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Orange de Benjamin

Par Sylvie

MANHUA (bande dessinée chinoise)
Orange
Editions Xiao Pan, 2006
Le manhua ( à ne pas confondre avec le manhwa en Corée)  se distingue de son cousin japonais non seulement par l'emploi de couleurs magnifiques mais surtout par des histoires souvent très intimistes.
Le plus célèbre auteur de manhuas en France est Benjamin, génie du dessin numérique et portraitiste d'une jeunesse désoeuvrée qui exprime son mal de vivre. A noter que ce titre a été refusé par son éditeur pendant trois ans parce que jugé trop déprimant.
Orange de Benjamin

Une silhouette d'homme, une chemise qui vole au vent, une magnifique vue d'une ville de building. Une fille qui le rejoint. Le crash d'une voiture. Six mois plus tôt : Une jeune fille en haut d'un toit. Une lettre à la main, elle s'apprête à se suicider...mais elle aperçoit un gars sur ce toit et une bouteille de vodka qui éclate à côté d'elle...De quoi la faire renoncer. Elle le suit jusqu'à chez lui, ivre,  il s'effondre, elle lui glisse sa lettre sur lui...

Orange de Benjamin

Le début d'une histoire hors norme entre une jeune fille mal dans sa peau et un gars écorché vif, dessinateur alcoolique. Mais l'épave pourrait bien lui être d'un grand secours...
La rencontre de deux mal aimés très intrigante.
La fin est à double tranchant : néant ou  retour de l'espoir et la force de vivre.
Les couleurs sont magnifiques : dégradé dominant de bleus et de violets parfois rehaussé par des touches jaunes orangées. Souvent, les visages sont en gros plans, où on contraire, nous avons une pleine page sur un panorama de ville ou une voiture qui se crache. Il alterne la netteté et le flou artistique comme par exemple une silhouette qui tombe, une bouteille qui se casse ou une chemise qui vole au vent.
Le texte est relativement court, constitué surtout du monologue de la jeune Orange qui exprime son dégoût. Puis le dialogue apparaît peu à peu.
A noter que chaque manhua de Benjamin s'accompagne à la fin d'un récit de l'auteur à la première personne : évocation de souvenirs, sorte de journal intime. On devine qu'il a sans doute bien connu Orange. On note aussi sa perpétuelle lutte entre dégoût et lutte pour la survie.
De très belles phrases d'un créateur :
"Je suis persuadé que, au fond des ténèbres, de sa main le dieu des artistes s'amuse de nous, nous donnant le talent mais pas la beauté. Nous acceptons de bon coeur les complications de l'existence, ce grand scénario"
A noter qu'il vient de réaliser le magnifique clip d'un chanteuse de R'n'B, Jena Lee.

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