folie. Pour finir par une superbe scène d'auto-excision aux ciseaux qui régalera plus d'un esprit tordu.

Le plus dur à digérer restent ces scènes de violence physique plus que les scènes de cul étranges parfois.
En passant, Charlotte a un corps vraiment atypique et limite androgyne, qu'on a le temps d'analyser puisqu'elle est souvent dénudée.

J'ai essayé de trouver une signification aux comportements des personnages, à ce film, au message que voulait faire passer Lars, mais lui-même n'a pas su expliquer son délire. Il s'est laissé porter par son imagination et son mal-être, et ça part en couilles, c'est le cas de le dire.
La femme aurait une part de méchanceté qu'elle-même ne peut contrôler, quand elle en a conscience elle culpabilise, mais elle ne peut s'arrêter de faire du mal, ce qui expliquerait toutes ces femmes brûlées et tuées au Moyen-âge. Le mari ne veut y croire mais sa propre femme va lui prouver le contraire. Donc les nanas, on est toutes des putes et on aime faire souffrir nos hommes et fils gratuitement.

Pas super bien accueilli ce film, qui avait déjà été sifflé dés le début de la projection au festival de Cannes.
De nombreuses critiques le trouvent répugnant (Le Monde), misogyne (Télérama, JDD), confus, consternant et vont même jusqu'à regretter le gâchis d'un énorme talent.

  • Civilité*
  • * Ces champs sont obligatoires

Devenez membre gratuitement
et en un clic !

  • Offres promotionnelles
  • Newsletters par centres d'intérêts
  • Bons plans, jeux concours et bien d’autres surprises
Ajouter un commentaire Signaler un abus Imprimer cet article Partager sur Facebook Voir l'article original
Retour à La Une de

Ces articles peuvent vous intéresser :

Ajouter un commentaire

A propos de l’auteur

Audenectar
2 votes

Magazines