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Vingt mille millimètres sous les mers.

Publié le 29 juillet 2009 par Wilverge
Vingt mille millimètres sous les mers. Semporna, Bornéo malaisien.
Assise avec mes trois compagnons de voyage, le visage dans les mains dans un restaurant indien, je suis découragée.
Mais pourquoi me direz-vous? Je suis sur Bornéo, un rêve pour plusieurs et je devrais être heureuse de mon sort. Suis-je rendue capricieuse? Est-ce que l'extraordinaire devient ordinaire. Non, je ne crois pas. Par contre, je sais que dernièrement nos histoires ne sont pas très positives et je m'en excuse mais, encore une fois nous avons eu à nous battre.
Moi qui étais plutôt réservée et craintive à mon départ, ce voyage m'apprend beaucoup. Il m'enseigne à ne pas me laisser marcher sur les pieds et à hausser le ton le moment opportun. Les patients grincheux et déplaisants n'auront qu'à bien se tenir à l'avenir!
Avant de partir pour le monde « sauvage », nous nous étions prévu un splendide trip de plongée sur une île au large de Semporna. Tout était payé, il ne restait qu'à enfiler nos maillots de bain et nos masques.
C'était trop facile. Avant de quitter notre charmante cabane dans la jungle, on nous apprend que l'hôtel sur l'île a été surbooké et qu'il n'y a pas de place pour nous.
C'est là que débute deux jours et demi d'attente dans le bureau d'une autre agence de plongée que la femme qui nous avait vendu le tout nous rembourse par versement sur le compte de l'autre. Un vrai bordel.
Elle commence par dire qu'elle nous rembourse dans l'heure qui suit. Puis rien ne vient. Le lendemain, après une série de téléphones, elle verse la moitié et disant que le reste suivra aussi dans une heure. C'est seulement au matin du troisième jour, après l'avoir harcelée, qu'elle finit par tout remettre.
Le pire c'est qu'on apprend que nous ne sommes pas les premiers, en fait, ce mois-ci, nous sommes les deuxièmes chanceux. Je suppose que la plupart du temps les gens abandonnent avant la fin par manque de temps (pour prendre un vol, par exemple) et qu'elle garde l'argent. Futée!
Mais peu importe, ce qui ne tue pas rend plus fort. La preuve, je viens de passer les cinq dernières nuits en compagnie de rongeurs dans le dortoir.
Eh oui, à Semporna, nous logeons dans le septième plus bel hôtel sur pilotis au monde, aux côtés de certains de Bora-Bora. Nous sommes dans un dortoir de 22 personnes et un beau rat. La classe non?
Face à mon refus de me coucher dans la même pièce que ledit animal, Will me répond d'arrêter de faire ma « chochotte » car les rats ne viennent pas dans les lits, seulement dans les sacs pleins de bouffe comme celui de Tony.
Et bien pour son information, ils ne s'en prennent pas qu'aux sacs, mais à mes pieds aussi et ils ne sentaient pas le fromage!
En général, les gens viennent ici pour plonger à Sipadan, l'un des plus beaux sites de plongée au monde vu la garantie de voir des bancs de barracudas, des requins et des tortues en grand nombre.
Le rêve du plongeur. Enfin, du plongeur qui réserve d'avance, car, il n'y plus de place. Tout est réservé jusqu'en septembre vu la limite de 120 personnes par jour pour préserver l'écosystème.
Peu importe, ce sera pour une autre fois. Nous nous contenterons des alentours, qui sont magnifiques, soit dit en passant. Le bateau s'arrête en face d'une petite île presque déserte au sable blanc et aux eaux turquoise. Vingt mille millimètres sous les mers.
Vingt mille millimètres sous les mers.
La bombonne au dos, je me bascule vers l'arrière. Will, mon « buddy », en fait de même suivi par Tony.
Le pouce vers le bas, entourés de bulles, nous nous submergeons dans un autre monde. La lumière diminue peu à peu. Je me pince le nez histoire de cesser de faire souffrir mes tympans qui décidément n'aiment pas autant ce sport que moi. Il n'y a plus un son. Le calme plat.
Dans son anémone, un poisson-clown se balade. Son visage me dit quelque chose. Il doit ressembler à un acteur que j'ai vu à la télé.
Un peu plus loin, un énorme banc de thons passe au-dessus de ma tête. Ça ne naît pas dans une canne ça?
À vingt mètres sous la surface, en complète apesanteur, je ne pense à rien. Ce sentiment est génial. Un petit signe de « O » entre le pouce et l'index à mon « buddy » de temps en temps pour m'assurer que tout baigne et ça continue.
À gauche, une grosse seiche bien mouillée se laisse porter par le courant. Vraisemblablement, la vie sous la mer est peu stressante. Avis aux intéressés qui veulent refaire leur vie!
Un peu sur la droite, une tortue de mer se repose tranquillement adossée à une roche. Elle est imposante et nous repère rapidement s'envolant gracieusement et sans effort vers la surface.
Nous sommes effectivement difficiles à manquer. Un groupe de 19 plongeurs semblant débarquer d'une autre planète avec tout notre équipement se donnant des coups de palmes pour tous tenter de la voir. J'ai vu plus subtile. Je salue le capitaine Spock au passage.
Puis, droit devant, le fameux poisson-lion. Extrêmement venimeux du bout se sa crinière, il est seul, sans ami. Il se camoufle à merveille avec les coraux. De ses petits 20 centimètres de long, ce dernier réussit toutefois à épater la galerie tout comme son collègue terrestre du même nom, mais sans le rugissement bien sûr.
Vingt mille millimètres sous les mers.
Quelques respirations encore, je vérifie mon air. « Buddy », le pouce en l'air? Allez hop, on remonte.
Vingt mille millimètres sous les mers.
Sur le quai, encore dégoulinante devant le coucher de soleil, je suis très contente de mon sort pour ceux que ça inquiétait au début!
- Nad entre espace et mer?

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