Sortie: 10 juin 2009
> L'histoire: Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère. Au collège, il s'en sort à peu
près, entouré par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans
très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l'une des plus jolies filles de sa classe. Malgré des avances de plus en plus évidentes, Hervé, un peu nigaud,
ne se rend compte de rien. Quand enfin il en prend conscience, Aurore refuse de sortir avec lui. Puis, sans prévenir, elle se jette dans ses bras. Enfin, il sort avec une fille ! Grand amateur de
branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d'essayer de coucher avec sa copine. Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c'est une
autre affaire...
"Enfin !" a-t-on envie de crier à la sortie des Beaux gosses, vrai et rare teen movie français parfaitement réussit. Bien loin de la
représentation de la jeunesse bobo et friquée de LOL. Avec justesse, Riad Sattouf pose
un regard tendre sur cet age ingrat qu'est l'adolescence, à travers la figure de jeunes dits "moyens", aussi bien scolairement que sociologiquement. Les beaux gosses dépeint ainsi les revers de l'adolescence, comme une bulle enchantée et nostalgique que l'on n'apprécie jamais assez, trop occupés à
vouloir grandir trop vite. Des rapports conflictuels avec les parents - Noémie Lvosky est absolument hilarante, vivant dans une sorte de
jeunesse éternelle à travers son enfant - à la découverte épicée de la sexualité. Et, même en étant une fille, l'identification est très forte et immédiate, à la différence, une fois encore,
de LOL, dans ce rapport à l'autre - le premier pas féminin ! - et à l'école. Des classes multiéthniques, représentatives de la
multiculturalité de la France, à ces profs types. Car ce prof de français efféminé, c'était aussi le mien ! Comme lorsqu'on est adolescent et que l'on se met nous-mêmes dans une
catégorie - la rigolote, le geek... -, ces beaux gosses là - cheveux gras, boutons blancs et appareils dentaires pour tous - sont catalogués avec beaucoup de justesse, de la première de la
classe égoïste au fan de jeux de rôles. De vrais personnages de cinéma que l'on a pourtant tous croisés au collège comme au lycée.
Mais là où Riad Sattouf dépote, c'est que Les beaux gosses est avant tout une comédie
extrêmement drôle, s'inspirant des teens américains, à commencer par American Pie. La découverte de la sexualité est associée à un
humour aussi graveleux que réaliste (?!), de l'hommage aux catalogues de la Redoute à la fameuse branlette chaussette déjà mise à mal chez les frères Weitz. Venu de l'univers de la bande dessiné, le réalisateur enrichit d'ailleurs son récit d'un tas de détails croustillants, stickers de la chambres comme
petites annonces radiophoniques. Quoi, 50 cent parrainant un festival en Bretagne ?! En somme, Les
beaux gosses est sans conteste LA bonne surprise de ce début d'été aux répliques potentiellement cultes - "Elle veut ton corps, elle veut ton corps". Donnant à
découvrir une pléiade d'acteurs non professionnels géniaux - Vincent Lacoste, Anthony
Sonigo et Alice Tremolières - tout en permettant à quelques têtes connues de se faire plaisir. Emmanuelle Devos, tout en second degré en proviseur un poil trop laxiste ou Valéria Golino en mère
de famille, se mettant en scène dans un faux film porno. Décapant.
1. Emmanuelle Devos: Les herbes folles
> Festival international de Cannes 2009: La Quinzaine des réalisateurs
Crédit photo: Pathé distribution








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