Tenir un blog est une activité publique, donc les blogueurs ne peuvent pas se cacher derrière l'anonymat de pseudos. Voilà ce que vient d'annoncer la High Court de Londres, après avoir été saisie sur l'affaire du policier britannique qui tenait le blog NightJack. Le Times a voulu révéler le nom du blogueur, et a donc gagné le procès. Bien sûr, ce policier tenait absolument à son anonymat (son blog était très critique vis-à-vis du "milieu hostile de la police"): il a aujourd'hui fermé son site, et a reçu une mise en garde de sa hiérarchie.
Que faut-il penser de cette affaire? Il s'agit visiblement d'une tentative pour réglementer la grande anarchie qu'est le web. Et comme toutes ces tentatives - on pense bien sûr à l'hystérie sur le téléchargement de musique - cette règlementation est vouée à l'échec. Il suffit d'ouvrir un blog sur une plateforme basée à l'étranger (qui n'a pas à révéler l'adresse IP de ses clients) et hop, le tour est joué.
En clair, je pense personnellement qu'un blogueur anonyme perd en crédibilité: si je dénonçais les moeurs du milieu hostile de l'édition cachée derrière mon écran, vous seriez moins nombreux à me lire. Mais de là à soumettre les blogueurs à une menace d'"outing", il y a un pas que je ne franchirai pas. Car je reste une libérale convaincue: liberté totale de parole, et respect du choix individuel (ici l'anonymat).



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