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L'Ukraine est-elle toujours 'orange' ?

Publié le 27 septembre 2007 par Danielriot - Www.relatio-Europe.com

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Dimanche 30 septembre, les Ukrainiens vont élire un nouveau Parlement. Ces élections anticipées sont le fruit d'une lutte de pouvoir longue de plusieurs mois entre le président Viktor Iouchtchenko et le Premier ministre Viktor Ianoukovitch. A la surprise générale, la campagne électorale s'est déroulée dans le calme. Revue de presse...

Financial Times (Royaume-Uni) -

"La vie politique en Ukraine est en bien meilleure forme que cela ne semblait possible avant la révolution Orange", estime le quotidien. "Les élections vont sans doute être entachées par des contestations localisées de fraude, mais l'époque de fraudes massives est révolue, la presse est libre et il y a une vraie compétition entre les partis dans la lutte pour le pouvoir. L'économie souffre de graves inégalités, mais croit à un rythme jamais atteint. Les Ukrainiens possèdent peut-être peu, mais leur sort est aujourd'hui meilleur que jamais auparavant depuis l'indépendance. (...) Les électeurs doivent mettre la pression sur les chefs de parti pour s'assurer que le pays poursuit son ambition de rejoindre l'UE avec autant de détermination possible. Les dirigeants du pays doivent mettre en oeuvre des politiques visant l'adhésion et rechercher l'appui des hommes d'affaires à un prix politique raisonnable."

Hospodarske Noviny (République tchèque) -

Les Ukrainiens sont fâchés avec la politique, estime Onfrej Soujup. A l'occasion du meeting électoral de l'ancienne icône de l'opposition Ioulia Timochenko, il tire un bilan amer de la période qui a suivi la Révolution orange de 2004. "Plusieurs milliers de personnes ont encore fait le déplacement. Mais la flamme qui brûlait auparavant s'est éteinte. L'ancienne chef du gouvernement est toujours très douée pour les discours. Mais la magie qui régnait à l'époque où elle hypnotisait les foules ne fait plus effet. Aujourd'hui, les mots seuls ne suffisent plus. D'autant que l'assistance se rappelle parfaitement des scandales qui ont marqué le court règne de Ioulia Timochenko - comme par exemple les lucratives privatisations servant à financer des partis politiques. Il s'est avéré à l'époque que les politiciens oranges avaient une toute autre conception de la démocratie que la majorité de leurs électeurs. Ils se sont surtout occupés de leurs propres intérêts."

Gazeta Wyborcza (Pologne) - 

Waclaw Radziwinowicz critique le parti socialiste auquel appartient l'actuel président du Parlement Alexander Moros, qui a soutenu la Révolution orange de 2004 mais passé entre-temps dans le camp de l'opposition. "Les socialistes font feu de tout bois pour échapper aux sanctions qu'ils encourent pour avoir trahi leurs camarades sur la place de l'Indépendance. (...) En réalité, si Alexander Moros et son entourage sont si affolés, c'est parce qu'ils savent qu'ils vont disparaître dans le néant politique après les élections. Selon un sondage, ils peuvent espérer recueillir 1,5 % des voix, exactement la moitié des 3 % nécessaires pour entrer au Parlement. (...) Il ne leur reste donc plus qu'à déstabiliser le pays. Alexander Moros prend certes part à la campagne électorale, mais il ne reconnaît toutefois pas la dissolution du Parlement par le président de la République et se présente toujours comme le président du Parlement."

Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne) - 

Konrad Schuller est surpris par le calme ambiant alors que la campagne électorale bat son plein. Victor Ianoukovitch et son 'Parti des régions' ont "renoncé au sabotage" et ont même cherché un accord avec le pro-occident Victor Iouchtchenko. "Le présent cessez-le-feu ne pourra se poursuivre après les élections que si le camp occidental réuni autour de Iouchtchenko parvient satisfaire le désir des oligarques de l'Est de sécuriser leur fortune accumulée de manière douteuse sans recourir aux réflexes de pouvoir de la fin de l'ère soviétique, qui sont encore vifs au sein du 'Parti des régions'. Cette tentative peut échouer, car les tricheurs des élections et les fauteurs de trouble sont encore très présents dans l'entourage de Ianoukovitch. Toutefois, le calme de ces derniers mois a prouvé qu'elle n'est pas vaine."


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