Le Diable Vauvert lance une collection de poésie, avec une formule originale: soit vous payez 5 euros pour la version papier, soit vous téléchargez gratuitement le texte intégral.
Bien sûr, je me suis empressée d'aller télécharger les trois PDFs disponibles pour l'instant. Et ce n'est pas brillant! Jugez-en vous même:
- Extrait de "Mines de cristal" de Oxmo Pucci
Couché dans des spots qui puent la pisse
Les rares filles qui passent ont la chaude-pisse
Parler au futur n’est qu’une triste fausse piste
(Admirez la subtilité des rimes!)
- Extrait de "Basketville" de Félix Jousserand
. . . devant l’appartement témoin le défense de déposer des ordures sur [le personnel n’a pas accès aux fonds] les conducteurs de scooters qui acceptent encore de livrer à domicile [sont la cible de guet-apens de plus en plus violents de la part de certains habitants excédés par la récente explosion du prix des
baskets] –
l’appartement témoin est devant une espèce de terrain vague borné par deux ou trois cairons – . . .
- Extrait de "Les Soliloques du pauvre" de Jehan-Rictus (mort en 1933)
Merd’ ! V’là l’Hiver et ses dur’tés,
V’là l’ moment de n’ pus s’ mettre à poils :
V’là qu’ ceuss’ qui tienn’nt la queue d’ la poêle
Dans l’ Midi vont s’ carapater !
Le plus drôle? La critique des bobos de service, qui s'extasient devant cette poésie urbaine: "Ici et là, on sent l’envie de prendre le livre et de lire à voix haute, pour entendre les syllabes qui s’entrechoquent, qui se croisent et se déforment. Les jeux sonores d’un vers à l’autre percutent, uppercuts, hypnotisent et se croisent."
Bon, au moins, le Diable Vauvert pratique des prix justes. Je n'aurais pas dépensé un sou de plus pour lire ces "respirations urbaines"...








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