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Demander de l’aide à 12 ans

Publié le 03 août 2009 par Raymond Viger

Demander de l’aide à 12 ans

Texte de Patricia Turcotte, St-Georges de Beauce.

C’était au cours d’art plastique du secondaire 1, appelé à l’époque 1968-1969, la 7ième année du primaire, à l’École Sainte Jeanne-D’Arc de ma ville natale, à Saint Georges QUÉBEC. J’avais 12 ans et je m’ennuyais à mourir durant ce cours, même si notre professeur était vraiment sympatique et compréhensif; heureusement pour moi. Parce que j’ai commit mon premier et dernier acte d’élève rebelle, à travers mon premier Graffiti.

Ce n’était pas le côté artistique de ce cours d’art plastique qui me révoltait, à ce moment-là. À vrai dire, on traversait dans ma famille, une bien grande épreuve. Chacun la vivait à sa façon personnelle, mais vu que j’étais la plus jeune à la maison, j’entendais, je voyais et je savais bien des choses pour une petite fille de mon âge. Sous mes airs d’adolescente paisible, joyeuse et heureuse, j’ai vécu dès l’âge de 8 ans jusqu’à 15 ans, soit jusqu’à la mort tragique de mon frère Serge, qui s’est enlevé la vie à l’âge de 22 ans.

Mon grand frère Serge, qui était pourtant un jeune adulte doux et généreux avec tout le monde, me faisait très peur après être devenu malade psychologiquement. Parfois, il voulait sûrement m’emmener avec lui dans la mort, parce qu’il me serrait très fort le cou, jusqu’à en perdre le souffle. Soudainement, il s’arrêtait et en me regardant droit dans les yeux, il me chuchotait à l’oreille: « Je reviendrais terminer cela cette nuit ». Le suicide, tout comme les problèmes de santé mentale étaient des sujets tabous. Je ne confiais jamais à qui que ce soit, le drame que je vivais à la maison; ni même à mes camarades de classes, et encore moins à ma grande amie d’enfance.

Un talent caché pour les Graffitis

Je me souviens comme si c’était hier, qu’en plein milieu du cours d’art plastique, je me suis faufilée dans la salle de bain, avec les couleurs et les pinceaux, en prenant soin de demander à mes amies, de ne pas me stooler. Alors sans réfléchir plus longtemps, me voilà en train de peinturer en couleurs psychadéliques, mon premier Graffiti. Sauf que dans la salle de cours, il n’y avait qu’une seule fenêtre, malheureusement située dans la salle de bain. Je crois avoir dessinée toute la colère, la peine et l’impuissance que je ressentais dans mon for intérieur. Même le professeur me laissait voir que ma peinture Graffiti était peu banale et représentative de profonds chagrins.

Heureusement qu’à travers mon malheur d’avoir été dénoncée par mes soi-disant amies, je suis parvenue à négocier avec mon professeur, pour payer la somme de $1. en dédommagements causés par mon beau Graffiti. J’ai réussi à me transformer en avocat du diable, en la convaincant de m’éviter une importante punition, qui ne ferait qu’ajouter de la détresse à mes parents. Elle a consentie à garder le silence sur ce geste plutôt révolutionnaire, pour une étudiante habituellement, calme et studieuse comme moi. Personne de ma famille, ni les amies de mon entourage familial, ne soupçonnaient mon petit côté révolutionnaire pacifique artistique qui sommeillait en moi, à l’étât latent. En réalité, je dois avouer le grand bien-être intérieur que m’avait procuré l’effet de dessiner mes émotions négatives, trop longtemps refoulées au creux de mon être.

Prisonnière du fantôme de mon grand frère

Et, la mort de mon grand frère Serge n’était la fin de mes misères. Deux ans plus tard, mon père Vic est décédé d’un infarctus du myocarde, sous mes yeux. Trois jours plus tard, à travers un songe du petit matin, celui-ci est venu me visiter en me disant à deux reprises: « Patricia, demande de l’aide ». Mais à qui voulait-il que je m’adresse ? Je n’avais pas appris à demander de l’aide. Pourtant, j’ai bien reconnu des années plus tard, que j’étais prisonnière du souvenir de mon grand frère, qui me suivait et me harcelait.

Comment se fait-il que personne n’aborde ou n’explique aux jeunes, ces phénomènes-là ? L’aide passe par le cœur, les yeux, les mains et les talents des autres personnes autour de nous.

L’importance des organismes communautaires pour les jeunes.

Les jeunes qui traversent ce genre de situations ont grand besoin de ressentir un sentiment d’appartenance, comme par exemple, en se rendant auprès d’un organisme communautaire, tel le Café-Graffiti. Tout comme ils ont sûrement besoin de recevoir l’accompagnement d’amis et de professionnels pour des problèmes tels que le suicide, l’alcool, la drogue, la prostitution, le crime, etc.

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