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Duma Key de Stephen King

Par Geouf

Duma Key de Stephen King

Ceux qui lisent régulièrement ce blog ou m’ont rencontré sur DVDrama le savent, je suis un énorme fan de Stephen King. J’ai d’ailleurs lu tous ses livres et je suis désormais obligé d’attendre fébrilement la parution de nouveaux romans du maître pour avoir ma dose. C’est donc avec une immense délectation que je me suis lancé cette semaine dans la lecture de Duma Key, son avant-dernier livre (il a aussi sorti récemment un recueil de nouvelles, Just after Sunset, que dans ma grande impatience j’ai lu en anglais). Duma Key est un bon cru, un très bon cru même, peut-être ce que King a produit de meilleur depuis Dreamcatcher (si on excepte les trois derniers tomes de La Tour Sombre). Un pavé de plus de 600 pages, ensorcelant, parfois terrifiant, mais surtout terriblement émouvant.

Duma Key raconte l’histoire d’Edgar Freemantle, businessman accompli à la tête d’une entreprise de BTP valant plusieurs millions de dollars. Suite à un grave accident de chantier, Edgar perd son bras droit et se retrouve atteint de troubles psychologiques (pertes de mémoires, difficulté à trouver ses mots, accès de rage soudains). Sa femme finit par le quitter et, sur les conseils de son psy, Edgar décide de changer d’air. Il part s’installer en Floride, sur l’île isolée de Duma Key. Sur place, il renoue avec une des ses anciennes passions, le dessin et produit rapidement des œuvres de grande qualité. Mais il semblerait que son don aille beaucoup plus loin et qu’il soit en partie dû à l’influence de l’île. Une influence pas totalement bénéfique…

Avec Duma Key, King poursuit le virage amorcé en 1999 suite à l’accident qui a failli lui coûter la vie. Il continue de s’interroger sur la mort, ainsi que sur son art, voire sur l’art en général. Duma Key poursuit ainsi le cycle débuté maintenant depuis plusieurs années avec La Part des Ténèbres et comprenant Sac d’Os (duquel ce nouveau roman est très proche), les trois derniers tomes de La Tour Sombre et Histoire de Lisey. A l’instar de tous ces livres Duma Key est une étude du pouvoir à la fois créateur et destructeur de l’imagination. King décrit avec minutie la création des fabuleux tableaux peints par Edgar et parvient avec facilité (comme à son habitude) à faire pénétrer le lecteur dans l’esprit de cet homme. Un tour de force d’autant plus spectaculaire qu’Edgar Freemantle est un infirme ayant perdu un bras lors d’un accident. King fait ressentir les douleurs, frustrations, accomplissements de cet homme brisé qui se relève petit à petit  grâce à l’art et à l’amitié. Ce nouveau roman est aussi une déclaration d’amour d’un père à ses enfants, comme Histoire de Lisey était un hommage à sa femme. La relation entre Edgar Freemantle et sa fille Ilse est des plus émouvante, agrémentée sans nulle doute d’une bonne dose de vécu.

Mais surtout, Duma Key est un bon roman, du genre qui se lit d’une traite en quelques heures, et du genre que l’on ne veut plus lâcher tout en souhaitant secrètement qu’il ne se termine jamais. C’est bien simple, le maître n’avait rien écrit d’aussi bon depuis Dreamcatcher (si on excepte, encore une fois, le final de La Tour Sombre, ainsi que Territoires, coécrit avec Peter Straub). Roadmaster était peut-être son pire roman, long et peu actif, Colorado Kid une simple récréation, Cellulaire un sympathique roman de terreur un peu vite oublié, Blaze un vieux manuscrit poussiéreux qui ne méritait pas d’être déterré, et Histoire de Lisey, bien que plutôt bon, ne transportait pas le lecteur autant que ce nouvel ouvrage. Avec Duma Key, King renoue avec le succès, avec ces personnages attachants et proches de nous. On tremble pour eux, rit avec eux, pleure sur leurs malheurs, bref, ils vivent sous nos yeux. Et l’écrivain retrouve ici pleinement son sens du tragique et du suspense, annonçant les bouleversements futurs par petites touches, l’intrusion du surnaturel se faisant petit à petit. On pourra toujours reprocher aux 100 dernières pages d’être peu originales, mais malgré cela le roman se lit d’une traite, et le final contient juste ce qu’il faut de tragique et de frénésie pour qu’on ne l’oublie pas de sitôt. Un très bon cru, qui ne pourra que remporter l’adhésion des fans !

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