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Carbonisés

Publié le 31 juillet 2009 par Jlhuss

michel-rocard.1248978309.jpgMichel Rocard a rendu sa copie concernant l’établissement d’une « Taxe Carbone », c’est le CCE, rapport Contribution Climat Energie … Notons au passage  que cette « idée » n’est pas nouvelle. Déjà dans les années 1920, l’économiste britannique Arthur Pigou avait théorisé le principe du « pollueur-payeur », mais le pollueur en l’occurrence,c’est maintenant chacun de nous. C’est là que le bât blesse : plus question en effet de désigner toujours  « l’autre ». Non, cette fois-ci nous sommes véritablement tous concernés et tous responsables.

Le planète Terre était-elle faite pour 8 milliards d’habitants ? est une autre et vaste question, décisive à mon sens, mais sur laquelle il serait très polémique de gloser.

En 2007, on estimait que la population humaine mondiale croissait, avec quatre naissances par seconde, de 221 000 habitants par jour.

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Quel est donc le grand principe de cette Taxe ? Des plus simples : plus un individu ou une entreprise émet de CO2 (gaz à effet de serre, en partie responsable du réchauffement climatique), plus il paie. Le but étant de faire diminuer les émissions de gaz carbonique. La France s’est engagée à les diviser par 4 d’ici à 2050.

La taxe sera appliquée sur les énergies fossiles (gaz, charbon et pétrole) utilisées pour le transport et le chauffage des bâtiments. L’idée défendue par Michel Rocard, de taxer l’électricité n’a pas encore été tranchée. Le dispositif pourra prendre par exemple la forme d’une taxe supplémentaire appliqué lors du passage à la pompe à essence. Le CEE estime ce surcoût entre 7 et 8 centimes par litre (au début, plus à terme !).

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Nous ne reviendrons pas non plus ici, (peut-être un autre jour), sur les théories de ceux qui contestent le réchauffement et l’affuble des attributs d’un épouvantail totalement virtuel et infondé. Contentons-nous aujourd’hui d’évoquer les réactions enregistrées à l’approche de l’échéance « portefeuille »

Les partisans “initiateurs” ont un discours assez stéréotypé, en substance : « Cette taxe ne règlera certes pas tous les problèmes, mais elle est très importante car elle est un signe, « le » signe qui forcera les prises de conscience. Il est certain que tant que l’on ne touche pas au portefeuille les bonnes intentions et les grandes déclarations ne coûtent pas cher !

Il  y a ceux qui bien que très partisans de la taxe dans les discours antérieurs, comprennent au pied de l’obstacle que la facture présentée en pleine crise par ailleurs, risque bien de na pas être très populaire et ils entonnent le refrain de la solidarité. On ne parlerait plus de « pollueur-payeur » mais comme toujours de riches et de pauvres. Le pauvre, même pollueur, obtiendrait ainsi compensation financière en dépit de ses gâchis énergétiques.

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Les associations de consommateurs s’émeuvent : « Sur le principe, nous ne sommes pas opposés à effectuer un geste pour réduire les émissions de CO2, mais il faut que cela se fasse à fiscalité constante et par catégorie » explique Reine-Claude Mader. « Nous ne voulons pas d’un système où le consommateur va payer » Plus généralement on insiste sur cette fiscalité globale constante pour ne pas effaroucher.

Le plus étonnant dans ces réactions diverse c’est l’idée développée que cette taxe doit être indolore, « ne pas pénaliser » etc. C’est assez désarmant! Il est évident que cette “anesthésie” irait à l’encontre même des effets recherchés : diminuer les consommations. Pourquoi voudriez-vous que la grande majorité change d’habitudes alors même que continuer comme avant ne serait pas pénalisant. Il y faudrait une conscience collective difficile à imaginer réellement.

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Concernant l’électricité, il faudra bien aussi trancher : la production d’électricité provient, dans le monde, en majorité de centrales thermiques au charbon qui crachent beaucoup de C02; la Chine en construit à tour de bras. Comment  continuer à refuser le nucléaire tout en achetant ailleurs, pour certains des “vertueux“, de l’électricité à des centrales nucléaires de pays voisins … L’hypocrisie là encore devrait avoir des limites.

Il n’y a pas de véritables réformes, de changement de mode de vie, indolores. C’est  mentir honteusement que de le prétendre. A l’image de nombreuses  mutations historiques, il y aura du négatif ressenti et du positif objectif. Le développement de nouvelles technologies, par exemple, peut être un volet très prometteur, créateur de nouvelles richesses et d’emplois, socialement positif. Il faudra « laisser le temps au temps » et là réside, pour le politique, le plus difficile à faire admettre.

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Ce temps l’avons-nous ?  Regardant à nouveau, ou plutôt écoutant à nouveau, « Home » d’Arthus Bertrand , à l’écart du premier « choc » et du pur esthétisme on retient le martèlement final « il est trop tard pour être pessimiste » : … J’ai vu  … J’ai vu … etc. et d’énoncer les timides progrès.  Véritablement la question est là !  La tendance peut-elle encore  s’inverser ? Nous avons 10 ans prédisent les pessimistes : «A nous d’écrire notre Histoire » N’est-elle pas déjà  inscrite quelque part? L’homme ne veut pas croire à sa fin « programmée » alors il invente une taxe Carbone pour oublier qu’il n’aura eu qu’un seul privilège, celui de veiller consciencieusement et lui même à la “forme” de son extinction : carbonisée


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