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Récit improbable d’un voyage en Chine. Jour 6

Publié le 01 août 2009 par Herbertlegrandkhan

Je me réveille aux aurores, arraché au sommeil par les cris du coq qu’un restaurateur met dans une marmite. Fabrice dort encore du sommeil du juste. Son visage est légèrement tuméfié depuis son accident de palanquin de la veille. Je le laisse dormir pour aller faire un footing dans les rues déjà animées de la métropole. Malgré l’heure matinale, il fait assez chaud et la toile de mon karategi se colle à la peau. Je rejoins la place du peuple en gardant un bon rythme puis je remonte l’avenue de Nankin en slalomant parmi les badauds et les commerçants. Au croisement de la rue de Nankin et du boulevard de Zhongshan, je vois des chinois en train de faire du Tai-chi-chuan devant la statue du Maréchal Cheng Yi. Après huit kilomètres de course, je décide de me joindre à eux le temps de reprendre mon souffle. Je quitte le haut de mon kimono dévoilant à la foule médusée mon incroyable musculature. (Oui, c’est une fiction, il est normal que je crâne un peu). Mes voisins sont concentrés sur des positions statiques et des gestes lents et mesurés. Continuez mes amis, le Parti Mou vous accompagne. De mon côté, je décide de faire un entrainement de karaté pour maitriser la force brutale qui coule dans mes veines.

Taichi Bund Chen Yi

Tai-chi-chuan devant la statue de Cheng Yi au carrefour du Bund et de la rue de Nankin.

J’enchainais les katas, dans un duel impitoyable contre mon ombre. Après ces chorégraphies funèbres, le soleil passa derrière les tours du quartier de Pudong et je restais seul dans ma resplendissante grandeur. Des blessures cuisantes couvraient mon corps mais je faisais semblant de ne pas m’en apercevoir.

Je rejoins Fabrice en milieu de matinée. Nous allons flâner sur le boulevard Huaihai, pas très loin de notre hôtel. C’est l’avenue chic où la jeunesse dorée cueille avec gourmandise les fruits de la nouveauté. Ils ont embrassé corps et âme la société de consommation dans ses pires excès sans songer un instant que ce mode de vie connait ses dernières heures. Enfin… nous serions malvenus de les juger. Nous avons tous le droit de commettre nos propres erreurs.

À midi, nous allons manger dans un petit restaurant familial aux abords de l’ancienne concession française : “Le sanglier chafouin”. Quand Fabrice me vit déguster une brochette de scorpions grillés à la sauce Guilin, il s’émerveilla de ma capacité à bouffer n’importe quoi.

- Mais tu n’es jamais malade ? Me dit-il. Tu n’as pas peur de chopper une gastro, le bacille de la tuberculose ou un virus ?

- Aucun danger. Le rassurai-je. À force de manger des saloperies, je suis immunisé contre tout. Par ailleurs, avant de partir, je me suis fait vacciner contre la typhoïde, le tétanos, la poliomyélite, la diphtérie et l’hépatite A.

- Tu ne t’es pas fait vacciner contre l’hépatite B ?

- Non, pas la peine. C’est une maladie sexuellement transmissible. Or les femmes n’osent pas m’aborder, elles sont trop impressionnées.

- C’est vrai que tu es impressionnant avec ton chapeau en paille de riz, ton gilet péruvien et ton bermuda. Me concéda Fabrice.

L’après-midi, Nous sommes allé visiter le grand musée de Shanghai, probablement un des plus beaux musées de Chine. En même temps, comme c’est le deuxième musée que je visite, je manque un peu de recul. Si je devais parler uniquement de ce que je connais, je dirais qu’il est plus beau que le Musée Lecoq de Clermont-Ferrand et que le musée du Berry.


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